‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 21 sur 172 · VII. — CRÉATEUR DU CIUL KT DK LA 'rUHRU · texte numérisé non relu

VII. — CRÉATEUR DU CIUL KT DK LA 'rUHRU

eioux (1) ; et conséquemment, que c'est une monstruosité de les porter au mal par de mauvaises paroles ou par do mauvais exemples, lorsque Dieu les traite avec tant d'iionneur, et détache de son service propre pour le mettre au leur, un Grand de sa Cour.

N'insistons pas davantage. Il faudrait ici des développements considéral)les, que cette Instruction déjà longue ne comporte plus..

0 Saints Anges, si nous avons dit à votre louange quelque chose qui vaille. . . Anges assistants au trône. Anges missionnaires qui vous occupez de nous... Ange de l'Église, Ange de la France, Ange du diocèse, Ange de la paroisse, Anges des petits enfants, et nos Anges à nous-mêmes . . . priez pour nous, protégez-nous, sauvez-nous. . .

(I) Mattii. c xv:ii, v. 10.

HUITIÈME PRONE Le monde invisible. Les anges déchus.

Credo in Deiitn . . . creatorent cœli et lernr.

Je crois »mi Dieu . . . créateur du ciel et de la terre.

Sed quamvis onines ii (Aiigeli) cœlestibus donis ornati fueriiit, plurimi laiiicii qui a, iJeo parente et creatore suo dctecenint, ex altissimis illis sedibiis, deturbati, atqiie in obscuiissimuin tcrr;c carcereni iiiclusi, cCternas snperljia^ siife pœnas iiumt.

Cak'cli. Hoiii. cap. "2.

NoiLs en avons fait la pi'ouve dan.s la deniière Instruction : Il y a un nionilo invisihh'.

Des AuLics qui le peuplent, nous avons dit l'origine, la date de formation, rexeellenee de leur nature, leur nombre, l'ordre (^ui règne parmi eux, les dons qu'ils reçurent, les qualités qui les distinguent, les fonctions dont ils sont investis auprès de Dieu, les ministères utiles qu'ils exercent auprès de nous.

Cela dit, le sujet du monde invisible n'est point épuisé. Il reste .ù parler d(> ceux des Anges qui n'ont pas persévéré, autrement dit, des mauvais Anges. Les connaître n'est pas, certes, une vaine science ; nous avons le plus haut intérêt à nous enquérir de ce qu'ils sont, où ils sont, de ce qu'ils font. Dieu nous conduise dans cette recherche. . ,

Tous les peuples l'ont cru, sans aucune exception : leurs poètes, leurs historiens, ce qui nous reste de leurs monuments, ce

l'l..\T. i.E SYMB. ItES Al'. — 5. 65

que nous connaissons de leurs pratiques tliéurgiques, en téninii;nent hautement; d'autre part, les saintes Écritures de l'Ancien ou du Nouveau Testament le disent maintes fois, soit en termes pi'opres, soit en termes équivalents ; enfin l'Église l'enseigne par ses Conciles, par ses Docteurs, par sa Liturgie, par ses grands Théologiens comme par les plus modestes de ses catéchistes: Il y a de mauvais Anges; et pour les appeler d'un nom plus usité et qui les désigne mieux : Il y a des démons . . . Ils avaient été créés bons, ils se firent méchants (T) ; iJieu les avait établis dans la vérité et la justice, au lieu tie s'y tenir, ils aimèrent mieux, épris d'eux-mêmes et oublieux de leur dépendance, se jeter hors la voie et entreprendre de coupables desseins. Leur défection est racontée avec quelque développement par saint Jean, au chapitre douzième de ses Révélations : Il se fit un grand combat dans le ciel. — Vous rente"ndez, dit Bo.ssuet, un comliat de pensées et de sentiments ; entre purs esprits il ne peut y en avoir d'un autre genre. — Michel et ses Anges combattaient contn^ le Dragon ; le Dragon et .ses anges combattaient contre lui ; mais les forces manquèrent à ces derniers, ils tombèrent du ciel, et leur place ne s'y trouva plus : Et mni valHCfinit, nequc locus uivenlxs est eonon amplius in cœli) ("ii.

Mais où sont-ils, ces Esprits révoltés, qu'une juste sentence d'excommunication a chassés du ciel? Où ils sont'? — Dans l'Enfer les uns, c'est le texte de S. Pierre en sa deuxième Epitre : Drus ((iir/clis pi-cc(iiitih(ts noi) prprrcil, scd nidrulihKs fn/cnii dc- Iractos in Tartcinini Irailidit criiciandos, in judicium )'('scrrari{^^): Dieu n'a point épargné les anges pécheurs, mais il les a jetés dans l'abhne, où ils sont tenus comme par des chaînes, pour être tourmentés, et réservés aux rigueurs du Jugement. — Sur la terre les autres, nous l'apprenons de saint Jean, dans son Apocalypse: Et projcchis est Satajia^, (pd seducit Knivcrsnm orbem, in terrcon, et (oup'li ejtis citm illo missi siint (4) : Et l'ange d'orgueil, le séducteur du monde entier, Satan, fut jeté stu' la

(1) Le (iiiaUirnic Coiicik' de Lali;ni .s"c'\|(rinie iiin.si : Dialioliis ot (la'iiioiieis alii, a Deo (niidem iiainra crcali siuil lioni, scd ipsi por se facll siiiil iiialiC. 1. {"1) Apoc. c. XII, V, 7.

(;]) H Petr. c. h, V. i.

(i) AfOC. c. XI, V. 'J.

VII[. — C.llKATKUr. DU CIKf. KT l»K LA IKlîli K ()7

trrre, et avec lui les aiiiies, e(iiii|tliees de soy noirs ])i'()jols. — Allons jusqu'au bout de nos recherciies : d'après saint Paul, les démons n'ont pas uniquement l'enfer pour séjour, ni non plus unicpiement la terre, mais les l'égions moyennes de l'atmosphère ; l'air en est comme infesté. Voici le texte du grand Apôtre : Nous n'avons pas à combattre seulement contre des hommes de chair et de sang, mais cojitrc les puissances infernales, les princes du monde ténébreux, et les esprits de malici^ répandus dans l'air (1).

]\[ais sont-ils nomix'eux, ces Esprits devenus malfaisants à notre égard du jour où ils se sont mis en révolte contre Dieu .' A la vérité, nous n'avons sur ce point qu'une science conjecturale ; pourtant les données sur lesquelles elle reiDose sont sérieuses et dignes d'attention. Par exemple: chaque année au troisième dimanche de Carême, l'Église nous fait lire ce cpii suit: Lorsqu'un Esprit immonde est sorti d'un homme, il s'en va, errant par les lieux arides, prendre avec lui sept autres Esprits, plus méchants que lui, et revenant vers la maison qu'il avait quittée, il y entre, il y demeure, lui et son escorte (2) . . . i\Iais ce chiffre de sept n'est point le chiffre exact, il s'en faut. Si, de l'Évangile selon saint Luc, d'où cet enseignement est tiré, nous passons dans l'Évangile selon saint Marc, j'y vois Notre Seigneur guérissant un démoniaque. Forcé de dire son nom, le mauvais Esprit réponil ; .Je m'appelle Légion : Lnjio )iiihi )K))neii csl ... et ce nom étrange, il l'explique aussitôt : .le m'appelle Légion parce que nous sommes ici en grand nonilire : (pila mtilti sumus ['^). Et ce n'est pas tout encore : d'après plusieurs interprètes très versés dans l'étude des saintes Lettres, le nombre des anges déchus ne serait point inférieur au tiers des Anges restés fidèles (4). Les Théologiens,

ili Ki'ii. <•. VI, V. 1"2.— HiOC oiiiniiiin DiK-lonim iipinio es(, (|ii(id ai-ristc qui i-œliiin i'[ tciiain iiieilius iliviileus iiuino appollaliir, plemis sit coiitiariis tbrlilitiliiiiliiH. — S. lIiERONV. mnuiu'iit. in luiiic lociim.

(-1) Lu:, c. XI, V. '2.").

{','>) Mauc. C. V, V. '.'.

(i) — C'est dans le sens que nous venons «le dire, que plusieurs entendent re texte tle l'.Vpocalypse : VA eauda Draeonis Iraludiat teitiaip parteni steliaruni civli et inisit ea-^ iii len-aui. c'. xii, v. i.

non plus, ne restent pas muets sur la question. Ils professent comme étant le sentiment le plus probable : que si chaque lîomme a un bon Ange qui le garde, semblablement chaque iiomme a un démon qui le tente (1). Enfin, si le dernier mot en cette matière pouvait être dit par la grande éloquence mise au service d'une science consommée, il le serait, lorsque Bossuet s'écrie : Quel ravage la désertion des mauvais anges a fait dans le ciel ! quels immenses espaces y restent inoccupés ! ... Et le grand évèque insinue que Dieu a créé le Genre humain pour remplir ces places laissées vidtîs (2).

Les démons sont donc puissants par le nombre. . . le sont-ils aussi par l'organisation ? y a-t-il chez eux, comme chez les bons Anges, quelque hiérarchie? y a-t-il des supérieurs et des inférieurs, et subordination de ceux-ci à ceux-là (3) ? Nous l'avons dit avec l'Évangile et les interprètes de l'Evangile, et nous le répétons : Ils sont noml^reux, les démons, ils sont légion, ils égalent, s'ils ne les dépassent pas, soit le tiers des Anges, soit la totalité des hommes ; qu'avec le nombre il y ait la variété, cela non plus n'est pas douteux ; tous ne font pas la même chose : il y a les Esprits de malice, Spiritus ticquam, les Esprits de mensonge, Spiritus mendacii, les Esprits soufflant la jalou- .sie, Spiritus xeloUjpise, les Esprits poussant à la vengeance, Spiritus ad vindictam, les Esprits de fornication, Spiritus fornica- Jionis, les Esprits immondes, Spiritus immundi (4). Mais ce qui

(I) Atlnioihini |ir(ilial)iio est siii2;ulis ctiam iKimiiiiinis angeluni tentatorcni a Lucifeto da'inonioruin priiicipe depulari. Schram. Tliéol. Mijs. t. I, p. 310.

(-2) -i'"" Sem. >'<' Étér.

(3) Voici coaiment, sinon textuellement, du moins quant au sens, .S. Thomas explique la hiérarchie parmi les démons : Selon toute vraisemblance, il se trouva des rebelles dans les neuf Ordres Angéliques. Déchus, ils gardèrent leur supériorité ou leur infériorité respective. Leur organisation primitive en Ordres subordonnés était un don naturel. La chute leur a enlevé les dons de la grâce, non ceu.x de la nature. . . Sic Doemones adhuc sunt in Ordinibus, quia data naturalia non amiserunt. 1. 1. q. cix. — Cornélius a Lap. partage le même sentiment : Sicut inter Angeles, sic et inter Daemones, alii sunt inferiores, superiores alii et principes, scilicet ii qui ex altioribus Ordinibus ceciilerunt, ideoque naturse sunt nobilioris, naturalia enim in Dœmonibus post lapsnm inanscrunt Integra. Comin. in Matlh. g. 'J, v. 'Si.

(4) In Scrip. passim.

vin. — CRÉATEUR DU CIEL ET DE LA TERRE 60

n'est pas moins certain : c'est qu'en même temps que le nombre et la variété, il y a une direction unique ; ils sont beaucoup qui exécutent, un seul commande. Le chef des anges rebelles nous apparaît en une foule d'endroits des saintes Écritures, avec les noms qui 1(,^ désignent en cette qualité de premier. Prenez votre Bible, suivez-le à la trace, de page en page ; il s'appelle : Béelzébub, ou clief des démons : In Beelzebub principe dfemojiioyion ejicit. (lœmonia (1). . . 11 s'appelle: le Roi de tous les enfants d'orgueil : Ipse est l!ex sKper lonversos fiUos sulio'bune (2). .. Il s'appelle : Lucifer, à raison de l'éclat qu'il avait avant sa chute et qui relevait si fort au dessus des autres : quomodn cccidisti de cœlu Lucifer, qui mane oricbavis{^). . . 11 s'appelle : le Prince de ce monde : Princeps JmJKs mtoidi (4). . . et d'un nom plus significatif encore : le Dieu de ce siècle : Deus JnijKs Sc-ecidi (5), le Dieu du temps, comme le vrai Dieu est le Dieu de l'éternité. . . ■ '

Lt le sujet n'est pas encore épuisé. Les choses qui précèdent, j'ose le dire, ne sont que des préliminaires. Une question reste, plus importante qu'aucune autre, redoutable même. Puissants par le nombre et la concentration des forces, que peuvent faire les démons, et que font-ils en effet '? Peut-être allez-vous être étonnés de la l'éponse ; vous le seriez beaucoup moins, vous ne le seriez même pas du tout, si les saintes Écritures vous étaient plus familières, surtout si les enseignements de l'Église et ses pratiques liturgiques vous étaient plus connus (Ci.

Dieu le permettant — et il le permet quand il a à nous éprouver, ou à nous punir — les démons peuvent agir sur les élé-

( I) Li'c. c. -M, V. o;j.

(•2) Job. c. xu, v. '•l'^.

(3) Isa. c. xiv, v. VI.

(i) JOANN. c. XII, V. o\.

(5) II. Cor. c. iv, v. 1.

(()) Les seules données fournies pai- la luitiirc dos (U'iiions no sufliraienl-elles pas à démontrer leur puissance sur le monde matériel, el leur su|iériorité sur l'homme en particulier. Quoinue déchus, ils sont toujours xVnges, c'est-à-dire purs esprits, tout esprits, rien qu'esprits. Ils ont jterdu les dons de la grâce, non ceux de la nature. Ils sont dans la condition d'un homme qui, bien qu'eu état de péché niorlcl, conserve la totalité de son iulelliL;enci- et de ses autres facultés.

nients, pour les Iroubler, les altérer, les corrompre au point de les rejidre nuisibles : l'Église l'enseigne, ses rituels en font foi, elle exorcise l'eau, le sel, l'huile, elle bénit les champs ensemencés, les arbres et leurs fruits, les hommes et leurs maisons, les troupeaux et leurs bercails. Les formules déprécatoires ([u'elle emploie, supposent à n'en pas douter que toutes ces choses et une foule d'auti-es ne sont point à l'aiiri des incursions du dé)iion et de la contagion qu'il mène après lui (1).

Dieu le permettant, les démons peuvent produire des effets qui, vu leur étrangeté ou leur caractère de soudaineté, ne sont point attribuables à des causes naturelles. Lisez l'Évangile du l)remier dimanche de Carême : vous voyez Satan s'attaquer à Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, le transporter sur le sommet le plus élevé du Temple, ou bien usant de toute sa j)uissance prestigieuse, mettre à ses pieds tous l(>s royaumes de ce monde pour le tenter par l'apiDât des richesses et des honneurs (2). Lisez encore l'histoire de Job; ce n'est pas une fiction ni même une allégorie, mais une histoire réelle et véritable : en un seul jour ses maisons sont renversées par la foudre, ses troupeaux sont égorgés, tous ses enfants périssent ; le saint homme lui-même est couvert, de la tête aux pieds, d'un ulcère purulent . Le texte sacré ne laisse aucun doute à cet égard : Cesl Satan qui a tout fait (3).

Dieu le permettant, les dénions peuvent agii' sur le corps de l'homme, l'occuper, l'envaliir, se l'approprier en quelque sorte, disons le luot qu'il faut dire ici: le posséder. .. Je le reconnais i)ien volontiers: en pays chn'tien, ces cas sont rai-es; la croix, est plantée partout, le sol est couvert d'églises, chacniu». a un autel où Jésus Christ s'offre comme victime de propitiation, un tabernacle où le même Jésus Christ demeure personnellement: Fuyez, phalanges ennemies, fauilc, partes advcrsfi' . . . Lorsque le fort ai'mé, lisons-nous encore au troisième dimanche d(' Cai-(''ni(', garde sa maison, tout ce (pi'il possède est en sûreté; juais s'il survient un plus IVirt (juc lui qui le surmonte, ce-

(!) In Miss, et liil. iiassiiii.

(^) MATTH.r. IV.

(:]) .lou. c. I.

viir. — cRÉATEUii i)i: ciKL i:t I)i; la tki'.hk 71

liii-ci emporte tontes les armes du premiei- et partai^o ses dvpouillcs (i). .. (Jui, ce fort arm(V? \m (1(miioii. Qui, ce plus fort qui a vaincu Tautre ? Jésus Christ. Depuis la venue de .l(''sus (ihrist, !(> démon n'a plus (ju^une puissance i'(''duite. Mais avant, <''était bien autre chose. J^o dcMiion véu,nait en maître; ridolàtrie qui avait. envahi le monde n'était en sonnne que le culte de Satan diversifié à rinlini: nnntics ])ii (jcntiinn Dn'itionia (2i . . . Kl pour nous restreimlre au sujet qui nous occupe : ou l)ien il faut cesser d'être chrétien, et déchirer feuillet par feuillet rÉvangile, ou bien il faut reconnaitre que les mille cas de possf^ssions démoniaques qui y sont relaU'-s, sont des faits réels, certains, aussi vrais que les faits les mieux prouvés de l'histoire (3).

Afais nous triomphons peut-être trop vite. Si le pouvoir des <iémons sur le corps de l'homme est réduit des deux tiers, leur action sur les âmes est-elle amoindrie dans les mêmes proportions? Disons qu'elle s'exerce encore et reste toujours redoutable. Dieu le veut ainsi, parce qu'il est de l'essence de la vie <;hrétienne, qu'elle soit un combat, une lutte sans trêve ni merci ... et du ciel, qu'il soit donné comme une récompense, comme une palme, comme une couronne réservée aux vainqueurs. C'est pourquoi. Dieu le permettant, le démon est toujours tentateur, et dans le pire sens du mot, en vue de nuire et de faire tomber dans le péché: i(f noccal, in pcccatiDnprspcipiliindo (4). Le démon est toujours ce lion rugissant, comme l'appelle saint Pierre, ce rôdeur infatigable sans cesse à la recherche d'une; proie à dévOrer : taiiqiKon Iro nif/icits ci)-riiit 'jiia'i'ois qucin dcvovet (5). Le démon est toujours le nienteuipar excellence et le père du mensonge, c'est le mot que Notre .Seigneur lui-même emploie jiour le (puilifier : )nc)i(la.>\ patcr niciuldcii (()); et, selon la judicieuse remar(jue de saint Thomas: quand il dit vrai il ment encore, parce riu'il ne dit vrai sur un

( I) Lie. c. XI.

ri) l'SAl.. XCXV.

C\) lu EraïKj. |K\s-;iin.

(i) S. Thom. I. 1. i]. c.xiv., ;irl. '1.

(".) II l'KTlt. c. V, V. S.

((>) JOANN. C.MII., V. ii.

point que pour tromper sur un autre : verilatem dlcit ut decipi((t{i). Enfin le démon est toujours ce serpent tortueux, c'est son plus ancien symbole, cet ennemi plein d'astuce qui, n'ayant rien perdu des avantages que sa nature lui donne sur la nôtre, nous pousse au mal invariablement dans le sens de nos inclinations, parce que, au moral comme au physique, on tombe toujours du côté où l'on penche(2). 0 allitudines Satanœ! 0 profondeurs de Satan ! Qui pourra jamais en sonder les ténébreuses cachettes ! . .

Et ce n'est pas tout encore : il reste un dernier coin du tableau à mettre en lumière. Ce que le démon peut faire par luimême, il le peut faire, du moins en partie, et le fait en effet» par d'autres. Le démon a parmi les hommes des auxiliaires, des apôtres ; la langue a un mot propre qui les désigne : suppôts ... les suppôts de Satan ! Prenez l'Évangile : Aux Juifs qui veulent le tuer, que répond Jésus Christ? Vous avez le démon pour père : vos ex valve diabolo cstis, et vous voulez fairtv les œuvres de votre père : et desideria pafris rcs/c/ vullis facere {'.]). Tournez le feuillet; les jours mauvais approchent, déjà le traître est convenu du prix avec ceux qui exploitent la perversité de son âme scélérate: comment l'Évangile qualifie-t-il Judas ? 11 le représente faisant œuvre de démon : non jam diaholus misisset in cov (4). Elle est venue, la douloureuse l'assion du Fils de Dieu, Pilate et tous autres sont à l'œuvre . . . entendez saint Grégoire le Grand s'écrier: Il est très sur que tous les méchants ont le diable pour chef, tous les méchants sont les membres de cette tète . . . Pilate, membre du diable;, les Juifs qui persécutent, membres du diable; les soldats qui

(1) S. Thom. 1. l.q. LXiv. art. '■2.

[i) S, Léon expose cette lactique île l'eiiiieiiii en moialistc qui eoniiait son sujet: Le rusé serpent, dit-il, sait à qui il doit présenter l'amour des richesses: à qui les attraits de la gourmandise; à qui les excitations de la luxure ; à qui le venin de la jalousie. 11 connaît relui qu'il faut troubler par le chagrin; celui qu'il faut séduire par la joie; celui qu'il faut abattre par la crainte; celui qu'il faut fasciner par la beauté . . . Là où il voit les préférences de chacun, c'est là même qu'il cherche les occasions de nuire: et ibi causas quîorit nocendi, nbi quemcumque viderit sludiosius occupari. Serin. S. (te iiatir.

(3) JoANN. c. vni, V. 44.

(i) JOANN. c. XII, V. 1.

Vril. — CREATELll Di: CIKL KT l)K I.A TKIUIK /..

crucifient, mcmjjrcs du (iialjicfl.) .. .JJc i'Kvanyilo, allez au cliapitre 13 des Actes : vous y voyez un iiomnie qui s'est donn('' la mission de contrarier saint Paul dans tous ses projets, jusqu'à l'empêcher de pai-ler et de prêcher la foi m Jésus Christ. 1^'apôtre le l'e.^arrlant fixement: Enfant du diable, lui dit-il, ennemi de toute justice, tout plein de fraude et de tromperie, quand cesseras-tu de pervertir les hommes, et de les détourner des voies de Dieu (2) ? Enfm, des origines chrétiennes, passez en pleine histoire de rÉglise : Voici saint Polycarpe rencontrant l'hérésiarque Marcion dans une des rues de Rome — me connaissez-vous? lui demande Marcion. — Oui, répond Polycarpe, je te connais pour le premier-né de Satan (3i . . .

.T'ai fini . . . J'ignore si le sujet que je viens de traiter vous a été agréable; entendre parler du démon ne plaît pas â tout le monde. Mais ce que je sais, c'est que j'ai accompli un vrai devoir de pasteur. Si le démon et ses artifices étaient mieux connus, les affaires du bon Dieu, comme on l'a dit avec encore plus de raison que d'esprit, n'en iraient pas plus mal... au contraire.

Conclusion pratique: le bon sens le dit, non moins que l'Évangile : On ne peut servir deux maîtres à la fois . . . pas plus, ajoute un spirituel commentateur, ({u'on ne peut loger deux mains dans un mémo gant, ou deux épées dans un même l'ourreau (4).

Deux maîtres, deux puissances l'ivales se disputent l'empire des âmes: Dieu, et le démon. Oui elidisirez-vous".'

( I) Corle iiiii|iioriini i>iiiiiiniiM;i|ml llialiuliis rsl, et liiijiis (Mpitis iiii'iiilirn simt oiniics iiiiiiiii. Armoii Uialioli iiiL'iiilnitiii fuit Pilatus ï Ainioii Dialioli iiicinljia .Iiulii'i |ii'rsc<iucnlcs, et milites cniciriii,eiites Christuin, rueruiit. Urer. Hom. Dom ./. (iiindrati. leclio 8.

{t} Xcr. c.xiii, V. 10.

{'.]) UoiiiU'.ACHKR, t. Ti. - Nous iic poussdiis pas pins loin col aperrii. I.a liste lies siiiipùts (le Satan est Ionique. Dans sou alloeutiou tlu '.) déceuilm^ 1851, l*ie 1\ nous nioulie ('(uuiue en i'aisaut ])aitie dans le temps i)résent : Impium iacredulorum jfeiuis ipii iiuniem, si lleri posset, exterminatum velleul relii!;ionis cultum,(iuil)us aduumeraiidi iiupriuiissuul claiidestinarum societatum i:;rop,ales, qui nefario iuterse coujuncti, nuUas non adliiheut euras, ul rem cl .saeram et publicam evcitant ; iu (pios prolVcIo verlia illa cadunt diviui Uedemptoris : Vos ex paire IHaludo eslis et opeia patiis vesiri vultis lacère.

(i) Louis DE GREN.\DK.

Dieu a des droits sacrés, inviolai »les, imprescriptibles, étoriiols.

Le démon a des prétentions injustifiées et injuslitialiles, audacieuses et sacrilèges.

Qui choisirez-vous ? La r(''ponsc pourrait-elle être douteuse? Non, certes.

Vous direz au démon le mot de Jésus Christ : retire-toi, Satan : vadc rctro, Sataita [[).

A Dieu, vous direz du meilleur de votre cœur: Vous êtes mon Dieu, vous êtes mon lloi, vous êtes mon Tnut . . . pour le temps et pour réternité-^; Dens ntciis, et cdiuùh . . . umic cl soujicr. Amcit . . .

{ I) Matth. e. IV.

NI'U'VIÈME IMIONE Le monde visible. L'œuvre des six jours.

Credo in DciiDi . . . it'Cfdoreiii ((vil ri Icrra'. In crois eu Dieu . . . créateur du ciel et de la terre

At vero iLTiaiii etiani super stabilila-

l( ni siiaiii l'uiniatain Deiis verbo suo

jiissit in nictlia niundi parte consisterc.

Catecli. lioiii. cap. i.

Vous if avez pas ouljlié les deux précédentes instructions : la première qui a eu pour objet les Anges, sortis les premiers des mains de Dieu, restés, une partie, les exécuteurs de ses ordres, et remplissant auprès de nous un ministère utile; la Sfconde qui vous a fait assister à la défection d'un grand nombre de ces Esprits célestes, lesquels ne se tinrent pas dans la v('n-ité, <''est le mot de l'Évangile, et devenus méchants non moins par envie (jue par orgueil, tentent les hommes pour les perdre avec eux.

Gela dit sur le mondt^ invisible, la suite de nos instructions m'amène à vous entretenir de la création du monde visible, sorti second des mains de Dieu. Soyez attentifs, et que Dieu nous aide de .sa grâce . . .

.le le suppose, et en cela je ne fais aucmi clVnrt, tant la cliosc t'st naturelle, et connue de droit : je suppose donc qu'il n'est piM'soime parmi vous qui no sache l'histoire de la création. Vous pouvez ne pas avoir l)eaucoup de pliysique, pas beaucoup d'astronomie, encore moins de géologie — je ne vous en fais pas un reproche, certes, vous n'y êtes pas obligés — mais pour

7(i LE SYMBOLE DES AI'OTRES

la première page des divines Écritures, qui est aussi la première page du Catéchisme, c'est autre cliose : elle est connue de tout le monde, elle Test même des plus petits enfants, tout le monde sait comment, et en combien de temps, le ciel, la terre, et tout ce qu'ils renferment, furent créés.

Eh bien ! Si vous le voulez, laissons les Humanistes s'éprendre d'admiration devant cette page des Livres saints, et reconnaître qu'il n'en est point de plus belle dans toute la littérature humaine (1).

Laissons même les Savants, ceux que n'égare pas un parti pris d'impiété, rendre hommage à Moïse auteur du récit, et faire, cet aveu : que, lors même qu'il n'aurait pas été inspiré, il serait encore le premier d'entr'eux (!2).

Notre rôle, à nous, est plus utile et plus beau.

Ce qui nous frappe d'abord, c'est la toute-puissance de Dieu. Est-il rien de plus étonnant que cette parole de Maître, qui opère par elle-même les choses qu'elle exprime ? Ne fai.sons qu'effleurer le sommet des choses^ puisque le cadre restreint que nous nous sommes imposé ne nous i^ermet pas davantage.

Dieu a dit... et les éléments primordiaux sont sortis du néant, tout prêts pour le moment où le divin Ouvrier daignerait les mettre en œuvre et en tirer l'universalité des êtres: Li principio Deus o'eavit cœliim et tcrram (3). — Et maintenairt qu'ils sont coordonnés, mesurez les espaces qu'ils occupent... ou plutôt, ne le faites point, vous n'y parviendriez pas, ils ne sont pas mesurables : plus loin ou plus haut que le monde que nous habitons, il y a d'autres mondes ; au delà de ces mondes il y en a d'autres encore; cherchez le point où finit l'être, et où commence le néant, vous ne le trouverez pas. Le Créateur seul connaît les limites de la création. Quand envient à songer que l'étoile fixe la plus rapprochée de nous est à huit mille milliards de lieues, notre pauvre petite terre est-elle autre chose qu'un grain de sable à peine perceptible et perdu dans l'inmiensité?...

(1) Le Rhéteur païen Longin. Trailé du sublime. (i2) CuviER. Discours sur les résolutions du globe (3j Gen. c. I, V. 1.

TX. — CRÉATEUR DU CIKL 1:T DIO LA TERRK 77

Dieu a dit... et la liimirre a éti' faite; la lumière, le plu.ç Ik-I ouvrage peut-être qui .soit .sorti des mains de Dieu ; la lumière, ine.ssager rapide qui parcourt les distances avec une vitesse de soixante dix sept mille lieues à la seconde; la lumière, qui n'est pas dans le soleil comme en un rô.servoir unique, mais partout, dans certains fluides, dans certaines plantes, dans le fruit de l'olivier, dans le bois qui brûle, dans la graisse des animaux, dans la pierre elle-même; et partout où elle se montre, elle éclaire, elle vivifie, elle colore les objets, elle réjouit la vue. Sans la lumière, toute la nature serait plongée dans une nuit èîternelle; sans la lumière, l'amertume pèse sur le cœur de l'homme : le malheureux qui en est privé après en avoir goûté les douceurs, renouvelle les gémissements du vieux Tobie devenu aveugle, et comme lui, il s'écrie: Vivre ainsi ce n'est pas vivre, mieux vaudrait mourir: l'xpcdil mi/ii moi-i magis qucon viverc (1).

Dieu a dit... et le soleil, et la lune, et les étoiles, tous les corps célestes, tous les inlîniment grands, ont peuplé le firmament que nous voyons, et par delà, toutes les régions éthérées que nous ne voyons pas. — Ils y sont avec leur masse prodigieuse; par exemple: le soleil qui, à en juger par les sens, ne mesure guère plus d'un pied de diamètre, est pourtant un million quatre cent mille l'ois plus gros que la terre; semblablement neuf cent mille fois plus gro.s.se que la terre est l'étoile pourtant la plus rapprochée de nous: c'est en raison de sa distance qu'elle ne vous parait être qu'un clou doré, ou un ver luisant attaché à la voûte céleste. — Ils y sont avec leur vitesse encore plus prodigieuse que leur volume: parmi les corps qui roulent dans l'espace, il on est un, pour ne parler que de lui seul, qui, tout on n'achevant qu'en quatre vingt trois ans sa révolution autour du soleil, ne fait pas moins de cinq mille sept cents lieues à l'heure: c'est-à-dire qu'il se meut avec une rapidité deux cent quatre vingt cinq fois plus grande qu'une machine à vapeur parcourant vingt lieues de pays dans le même laps de temps. (2). — Enfin ils y sont en nombre incalculable:

(!) ToB. c. m. V. f).

(2) La planète l'raims découverte Iç 13 mars 1781.

7s LK SYMBOLE DES APOTRES

r(oil nu ne compte que ciiuq ou six mille étoiles; est-ce le chiiïre réel? non, certes; il en est des quantités prodigieuses (|u'on ne peut apercevoir qu'à l'aide des instruments d'optique. La tache nébuleuse connue sous le nom de voie lacU-c, et qui entoure le ciel comme d'une vaste ceinture blanche, n'est qu'un espace immense rempli de millions et de milliards d'étoiles. . . Et tous ces coi'ps, les uns plus grands, les autres plus petits, les uns lumineux par eux-mêmes, les autres éclairés par d'autres, vont, viennent, se meuvent dans leur orbite, sans jamais s'écarter d'une ligne, sans jamais avancer oc. retarder d'une minute, sans jamais se heurter, ni même s'effleurei-. . . Et tout cela se serait fait seul, par le simple j(ni du hasard! Tout cela ne serait que la résultante du rapprochement fortuit de je ne sais quels atomes tourbillonnant dans le vide! oh! qu'ils sont aveugles, encore plus coupables qu'aveugles, ceux qui, au milieu de si beaux ouvrages, ne veulent pas voir l'Ouvrier!

Et si nous descendons de ces hauteurs:

Dieu a dit. .. et les montagnes se sont dressées, et les océans se sont creusés, et les eaux ont pris leur cours, les unes souterraines, les autres à la surface; et les plantes, et les arbres, et les poissons qui nagent dans les eaux, et les oiseaux qui volent dans les airs, et les animaux qui se meuvent sur la terre, ((iii les comptera? Oui saura jamais les myriades d'êtres sortis ih\ néant, le jour où il plut à Dieu de les appeler à l'existence? Nous étions il n'y a qu'un instant, au centre des magniricences célestes, et nous suivions dans leur course rapide les infiniments grands; maintenant que nous sommes sur la terre, il faut l)ien que je vous dise un mot des inhniment petits. Savez- \ous que nous vivons au milieu d'un monde de merveilles que nous ne voyons pas, que nous ne soupçonnons pas même! Sa- \'ez-vous qu'il y a tels animalcules si petits qu'il en faut un million pour égaler la grosseur d'une goutte d'eau, d'autres encore plus intinitésimaux, dont un milliard pèse à peine deux grammes! Et tous ces petits êtres vivent d'une vie plus ou moins rudimentaire, s'alimentent, se reproduisent, et le monde en est plein! Vous êtes étonnés, je le vois, j'ai pourtant la certitude do dire des choses vraies, scientifiquement exactes. Vous êtes étonnés, soit, j'y consens, mais écoutez saint Augus-

i.\. — (;iii':.\Ti:iii nr ciki, i;r ni': f.A 'ri:r.i'.i: 7!>

tin qui vous cric: Ldue/, rOiivrior ((tii vous ctomic par la nmltiplicité (le ses u'iivrcs, autant que par leur inagnilicencc : *■ '/'((tK!scis in minl))tis, ImaUi Maipiuni ; loue/. Celui qui lait tout, les Lirandes choses et les i)ctitcs, i:i"ni(l lui-iiK-nic dans c(!lles-ci cl dans celles-là, )*»«,'/;;//)/? /// mininis, lu'i- [Kirrimi in ininimi^, [)as plus grand quand il lait un an.ue, (juc quand il lait un vermisseau, parce que, en définitive, étant tout puissant et Taisant tout comme en se jouant, il ne lui coûte pas plus de créer un ange dans le ciel, que do pétrir un vermisseau sur la terre : f)cus crcaril mii/clds i)t ctrio, n'iDiiridn^ in Icrrù, née inajor in /7/(.s-, nec }nin<i)' in islif< (i). Ainsi s'exprimi' saint Augustin, qui serait en lion rang parmi les Naturalistes, aloi's même qu'il ne serait pas le premier parmi les Docteurs.

Et ce n'est pas tout encore, le sujet est inépuisable. Ce n'est pus" seulement la toute-puissance de Dieu que nous avons à atlmirer, mais encore son incompréhensible sagesse, et sa lionté inhnie.

Relisons encore une l'ois la première page des Kci'itures : Lorsque, le premier jour. Dieu eut lait la lumière, il vit que la lumière était bonne : cl ridil ]}rns hiccm (juod cssct hoiia(2). Les jours suivants, à chaque création nouvelle (jui sortait de ses mains, Dieu s'applaudissait en \o\ant (pie l'oux'rage qu'il venait de faire était bon : ci vidit Dmn (/ikkI c.vsr/ ho)iinn ('A\. Au soir du si.xième jour, le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment, y compris l'homme dont nous aurons à jiarler iiient('it. étant créés, toutes ses œuvres achevées, Dieu trouva que tout était très bon : ridiUme Deits cumin i[>(tc fcrcrnl. c! crn.nl mldchona (i). . . \'oilà ijien c-n elfet le mol vrai, et si j'osais dire, le mot de la situation : dans r(Kuvre des six. jours, tout est lion et bien, très bon et très bien.

Tout est très bien dans le monde siih'-ral : .soit (fiie chacun d'eux soit conduit par un Esprit dans sa course rapide, c'était la physique des Anciens, soit qu'ils obéissent à deux forces égales, mais contraires, qui- se neutralisent, c'est la physique

(1) .Vp. ('.(iji.M;i.. \ I.Ai\ /■// ijcn. i-, 1. (-2) r.EN. I.

(i) Ilii.l.

lies modernes, les astres se tiennent en équilibre, gardent leurs l)Ositions respectives, et ne sortent jamais de lenrs limites (I). Tout est très bien dans la distance qui sépare le soleil de la terre. Plus rapproché de nous, le soleil ferait évaporer tous les liquides, fondrait tous les métaux., brûlerait toutes les plantes, tuerait tous les hommes. Plus éloigné, il serait encore plus nuisible qu'inutile, les nues tomberaient sur nous en masses glacées, et la terrre dure comme une pierre ne produirait pas un seul brin d'herbe. Entre le soleil et nous la divine Sagesse a mesuré environ trente huit millions de lieues. C'était la juste mesure.

Tout est très bien sur le globe terrestre : les êtres qui le peuplent se partagent en genres, les genres en espèces, les espèces en variétés ; chacun a ce qu'il lui faut, dans son ordre : le itrin d'herbe son rayon de soleil, hi plus humble fleur sa goutte de rosée, la plus petite graine le terrain qui lui convient, l'oiseau son éléqient, le poisson le sien, l'animal qui se meut à la surface son instinct propre et ses aptitudes ; et d'autre part, à quelque genre, espèce ou variété qu'ils appartiennent, tous dépendent les uns des autres, tous se font de mutuels emprunts, tous reçoivent et doiment, on dirait une vaste association dont Dieu est le régulateur, et où tous les intérêts sont communs. Le plus beau commentaire à cette parole du plus saint des livres : Et Dieu vit que t(nit était très bien. . . c'est la nature elle-même qui le fournit.

Et parce que tout est très bien, tout est utile. Même en la rigueur des choses, il n'y a de vraiment utile que ce qui est vraiment bien. Quittons les a]»stractions jiour venir aux particu- Inrités.

I.,es étoiles sont utiles : elles nous éclairent et nous réjouissent ; leur variété nous plait autant que leur lumière : il n'y a l)as dans la vaste étendue des cieux, dit la sainte Écriture, deux étoiles qui se ressemblent ('2), pas plus qu'on ne trouve- Il) CeUc li)i ilo 1.1 aalurc avait-olle été cxpiiini!-!! i)ai- f.Vulcur inspiré, avant • [n'elle fût iléconverte pir li's modernes savants, lorsqn'il dit : Oninia duplicia, unum contra ununi, et non fecit (Dons) qiiidquani déesse. Ecclesiasti. i'. XLii, V. 25.

{"2) ICOR. c. XV, V. il.

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