‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 28 sur 172 · XII. — ET i:n .iKsrs ciiiust I(i · texte numérisé non relu

XII. — ET i:n .iKsrs ciiiust I(i

ilii ))(''cli('- (FAdaiu, en tant qu'il nous est coiiiniuii, ;ï lui^-l à nous. Et ce dépouillement est justement appelé péclié, et il l'est en cflet, soit parce qu'il a été originairement voulu, soit parce qu'il e.st la suite du péché, .soit enfin parce qu'en mettant rinimanitô dans un état si difTérent de celui dans lequel elle avait (''té créée, il est le renversement de tous les des.seins de Dieu. Dieu ne peut nous voir miséraljles comme nous le sommes actuellement, sans avoir présent à la pensée qu'il nous avait faits infiniment meilleurs.

Et maintenant, si nous avons bien compris ce qui précède, à savoii-, que le péché d'origine, tel qu'il est en nous, est le dépouillement d'un état surnaturel, qui ne nous était pas dû en justice, mais que nous devions tenir de la libéralité divine, le mot à dire dans une question qui, certes, ne manque pas d'int('rèt, est trouvé. On s'imagine quelquefois, et on ne manque pas de s'en faire une arme contre la religion : qu'un enfant par exemple, qui meurt sans être baptisé, est condamné au feu do l'enfer. . . C'est absolument faux. Ni l'Église, ni personne dans l'Église, ni Pape, ni Concile, ni Docteur, ni Théologien, ni <Méchiste, ne professe un tel enseignement. Cet enfant ne verra jamais Dieu, il ne le possédera jamais, il est pour toujours exclu du royaume desCieux; c'est beaucoup, certes, c'est beaucoup trop, mais ce n'est pas plus. Le châtiment par le feu n'est point infligé aux enfants non baptisés et morts avec le seul péché originel ; ils sont dans un état de privation, mais exempts de soullVance, parce qu'ils ne sauront jamais à quel bonheur ils étaient destin(''S(l). Un homme qui passerait tout(> sa vie au fond d'une ca-

cst commis, est-ce que la loi civile, iini conriS(iuc ses liicns à celui qui l'a coiuniis, u'eiulépouille jias par cela seul ceux qui naîtront de lui '. Et si nous passons dans un autre ordre d'idées, est-ce qu'il n'y a pas des mahulies hérédilaires?Ilya tel homme qui s'en va lentement, mais sûrement, au lomlicau, par suite d'une inlirniité qu'il tient de son père, qui lui-même la tenait dun de ses ancêtres. Il y a telle famille dont les membres, depuis dix généralions, sont atteints du même vice de constitution et périssent du même mal, parce que le premier engendrant, par tel ou tel désordre, a altéré les sources de la vie. I,a loi de solidarité est universelle, et aussi certaine que mystérieuse. Au ptiysiciue comme au moral, nous sommes ce qu'on nous fait...

(I) Thom. m, p. Siipp. appeiid. i\. i, art. 1. et 2.— Parmi les Théologiens mo-

verne ne s'y trouverait pas malheureux, si on le suppose d'ailleurs ayant tout ce qui est nécessaire à ses besoins, et ne soupçonnant pas même qu'à quelques centaines de pieds au dessus desa tête, il y aune terre habitée, réjouie par la présence d'un astre bienfaisant qui l'éclairé de sa lumière, et l'échaufîe de ses feux...

Terminons par une judicieuse remarque, qu'après l'avoir cité, saint Augustin tire de l'Apologue suivant : Un homme était tombé dans un puits . . . Son ami le voyant plongé dans l'eau et près d'y être suffoqué : Comment, lui cria-t-il, êtes-vous tombé ici? Ne deviez-vous pas marcher avec plus de circonspection? Pourquoi . . . Assez, assez, répliqua l'autre ; tirez-moi d'abord d'où je suis, nous verrons ensuite comment j'y suis tombé . . . Il en est de même, quant au sujet qui nous occupe. L'important n'est pas de rechercher curieusement ce qu'est le péché originel en lui-même, et par quel mode de transmission il nous est devenu propre ; mais bien de savoir qu'il est, et comment dans sa miséricordieuse bonté Dieu nous a tirés de cet abîme (1). Nous le verrons dans la prochaine Instruction et dans les suivantes . ..

ilernes, Mgr Gousset est un de ceux qui ont le mieux expliqué ce point de doctrine. Théol. Do(jm. t. "1, p. 96.

(1) Cuni quidam ruisset inputeum .. . accessit alius, et eo viso, admirans, ait : quomodo hùc cecidisti ? Atille : obsecro, inquit, cogita quomodo hincme libères, non quomodo hùc ceciderim quœras . . . Ita, quoniam fatemur et fide catholica tenenius, de reatu peccati tanquani de puteo, etiani parvuli infanlis nnimani Christ! gratia liberandam, satis est quomodo salva fiat novimus, ctianisi nunquam quomodo in nialum istud devenerit, noverimus. Epist. 2i), (1(1. S. Ilieroniini.

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