‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 20 sur 172 · VIL — CRÉATEUR DU CIEL ET DE LA TERRE · texte numérisé non relu

VIL — CRÉATEUR DU CIEL ET DE LA TERRE

est prodigieux. Dieu les a faits hiérarchiquement ; Dieu les a répartis en Cliérubins, en Séraphins, en Trônes, en Dominations, en Principautés, en Puissances, en Vertus, en Archanges et en Anges. Voilà les neuf chœurs angéliques ; autant ils sont distincts les uns des autres, autant ils sont subordonnés les uns aux autres ; ceux-ci dépendent de ceux-là, et tous relèvent de Dieu qui les a foits et a fixé à chacun sa place ; c'est l'ordre avec le nombre, c'est l'unité dans la variété, c'est la mesure dans une suite d'accords ; le monde des purs esprits forme un tout harmonieux dont le chant le nueux i-ythmé, la société la mieux organisée, la communauté la mieux disciplinée sufQraient à peine à nous donner quelque faible idée. Ces belles phalanges marchent avec un merveilleux ensemble, et le mot que nous lisons au 32'>'c chapitre de la Genè.se trouve ici sa place ; vraiment celle-ci est bien l'armée de Dieu ; lixc sunt castra Dci (1).

Mais ces créatures parfaites, si bien ordonnées, dotées avec tant de munificence, soit du côté de la nature, soit du côté de la grâce, n'ont-elles pas encore à remplir quelque office, autre que celui de louer Dieu et de le bénir?

Nous touchons ici à l'un des plus beaux aspects du sujet que nous avons entrepris de traiter.

Dieu n'a failles Anges en nombre incalculable, qu'à cette fin qu'il y en eût partout, et que partout ils servissent à sa gloire, même extérieure.

Les Anges sont les ministres de Dieu, admi)i.i!>i)'atorii spirilus (2).

Donc, pendant que les uns se tiennent devant sa face, et chantent à sa louange l'éternel hosanna — ce sont les Anges assistants (3), — les autres sont envoyés dans toutes les directions de l'espace ; Dieu s'en sert pour gouverner les hommes et les choses (4), non qu'il en ait besoin, mais parce qu'il veut qu'il

(1) Gkn. c. XXXII, V. 2.

(2) Heb. c. I, V. 14.

(3) Dan. c. vu, v. 10. Apoc. c. vu, v. 11.

(i) 1. 2. Iota creatiira corporalis adminislraliir aDeo pcrangelosS. Ara. de Trin. lib. 3, c. A. C.oritoralia oinnia rcgunfiir ;\h angelis. S. TiuiM. 1. p. q ex, urt. 1. Nihil prohibet dicerc inferiorcs angolos diviiiitiis dislribiitos esse, ad ad-

en soit ainsi; ce sont les Anges exécutants ou missionnaires. Le monde en est plein.

Chaque corps céleste qui roule au dessus de nos tètes a son Ange conducteur qui le dirige dans sa course ra^iide, et le maintient dans son orbite.

Chaque élément, solide ou fluide, a son Ange protecteur qui l'empêche d'être détourné par quelque puissance ennemie, des usages auxquels il est destiné.

Chaque peuple, et chaque fraction de peuple, chaque province, chaque ville, chaque bourgade a son Ange tutélaire. Ça été la croyance unanime dans tous les temps et dans tous les lieux (1).

Et l'Église, elle aussi, certes, a le sien, et chaque fraction de l'Église, chaque Église particulière, chaque diocèse, chaque paroisse, serait-il téméraire d'ajouter, chaque famille chrétienne, petite Église domestique, comme saint Paul l'appelle (2).

Enfin, épuisons le sujet, s'il se peut, et disons : que chaque homme, chrétien ou infidèle, juste ou pécheur, adulte ou enfant, a un Ange préposé à sa garde (3). Le jour où il plutà Notre Seigneur de dire quel péché c'est : de scandaliser les petits enfants. . . d'où tira-t-il son principal, même son unique argument'.' Tout simplement de ceci : que ces petits ont des Anges à leurs côtés ; que ces Anges voient la face du Père qui est dans les

niinisti'iindum inferiora corpora, siiperiores vero ad adminislranduin corporal superiora, supremos vero ad assisteiidum Deo. S. Thom. 1. p. q. LXiii, art 7.

(1) Rcgiia et gentes sub angclis posita sunt. S. B.^siL. Angelis singulis gc/itibits pnBsunt. S. Hieuony. Il ne faut pas hésiter à reconnaître saint Michel pour défenseur de l'Église, comme il l'était de l'ancien peuple. Bossuet, dans sa préface sur r.4pocalypsc. Deux gardiens sont préposés à chaque Église, l'un visible, l'évèque, l'autre invisible, un Ange. S. Ambroise. Lib. 2. in Luc. Cornmunis et certa doctrina est, singulis communitatibus, regnis, et provinciis, spéciales angelos a Deo députâtes esse. Perrone. t. 1. p, 63'J. — Au début de sa mission dans le Chabiais, S. François de Sales salua les anges de la Province qu'il venait évaiigéliscr, et implora leur assistance. Hamon. t. I.

(2) Phil. c. I, V. I.

(3) Singulis hominibus singulos angelos dcpulari,non solum justis et pra-destinatis, sede tiam peccatoribus et reprobis, certa quideni et communis scn-

entia est. Née est discrimcn intor iulelos et infidèles. Perroke, 1. 1. p. 037.

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