‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 34 sur 172 · XIV. — NOTRK SKIGNKll; t · texte numérisé non relu

XIV. — NOTRK SKIGNKll; t

siarque fameux, l'impie Nestorius, propagea par ses discours et par ses écrits l'erreur monstrueuse qui lui doit son nom, et qui, mises ù part les subtilités dont il l'enveloppait, réduisait Jésus Christà n'être plus qu'un homme divin, un simple envoyé de Dieu, inspiré par un autre esprit que le sien propre, mù au commandement et à la volonté d'un autre que lui-même, l'Église tout entière fut prise d'une sainte indignation , deux cents évèques se réunirent dans la grande ville d'Ephèse, sous la présidence des Légats du Pape, et déclarèrent, en douze Articles à jamais célèbres, que Jésus Christ est plus qu'un liomme de Dieu, mais ce qui est substantiellement dilférent : un Homme-Dieu, c'est-à-dire, un homme qui est Dieu et homme tout ensemble en unité de personne (1).

Et remarquez l)ien ; car cette vérité, quoique indiquée déjà, a besoin d'être mise encore plus en lumière : En Jésus Christ, la personne unique, c'est la personne même du Fils de Dieu, et non une personne nouvelle résultant de l'union, si étroite soitelle, de la nature divine et de la nature humaine. Une personne divine ne peut abdiquer, pour entrer dans un composé quelconque dont elle ne serait plus qu'une partie. Là où elle est, il est nécessaire qu'elle reste tout ce qu'elle est. C'est donc la personnalité divine, qu'en se faisant homme, le Fils de Dieu a gardée, parce qu'il ne peut ni ne doit la perdre, qui régit la nature humaine, la gouverne, lui sert de suppôt, l'élève à une hauteur incomparable, et lui confère une dignité comme infinie (2).

Oh ! qu'il est beau, qu'il est grand, le mystère du Fils de Dieu fait homme ! Et béni soit Dieu, qui, l'ayant tenu couvert d'un voile pendant tant de siècles, nous l'a montré dans un jour plus net, à nous qui vivons sous la loi de grâce (3)... surtout si nous faisons attention, comme nous en avons le devoir, aux conséquences qui en découlent ; conséquences si admirables, que je necrains pas de dire qu'il n'en est point de plus propres à intéresser notre foi.

(1) UoHRr.ACHEii, llisl. lie riùjl. liv. 'M.

Cil) Voir sur ce point de (loctriiic : Viln Ji'sii CJirisll do I.iDOi.PllK I.K r.llAlt- TREU.x . Ici, comme diiiis (oui cfî bel oiivnigr, le moine saxon se nionhe théologien consommé.

(3) CoLOSS. c. I, V. -2(;.

La première: Que, puisqu'en Jésus Christ il va deux natures distinctes, mais une seule personne, et que cette personne uni- ([ue est la personne propre du Fils de Dieu, ce n'est pas une exagération de langage, ni du mysticisme portant à faux, mais une vérité certaine, se déduisant rationnellement de principes certains, à savoir : qu'un Dieu est né enfant, qu'un Dieu a grandi avec le progrès de l'âge, qu'un Dieu a senti la faim, la soif, la lassitude, la tristesse, l'ennui, le dégoût, qu'un Dieu a pleuré sur sa patrie terrestre, qu'un Dieu a souffert, qu'un Dieu a été crucifié, qu'un Dieu est mort, qu'un Dieu est ressuscité, qu'un Dieu est monté au ciel : toutes ciioses dans l'Évangile qui sont dites de Jésus Christ, à la vérité selon la nature humaine, mais de Jésus Christ, pourtant personne unique, et personne unique divine, bien qu'en deux natures distinctes.

La seconde : Que nous devons rendre un culte suprême d'adoration, non seulement à la divinité de Notre Seigneur, mais encore à sa sainte humanité elle-même ; toujours pour la même raison : qu'en Jésus Christ, indissolublement unies quoique distinctes, la divinité et l'humanité ne sont qu'une seule et unique personne, laquelle étant personne divine, est tout adorable. C'est pourquoi nous adorons le très Sacré Coeur de N. S. Ce culte n'est pas une nouveauté, certes ; ce qu'il y a de nouveau ici, c'est l'hérésie jansénienne qui aurait voulu en déposséder le monde chrétien.

La troisième: Que la sainte Eucharistie qui est proprement le corps de Notre Seigneur, Corpus Domini, est très théologiqueinent et très légitimement définie : Le Sacrementdu corps et du sang, de l'àme, de la divinité de Jésus Christ ; parce que là où est le Corps de Jésus Christ là est .son sang, là où sont le corps et le sang de Jésus Christ là est .son ànie, autrement dit, là est toute son humanité ; et parce que les deux natures, divine et Immaine, .sont indissolublement unies en unité de personne, là où est la .sainte humanité de Jésus Christ là est sa divinité. C'est donc tout Jésus Christ, son corps, son .sang, son âme, sa divinité que nous recevons dans le Sacrement, et la parole d'un ancien Père est justifiée : Par la Communion nous sommes ri' ches de tout Dieu.

La quatrième : Que Marie est véritablement et dans le sens

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