X. — CliKATIOlK l)i: CIKI- KT Dl'', l,A 'l'KIÎIU'; !)l
nature. (r<'St Tadai^o : t(nit ('tre qui cmiacikIi'c protliiit un ètro <(iii lui ressemble selun sa nature : omni' i/ciicrdus jiniducii sl- )iiilcNihi srciiii(lu)i) fomuoii. — J^iuiagc! aililicieile est laressemhlanee de deux clioses, ayant l'une une nature, l'autre une autre. Par exemple : telle toile (jui représente' tel personnage, n'est pas de même nature que ee personnage, c'est pourquoi (Ile est moins : rimaye, que : à l'image de ce personnage. Il m est d(î iiH'me de la pièce de monnaie qui porte la figure du Souverain, du miroir qui prend la vôtre quand vous pas.se/, devant. Clette pièce n'est pas l'image du roi, ni ce miroir la votre, mais ils sont, l'une à l'image du roi, l'autre à la vôtre La préposition à, ainsi que le remarque! saint Thomas, exprijne comme le mouvement d'une chose plus ou moins éloignée qui s'approche d'une autre pour se mouler dessus, et reproduire , non sa nature propre, mais, ou la totalité, ou quel- ((ues-uns seulement de ses traits extérieurs : prccposHio ad si- <j)ii/lcal accession qaemdaMi cjui competit rei distanli {\).
Vous comprenez maintenant ces paroles de nos saints Livres : Faisons l'homme à notre image . . . Et l'homme fut lait à l'image de Dieu. . . Non, mille fois non, nous ne sommes pas l'image de Dieu, son image naturelle : nous ne sommes pas de même nature, il s'en faut ; entre sa nature divine et notre nature humaine, il y a un fossé infranchissable, il y a l'infini. Seul, son Fils unique, son Verbe, son Coéternel, son Gonsubstantiel, son Connaturel, est l'image de Dieu, vraie, parfaite, substantielle : spleiidor ylorise et imago sahslanlia' ejiis (2) . . . Oui, mille fois oui, nous sommes à l'image de Dieu, c'est-ùdire son image artiticielle, son empremte , .sa représentation, l'omme la pièce de monnaie est l'empreinte du souverain, et la toile de l'artiste la représentation du personnage qu'elle poi'te (.'^) . . . Ajouterai-je que nous le .sommes non seulement par notre âme et ses facultés, ce qui est hors de doute, mais liai' notre corps lui-même, ce qui parait plus étonnant ! Kn-
(I) 1. |i. (|. xcui, ;irl. 1.
{H} Hkb.c. I, V. M.
(•3) Imago Del (!sl lu liliii siio |iriiiioi;ciul(i, iil iiniii;i) ri'iiis in lilio sibi coiinaUirali. hi hoinino auliMii siciil in aliéna iiatuia, siciit iiiiaiio ri'i;is in iiiiiii- 1110 argentco. 1. p. q. XOlll, art.
•Oti LE SYMBOLE DES APOTRES
tendons le gi'uve Tertullien nous dii'c : que le jour où Dieu Ht le eorps de rhonime, il avait présent dans Fesprit, comme type, comme' modèle, le corps hii-méiW île Jésus Christ; en telle sorte que Dien ne fit le corps de l'iionimo si noble et si beau, que parce que son Fils unique devait le prendre un jour, (hiodcumqne limus cxprimcbafin', CJirisliis coglUibaluv li(i)H(i /Khina^ il).
Conclusion pratique : Jiespectons ce que Dieu a fait, et si hien fait.
ilespectons notre coi'ps : loin de nos yeux, loin de nos mains, loin de cliacun de nos sens extérieurs, tout ce qui les souillerait.
11 y a un jiéché qui se distingue des autres par un caractèi'e particulièrement déshonorant. Les saintes Ecritures l'apl)elleiit le péché abominable ; saint Paul ne voulait pas même que le nom en fût prononcé dans l'assemblée des fidèles. C'est la première loi du Chrétien d'éviter le péché impur.
ilespectons notre âme qui est la meilleure portion de notre être, notre àme créée immortelle, notre âme qui l'emporte autant sui' le corps qu'elle vivifie, que la perle l'emporte sur l'étui qui la renferme.
lilnfin, puisqu'il faut quitter ce beau sujet, n'ouijlions pas que faits à l'image de Dieu, nous devons la garder, cette image, et la tenir toujours propre, belle, reluisante, jusqu'au jour où il plaira à Dieu de nous la redemander. . .
(I) De resKi'recl. nirii. ('..(>.
Adam et Eve, au paradis terrestre.
Credo iii JJcinii . . . crcdldrciH cd'li ri Irrnr.
.le Ci'ois cil Dieu . . . crénlciii' du ciel cl i\r la Icrrc.
Quai qiiidiMii — loi et (ailla iloiia sii- ;.t'iiiis prolala — facile oiit parofliis ail rKlcliiiin iiistitiitioiiein f\ sacra Ciencsis liisliiiia cK^noscorc.
Cdiccli. Jiiini. ca|i. il.
C'est le Catéchisme Romain qui le dil: Après qu'il aura siiflisaiiimciit exposé ce qui se rapporte à la création de ITiiivers en général, et en particulier à celle de l'homme en tant qu'il appartient à l'ordre naturel, le pasteur instruira son peuple sur l'état heureux dans lequel l'homme fut établi ; les dons considérables d'un ordre plus relevé qui lui furent faits; et à cette lin il consultera utilement les détails qu'en donne Fliistoire de laCenése: (jihi' (inhleni . . . pavochi^ Iticlle cril ad /idcllnni iitsliliilionc»i Ci: s((fr(t (Iciicsis Historia fonnosrt'rc.
Ce conseil est d'un ^laitre. Nous ne pouvons mieux l'aire que de le suivre. Dieu nous aide de sa grâce.. .
Nous l'avons vu dans la précédente Instruction : l'homme avait (H('' ci'im'' directement et immédiatement par Dieu liii-ni( me. Il était sorti de ses mains orné des plus riches dons de la nature, magnifique dans son corps, plus admiralih^ encore dans son àme, et portant en toute sa personne l'empreinte de l'Ouvrier qui l'avait façonné avec une complaisance nianiuée et un art consommé. IMais tandis qu(> fous les autres êtres de la créalion étaient plusieurs d<^ chatpie esi)èci'. riiomme était seul tie
î)4 LK SY.MMOLK DKS Al'OTRES
la sienne, et cela n'était pas bon, ajoute le texte sacré, et Dieu dit: Faisons-lui une compagne qui lui ressemble... Et Dieu ayant envoyé à Adam un sommeil profond, il détacha une de ses côtes pendant qu'il dormait, et de cette portion de son corps il façonna la femme, comme Dieu sait facomier et bâtir: œdi/iravit in muUcroii . . . et la voyant, Adam s'écria dans l'extase de l'admiration: Voici l'os de mes os, la chair de ma chair... tirée de l'homme elle s'appellera d'un nom pris de l'honnne . .. (Test pourquoi l'homme quittera son père et sa inère, pour s'attacher à sa femme, et ils seront deux dans une même chair {[}. Ainsi fut formi'' le second sexe; et remarquez-le liien, je vous prie, il n'est rien de fictif dans le récit sacré, tout y est vrai, c'est dans le sens strictement littéral qu'il faut entendre le fait en lui-même, et les particulai'it(''S qui raccon)i)agnent, il ne convient point d'y substituer le sens allégorique: l'Église a sinon censuré, du moins regardé comme téméraires, ceux qui ont fait cet inutile efîbrt (2). Donc, réel, quoique plein de mystère, le sommeil d'Adam; l'éelie l'extraction d'une partie de sa chair; réelle la formation de la femme de cette portion de chair tirée de l'homme; réelles les j^aroles prononcées par Adam en celte circonstance... et pour peu que vous vous donniez la peine de réfléchir, vous ne serez pas longtemps avant de saisir les j-aisons diverses de ces choses mystérieuses, sans nul doute, mais réelles et véritables. — Il convenait que, dès l'origine première, il n'y eût qu'un seul et unique couple, et que les saintes Écritures le dissent, afin qu'il fût bien établi pour les siècles à venir alors que la terre serait toute peuplée; que tous les hommes étaient sortis du même lierceau, et qsie, quelque langue qu'ils parlassent, à quelque nationalité qu'ils appartins.sent, de quel- ({ue couleur que leur peau fût imprégnée, ils ne faisaient qu'un, et restaient unis, malgré les distance^ de lieux et les variétés de races, par les liens de la plus étroite fraternité. — Il convenait qu'en ce même commencement et dès ce premier point de départ, il n'y eut cju'iin .'-cnl lionune pour une seule
(1) Gen. V. II. v. 2;2. ot sc(|.
(2) Nota contra Cajctaii. jiuii paraliolice lui'c ilici. scd [iroprio, ut soiiaiil. lia (locent Patres. CoRNKi,. A Lai'. in li. 1.
NI. — c.itKATiai! 1)1' r.iiiL i:r Dr: i..\ Ti;i!iii': Or»
tVmine, une seule lemiiic poiif un seul liuiiiuie, et iiiéiiie (|ue la seconde moitié d(î ce couple uiii(iue lïit tirée de la preiniéi'c, la t'enime de riioninie, comme l'os de ses os, la ciiair de sîi chair: afin qu'il lût bien compris par tous et dans tous les temps, que le mariage était un (.-t indissolul)le, (pie C(! que Dieu avait si étroitement coiijninl, pri'sonnc ne le devait disjoiiidi'c, et que, quand, le Paganisme régnant partout, l'ordre divin serait perverti, et la société conjugale, ou bien brisée par le divorce, ou presque anéantie par la ixilygamie, le Fils de Dieu, Jésus Giu'ist, venu en ce monde pour restaurer toutes ciioses. lût autorisé à dire: ]Mais au commencement il n'en était pas ainsi: a priiicipio )toit fiiil sic (h; au commencement Dieu n'a créé qu'un liomme i)Our uiu' seule l'cnmie, qu'une seule femme pour un seid lioinme: masculinn fl fcnihndn crruril cas (2i, alin que tous leslionnnes dérivassent de cette source unique. — Kniiu il convenait que la femme fût tii'ée, ni ûr la tête de l'Iiomme, il n'entrait point dans ses prérogatives, certes, qu'elle fût supérieure à l'homme et qu'elle le dominât ; ni de ses pieds, il était bien entendu que jamais et à aucun |)rix elle ne devait être son esclave: mais de son côté et do- la région la plus proche de son cœur, afin qu'ils comprissent l'un et l'autre ([u'ils étaient égaux pour les droits comme pour les devoirs, et que l'amoui- mutuel, désormais inviolable, devait être la loi de leur union. . . i3'. Que \ous en semble, Chrétiens"? Sont-ils beaux les enseignements lournis par les saintes écritures, dés leur seconde page"? Ou liien comme d'aucuns le pensent, ne sont-ce que pures fables qui ne méritent (jue le mépris"? Ah ! je connais mon auditoire ])aroissial, je sais (ju'il n'y a pas ici de mécréants; mais si i)ar iuq)0ssii)le il y en avait un seul, je le déHei'ais bien, après les explications du texte sacré que je viens de donner, d'accord en cela avec les grands Docteurs de l'Kglise, je le défierais de continuer son rôle de moqueur. . .
Mais ne nous attardons pas. Nous avons une assez longue route à parcourir.
(1) Mattii. c. XIX, V. 0.
Ci) Iljjd.
(;î) Uii.i.
DO LF, SY.MBOLI-: DF.S APOTIÎKS
Adam et Eve étaient créés, faits riin pour l'autre, et conjoints dans un mutuel amour. J)ieu les mit dans un lieu de délicesili. Ce Lieu, la sainte Écriture le mimmo et le décrit; c'était en (.^ffet un vrai paradis sur terre, une sorte d'étape d'une durée |)lus ou moins longue, avant d'arriver à un autre paradis, le paradis du ciel. . . O bonheur incomparable! mais bonheur trop vite évanoui et si loin de nous déjà que nous ne pouvons qu'à grand'peine le comprendre et l'exprimer ! Dans ce lieu fortuné Adam était heureux ; la nature entière lui était soumise, toutes les créatures reconnaissaient son souverain domaine , les animîiux eux-mêmes les plus indomptables venaient déposer à ses pieds leur férocité native : l'homme n'avait-il pas été créé à cette fin : de conmiander en maître aux oiseaux qui volent dans les airs, aux jioissons qui nagent dans les eaux, aux liètes qui marchent ou rampent sur la terre? i2i. . . JMais il y a mille fois mieux encore : cette souveraineté extérieure dont Adam avait la jouissance n'était que comme l'accessoire ; la félicité lui venait encore plus de lui-même qne du dehors. ^lortel par nature, l)arcc que c'est la loi que tout ce qui est matière finisse par se décomposer et périr, il (Hait iunnortel par grâce, dans son corps lui-même (3) : il n'eût connu ni l"aiguillon de la faim, ni le tourment de la soif, ni la lassitude du travail, ni les infirmités provenant des années. . . Kt les ]irérogatives de Tàine étaient encore supé-rieures à celles de la partie matérielle de son être. Qu'il était l)eau le père du genre humain aux jours, trop vite disparus de son intégrité! L'ignorance et les erreurs qu'elle mène à sa suite n'avaient pas plus de prise sur son esprit que la soulïrance et les infirmités sur son corps; des cho.ses de la nature il savait ce qu'il en devait savoir, et de sa fin surnaturelle bien autrement importante à connaître, les moyens qu'il avait à employer pour y atteindre. Son âme, toute parée de grâce sanctifiante, toute pénétrée de vertus infuses, toute pleine des dons du Saint Esprit, il la i^ossédait dans la paix. Los passions, chez nous si tumultueuses et trop souvent enva-
(1) (lEX. C. II.
(ij Gex. ci.
(3) Mortalis crat condiliniic coriioris aiiimalis, et iminortaiis liciielicio Coiiilitorir;. S AucusT. (le Gen. ml lilt.