IX. — ciiKA ri:iu 1)1" cFKi. i:t dI': i.a 'ii:ui',f. XI
rait dans une l'oi'f't, disiMil li's Xatnralistcs, deux rL-uillos f|iii soiont pareilles de tout point.
L'air est utile, Fair (|ue les Aiieieiis appciaii'iit lalinieiit delà vie, (ter jinhidion rihr. Sans air, nous ne pourrions i'es[)irer. vivre seuls, sans air nous ne pouri'ions parler, vivre ensemble. (Test l'air qui nous apporte le parfum des fleurs, i-'est Fair qui nous ti'ansinet la t;anniîc des tons, eonime dans un autre ordre de ehoses rarc-en-ciel nous met sous les yeux la ij;amme des eouleurs.
Les eaux sont utiles, les unes fécondantes, les autres médil'inales, toutes salutaires. Quand le Fils de Dieu, le Sauveur .h'sus, viendra en ce monde, il fera de l'eau l'élément du Sacrement de la régénération. Nous nais.sons deux fois, savez-vous, une fois, de la chair et du sang, comme hommes, une autre teis, fie l'eau et de l'Esprit Saint, comme chrétiens. Pendani les deux ou trois premiers siècles, siècles de i)er.sécution, le poisson ligur('' en or ou en argent, gravé sur les i)agues et les anneaux, (Hait un des signes extérieurs au moyen desquels les elirétiens pouvaient se reconnaître entr'eux.
Les métaux sont utiles : sans en donner la liste ni comparer leur valeur res])eetive, les uns i)roduisent par le mélange cet airain .sonore qui, suspendu dans nos tours ou légères ou massives, nous invite à faire monter vers Dieu nos prières, ou à lui exprimer nos joies et nos tristesses, nos craintes et nos espérances ; d'autres s'allongent en tlùtes iiarmonieuses d'orgues, pour célébrer Celui qui, ayant disi)os('' tout avec noml)reet mesure, a fait du monde entier comme un immense concert. (Jui pourrait compter les choses nécessaires ou utiles que nous devons aux minc'-raux, dejniis le soc qui laboure nos chan)ps jusqu'à la coupe saci'ée des Autels où s'accomplit le plus saint des mystères (i)!
l'^t ce que la tei're produit à sa surface est encore meilleur que les richesses qu'elle cache dans son sein. () homme, .s'écrie saint .Jean C.hrysostômo, la terre (jue tu habites, c'est une patrie, c'est une mère, c'est une nourrice, c'est une table toute servie : ixilriani tibi, cl uiatron, cl nulcicon, cl moisn)», Dctis po-
(I) On lira avec iiUrièl le. premier Livre de riiislnire ili' rf,;;lise par lîohrlia- <.liei", sur les inagiiificeiicos de la ('.rêation.
l'I.AT. I.K SYMIS. DKS Al'. — ('».
H'2 ■ LK SY.MHOLF, DKS A1'0TRT'::>
sait Icvmn}. C'est pour toi que les saisons succèdent aux saisons^ le jour à la nuit, la nuit au jour: libi Icmporci allemis ricibi(s immutanlur ; c'est pour toi que les rivières coulent, que les sources jaillissent, que les animaux se reproduisent, que les forêts se couvrent de feuilles, les arbres de fruits, les champs dtmoissons : fro)ulcscunt sllrn' ; a)nœua)tlirr c(niipi, ])rala vircscioil, animantia fœtiix cdiail, sc((le)if foules, nunies /luxnl. Quoi! tu coniuiandes en maiti'e aux créatures, et tu ne servirais pas le Créateur : (jiii crcaturn' i)tipci'(is, et Crecdovi )io)i servis ! Tu as le plus beau fief ((ui puisse être, et tu refuserais foi et hommage à ton Seigneur suzerain : qui domliudinn cxeerccs, el Domiinnn xou agiioscis ( 1).
Et il y a peut-être encore d'autres enseignements moraux non moins profitaljles. La sainte Ecriture et les Docteurs qui font interprétée, sont moins forts en classifications que nosmodernes Savants, mais comme moralistes, ils n'ont pas leurs, égaux : Va-t-en, paresseux, lui crie l'auteur inspiré des Prover^ bcs, va-t-en trouver la fourmi, rade ad fo)-jiiic(tin , o pi</ci\ ellet'apprendra comment dans les bons jours il faut pourvoir aux mauvais, car dans l'été elle se ramasse du pain poui' l'arrièresaison, et, l'hiver venu, elle ne souflVe pas de l'indigence : pav(d in festatc cibum et congregaf iii messe qiiod comcdat (2i. — Lejour où Notre Seigneur voudra exprimer de quelle affection soii âme déborde pour les Juifs ses nationaux, pour tous les hom^ mes ses frères, il se comparera à la poule qui abrite ses petits, de ses ailes, et les ranime sous son chaud duvet (.Sv. — Les Anciens, saint Ambroise entr'autres, qualifiaient la cigogne de pieuse, ils disaient: la pieuse cigogne, à cause de sa piété filiale envers ses parents, qu'elle nourrit quand ils sont vieux, qu'elle soulève quand ils sont défaillants, à ce point qu'elle les prend sur ses ailes pour les faire voler encoi'e, et leur procurer sur le déclin de la vie quelque ])laisir d'un uge meilleur. — Les Saints lisaient couramment dans ce beau livi'e de la nature;, à leurs yeux, les choses même les plus vulgaires étaient uiîi
(1) .\i'. C.oRXEi,. //( lien.
{"2) l'nov. c. VI, V. (1.
(3) Mattii. c. XXIII, V, oT.
TX. — r.IlKATKLIi 1)1" CIKL KT \)K LA TKliltK SI!
('n.sei!j,iioiii('iiL bon ù rociioillii' : aporcM^vant nu jour une lirdiis uouvelleuieut toiuluo, saiut Marti u dit agri'aljienieut à ceux (|ui raccompagiiaieut : (lette l»i'el»is a pratiqué le eonsfil évaugéliquo ; elle avait deux liahits, elle eu a donné un . . .
V'oilà conuaent, dans l'œuvre des six jours, les utilités morales s'ajoutent aux utilités physiques ; et le mot de la sainte Écriture est saisissant de vérité : Lorsque Dieu eut créé toutes choses, son (ouvre achevée, et la rep,ai'dant avec comi)laisance, il vit que tout était bon, très bon : Vidihjuc Dais cmictn i/urr fcrcrat, et crcail luiUle hoiui .
La conclusion se devine et s"imi)ose : Cn-atures du Seigneur, bénissez le Seigneur . . . vous, les Anges . . . vous, les Cieux . . . vous, les grands réservoirs des pluies et de la rosée. . . \ous, les astres du firmament . . . vous, les brises légères et les vents impétueux . . . vous, les chaleurs de l'été et les froids de l'hiver... vous, les nuits et les jours, les ténèbres et la lumière, les éclairs et les nuages . . . vous, les montagnes et les collines, les mers et les fleuves. . . vous les vivants de l'air, de la terre et des eaux . . . surtout vous, les enfants des hommes . . . vous tous, les ouvrages du Seigneur, loue/, bénissez, exaltez, glorifiez le Seigneur aux siècles des siècles : Bcucdiritcomiiia oj)f)'u Dotitini, Dn}ni)>ii ; hunlah' fl siipn-r.rdltdfr rini» in. ssecida 1 1 1 . . .
(1) Caiitiiiini Irniii) piieruniiii. Da.mu,, c iii.
1)1X1 KM K l'IioXK Le monde humain. Création de l'homme.
(Irt'dii m llcinii ... rrcdhin'iii cd'li cl Icrni', le croi.s en hicii ... ciViilciir du ciel cl de l;i Icrrc
l'oslmiii) i)cu< ex liiiiii li'iTM' Imiiiir.ciii f(ii|Hiii' i-(mslihi(iiiii l'Iliiixil . . . i|U(mI aiilciii ail aiiiinain |ii'i't!tii-l, ('aiiiail iina^'iiii'iii ri siiiulilinliiiriii siiaiii riirniasil.
Calerli. Itolil. ra|i. -
Si poiii' I;i ({iiatrit'ine foi.^; je rcpi'cinls Irs iikmul's [jurulcs, n'eu ayez peint de .-surprise, surtout n"eii riineevez |)itnit (reiiiuii. Nous avons ici une mine iu(''puisalile, il ne faut |)as la (juitlrr exploitée à nioitii'' seulement ; nous a\ uns un T'i-rin très riche. après en avoii' tiré plusieui's ilianiants, il n">' faut pas laisser le plus beau. Vous ave/. c(unpi'is: nous sunnnes appelé présentement à parler de la création de riionnnr. Voilà le lilon à poursuivre, le diamant jusqu'ici tenu en réseivr . . . l-'asse la divine tiràce ([ue nous ne Irailinns pas trop ini])arraitenient un tel sujet . . .
C'est unv véi'ité primordiale ipii ne eiini|iiirte pas de deute, même le plus léi;('r: L'iionune n'a pas toujours été : de louirs siècles peut-Ptre se sont écoulés avant ({u'il lût: il n'tHait pas, il a ceuMnenc('' à ('tre; Dieu l'a cvvr.
Dieu l'a créé: la sainte Kcriture le dit, je ne crois pas cxai;»'rcr, île la première paiie à la dernière. i)lusieui's centaines
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il(^ fois: là où elle ne Texprime pas formellement, elle le suppose l'omme chose certaine, désormais acquise et hors d'atteinte.
Dieu l'a créé: l'Église l'enseigne; vous savez déjà en quels termes précis elle énonce: qu'il y a un Dieu unique, vivant et véritalile . . . que ce seul vrai Dieu, par so Ijontéet sa vertu toute puissante, a fait de rien, dès le commencement des temps, l'une et l'autre substance, la substance qui est esprit, et la substance qui est corps, autrement dit: la suiistance angélique et la substance matérielle, puis ensuite la sujjstance humaine qui tient des deux autres dt.
Dieu l'a créé: la raison elle-même, s'il en était besoin, le prouverait sans efTort; elle vous montrerait la science des incrédules, si tant est qu'on puisse l'appeler de ce nom, réduite, par le rejet des enseignements de la foi, à faire de l'homme un produit du hasard, ou à le suivre partant des extrêmes confins de l'être, arrivant enfin, après une série comme infinie de transformations, à se faire lui-même ce qu'il est. . . Origine monstrueuse, encore plus fausse qu'elle n'est abjecte.
Mais, quand, à quelle époque l'homme a-t-il été fait par Dieu '! Serait-il, comme le dit la sainte Écriture, et l'enseigne l'Église, vi'aiment postérieur à tous les autres êtres de la création, non seulement aux Esprits angéliques : leur droit d'ainesse ne saurait être contesté, mais même aux grands corps lumineux qui roulent dans l'espace, aux oiseaux qui volent dans les airs, aux poissons qui nagent dans les eaux, aux animaux qui rampent ou marchent sur la terre'? Oui, cela est. Toutes ces choses existaient, et l'homme n'était pas encore. L'homme n'a été fait qu'au déclin du sixième jour (!2). L'homme est le dernier ouvrage sorti des mains de Dieu. Est-ce à dire qu'il soit de moins l)onne condition que ses devanciers'? Non, certes; Dieu avait un grand dessein, vous l'apercevez déjà, vous l'exprimeriez vous-mêmes: Corps et àme tout enseml)le, comme nous ne tarderons pas à le dire, inférieur aux Anges par son corps, mais su-
(1) Cons. (lu Vat. rappelant le décret ilii 4''"' Conc. de Lat. c. tJ.
(2) Gex. c. I, V. 27. — Sixième jour, de 21 lioiires, ou sixième époipie . . . cette discussion n'entre point dans notre plan, nous la laissons aux hommes compétents en cette matière.