X. — C.KKATKLU DU CLKL KT DK I.A TKRRE
pi'i'iciii' ;"i tout le reste p;u' .son àiiie, riioinnie est eoiniiie Ic lion, et si je puis dire, la souilure des denx. mondes, le inonde visible et h; monde invisible, le monde des corps et le monde des es- I)rîts; il les résume, il les n'capitule en sa personne, il est iuie réduction de l'uiiiNcrs, petit monde dans le grand monde ainsi (jue rappelaient les Ancii'iis ;j.'r/.poxo(j|j.'oi; ('!)... Et il y a une autre raison poui' laquelle Ihonime est à sa place, <Iiiand il est dit, par la sainte Ecriture, avoir été fait le dernier. Les grands Docteurs de l'Église l'ont exprimée avec autant de inagnificence dans le langage que de justesse d'aperçu : Lorsqu'un roi, dit saint .lean (Ihrysostome, doit faire son entrée dans sa capitale, toutes les personnes attachées à son service jjreinient les devants, afin qu'à l'arrivée du Souverain, tout soit disposé pour le recevoir; ainsi fallait-il, qu'à son apparition en <'e monde, l'homme y trouvât tout à sa place et prêt à le .servir, puis(|u'il en est le Maître et le Iloi (!2). Notre Jîossuet parle comme le grand Docteur de l'Église grecque: Puisque tout devait être mis en la puissance de l'homme, dit-il, Dieu le créa après tout le reste, et l'introduisit dans l'univers, comme on introduit dans la salle du festin celui pour qui il est fait, quand 3out est pi'éparé et que les viandes sont servies i3).
La pi'(,'mière (|uestion est résolue. Nous savons à quelle date l'homme a (''té créé, et nous n'ignorons pas non plus pour(|uoi <*ette création devait être la dernière dans la série des actes du Créateur... ^Mais conu)ient J)ieu l'a-t-il fait? Ouel a été son mode d'opération".' Cette question n'est pas moins belle à étudier que la préc(''dente; l'homme est déjà grand, il va grandir <'nc(n'e.
.le le suppose toujours: La première page de nos saints Livres est très présente à vos esprits. Eh l.uen ! Le jour où il plut à Dieu, exenqU de tmite contrainte, d'appeler à l'existence les <"'tres (jui jusque là étaient simplement possibles, il le lit, dit la sainte Ecriture, comme en si' jouant, lud/'iix in orbr tcrrano)!, ])ar une parole de commanilement à l'instiiiit ni("'me sui-
(I) Siimina (iiiindam iiuivcrsitalis. ,S. Vmi'.K. Ilerucni. 1. 1). t'. 10. — CiiRNKl.. A l.\i>. iii 11. 1.
(-) lloin. XI ad pop. .Uiliodi.
(3) l-"" Seul, i""-^ l-:i('i\
88 LE SY.MBOLK DKS ATOTRES
vie d'effet: Que la hiniirre soit. . . et elle fut ; et ainsi du reste.
— S'il était permis de comparer les grandes choses aux petites. Dieu à un homme : tout comme ce centurion romain dont l'Évangile nous rappelle la manière de commander, et celle dont il était ohéi, c'est-à-dire, à la uiilUaire : Je dis à mon serviteur : viens, et il vient ; \a, et il va ; fais cela, et il le fait (1). — Mais lorsqu'il s'agit de l'homme, c'est autre cho.se ; Dieu ne le fait qu'après conseil et d(''lihération, en s'interpellant lui-même: faciami's liominon (2), faisons l'homme. . . : et mieux encore en interpellant un autre que lui, et encore un autre ; c'est en effet le sentiment des grands Docteurs ; qu'en ce moment solennel entre tous, Dieu le Père appela, comme à son aide, les deux auti'cs personnes de la Sainte Tii ni té (3) ... et alors prenant un peu de terre détrempée, après qu'il l'eut façonnée, il jeta un souflle, un principe de vie sur cette figure, la plus belle qui eût paru jusque là dans le monde. . . et l'homme se trouva fait
— fait comme on fait une œuvre de grande pensée et de singulière attention — fait par Dieu lui-même, directement et sans intermédiaire — fait âme vivante, comme le dit la sainte Écriture : factiis est liomo in cothnum vivcntcm, et portant sur lui la marque, l'empreinte de qui lavait l'ait : Dvus crcavit Jiomiiiem ad imagiucm s\(((tn, atl hnagiticm Bel crcaint illton. . . Que de noblesse dans son attitude! Pendant que les animaux restent courbés et comme attachés au sol, l'iiomme se tient debout, le front haut, mesurant la terre son domaine présent, ou regardant le ciel son domaine futur. On connaît ces beaux vers du poète latin :
Os homini sublime dédit, cœliini((iic tuer! Jussit, et ercctos ad sidéra tollere vultiis . . .
et la non moins belle traduction du poète français :
Le loi iioiir i|iii sont faits tant de biens firéciciax, L'iiomme, élève son front et retçarde les eienx. . .
«Quel art merveilleux a présidé à la structure de son corps !
(1) Matth. e. vilf, V. y.
Cl) r.KN. e. 1, V. i(>.
(3) Alloqnitnr liic Dens Pater suum Filium, et S|tiiitnm Sanctmn, quasi collei;as snos, ejusdem seciim naluraM>otentiie et oiterationis. Ha Pattes. Coknkl. A Lap. in cap. 1. Gen.