‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 35 sur 172 · XIV. — NOTRE SKrCNEUR · texte numérisé non relu

XIV. — NOTRE SKrCNEUR

.ibsolu du mot: Mère de Dieu, Deipara... mais cette vérité est trop considérable pour ne figurer qu'accidentellement. Il faut ici de plus amples développements, qui trouveront naturellement leur place dans une autre Instruction.

En attendant, faisons vaillamment et du meilleur de notre cœur un acte de foi à Jésus Ciirist, mais un acte de foi qui le comprenne tout entier : Dieu parfait, homme parfait, et personne unique. Un jour qu'il était sur les confins de Césarée de Philippe, Notre Seigneur s'adressant à ses apôtres : Que pensent les hommes du Fils de l'homme? leur demanda-t-il. — Ils répondirent : Les uns disent que vous êtes Jean-Baptiste, les autres Klie, ceux-ci Jérémie, ceux-là quelqu'autre des anciens prophètes... Et Jésus reprenant: Mais vous, qui dites-vous que je suis. — Vous, Seigneur, s'écrie Simon Pierre, vous êtes le Christ, le Messie promis à nos pères, le Fils du Dieu vivant (1). . . Que <^ette foi soit la nôtre, et qu'elle se manifeste avec la même intrépidité, surtout en un temps comme celui-ci, où les plus monstrueuses doctrines ne tendent qu'à amoindrir Jésus Christ, à le morceler, à ne faire de lui, en rajeunissant les formules vieillies de l'hérésie nestorienne, qu'un pur homme, et un simple <!nvoyé de Dieu... Nous aurons, au cours de notre vie, confessé .lésus Christ liautement et selon tout ce qu'il est; à son tour, le temps venu des grandes manifestations, il nous reconnaîtra pour siens devant son Père (2). Il n'est point de récompense plus i)elle et plus enviable. . .

fl) Matth. c. .\vi.

(2) Matth. c. X, V. 32.

QU1NZIÊ.MI-: l'HOXK La conception de Jésus Christ. Maternité divine de Marie. Qui coHcepfiis l'.st (le SpiritK Sando.

Qui a ùté (•oiiçu du Saint Esprit.

IJt pilmum ciim corpore anima cinijimctafiiit, i])saetiam ilivinitas cunicorjtore et anima copulata est... Ex quo fit, ut oodem temporis puncto, pcrfectus Oeus et peifeclus honio esset, etViri^o Saiicti.ssima vere et propi'ie mater Dei et hominis diceretur, quod eodem moniento Deiim et liominem coiicepisset.

Catecli. Rom. cap. -i .

Afin qu'elles soient encofe plus solidement établies et mieux comprises, et non moins pour que la maternité divine de la très Sainte Vierge, que nous avons particulièrement en vue, .s'en déduise avec plus de clarté, le sujet le veut: nous allons reprendre, sinon dans les mômes termes, du moins substantiellement, plusieurs des vérités déjà énoncées dans la préci''dente Instruction. Dieu nous aide de sa grâce...

l^^t d'abord, nous croyons et prol'essons . que le Fils éternel de Dieu, étant écoulés les temps prédits par les Prophètes, s'est fait homme, et que, demeurant ce qu'il ne peut cesser d'être : l'égal de Dieu, et Dieu lui-même, il est devenu ce qu'il n'était pas : l'Emmanuel, le Dieu avec nous, homme comme nous, riIomme-Dieu.

Secondement nous croyons et professons : que ce Fils de Dieu fait homme a été conçu dans le sein de la Bienheureuse

12() LE SYMUÔLI': DKS A1H)TRES

Vierge Marie, sans nul concours liuniain, par ropération du Saint Esprit, ainsi que l'Évangile le dit et l'Église l'enseigne, avec cette réserve pourtant, qui est de droit pour toutes les œuvres extérieures de Dieu, mais plus particulièrement encore pour celle-ci: que les deux autres personnes de la très Sainte Trinité ont travaillé à ce bel ouvrage.

Troisièmement, nous croyons et professons : que cette Conception opérée par le Saint Esprit conjointement avec les deux autres personnes divines , surhumaine quant à son principe actif, a été naturelle dans ses effets (1), c'est-à-dire très réelle, très véritable, en ce sens : que le corps de Notre Seigneur a été, non apparent seulement, non un semblant de corps, comme l'ont i^rétcndu certains hérétiques des premiers siècles, mais un vrai corps humain, fait de la femme et formé du plus pur de son sang ; que l'âme créée pour animer ce corps, a été une vraie âme humaine, plus parfaite mille fois que la nôtre , mais de même nature que la nôtre ... et le mot du Symbole do saint Athanase est d'une exactitude théologique rigoureuse : Dieu parfait, et homme parfait, tel était Jeisus Christ (2).

Quatrièmement, nous croyons et professons : que ce corps et cette âme au moment strictement premier de leur formation et de leur union, le Verbe éternel de Dieu, la seconde personne de la Sainte Trinité, se les est appropriés, de telle sorte qu'en Jésus Christ la nature humaine n'a pas eu, ni pu avoir, en aucun temps, de personnalité propre (3). Ce qui revient à dire, qu'eu .Jésus Christ la nature divine et la nature humaine, quoique distinctes avant l'union, et restant encore distinctes après l'union, et chacune conservant ses propriétés respectives, n'ont qu'un même suppôt, et ne forment qu'une seule personne, le suppôt et la personne du Fils de Dieu.

Cinquièmement enfin — et c'est sur ce point que je veux m'étendre un peu plus — nous croyons et professons : que la très

(1) S. Thom. III p. q. XXXIII , ail. A.

(2) Sijinb. QuicHinquc.

(3) Non prtpextitil iil qiiod est hoiniuis, quasi per .se subsistens, anlcquain susciperetur a Yerbo. S. Thom. III p. q. xxxin, art. 3. — Ncc antc, nec po.sl Incaniationem, vel uno Icrnporis instanti, suppoiii aut concipi potest huinanitas Christi existens nisi in persona Verbl. Perrone, t. 1, p. 1050.

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