XV. — QUI A ÉTÉ CONCK 1)1' SAf.NT KSIMUT
Sainte Vierge Marie est véritablement, au sens strict et rigoureux du mot, la Mère de Dieu... Les saintes Ecritures le disent, rp^glise l'enseigne, la raison tliéologique le démontre.
Les saintes Écritures le disent — Vous y entendez les paroles du l'archange Ciabriel à Mario : Voici que vous concevrez dans votre sein, et que vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus ; il sera grand, et on l'appellera le Fils du Très- Haut (1). — Saint Paul vous y apparaît écrivant aux (ialates : La plénitude des temps étant venue. Dieu a envoyé son Fils fait de la femme, fait sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi (2).
L'Église l'enseigne — par lunanimité de ses Docteurs ; les plus considérables d'entr'eux et les plus autorisés en cette matière .sont les premiers à défendre le gloi'ieux privilège de Marie : Opfu)n et sdjjicntitmiini qiiiqiie Patres, quotquot antc nos extilcridil onDies Sacrum Viryinon DeiiJarayn appcllunt (S) — par ses professions de foi, les unes plus concises, les autres plus étendues, toutes explicites sur ce point capital : .le crois en Jésus Christ. Fils unique de Dieu, Notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie. . . c'est le Symbole des Apôtres ; Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, Fils unique de Dieu, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu. . . qui, pour nous autres hommes, et ])our notre salut, est descendu des Gieux. a été incarné par le Saint Esprit dans le sein delà Vierge Marie, et a été fait homme. . . . C'est le Symbole de Nicée. — Et ({uand, au cinquième siècle, l'impie Nestorius se mit, dans ses discours et ses éci'its, à ne faire de Jésus qu'un homme, et de Marie que la mère d'un homme, des douze anathèmcs que le Concile d'Ephèse fulmina contre l'hérésiarque, le premier fut celui-ci : Si quelqu'un ne confesse pas que Jésus Christ est vrai Dieu, et conséquemment que la Bienheureuse Vierge est Mère de Dieu, puisqu'elle a enfanté .selon la chair, le Verbe de Dieu fait chair. . . qu'il soit anathème (4i.
(1) LL'C. C. I, V. oi.
(2) G.\L. c. IV, V. .i.
(3) S. Cyuii.le ii'ÂLEXANDRiF, (le vc7-a plie.
{i) Aiuul TiKiM. Itl p. q. xxxiv, art. 4 : 8ed con(i-a est etc.
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Enfin, la raison tliéologique le démontre, c'est-à-dire la raison qui tire ses conclusions de principes certains fournis par la foi. Soyez attentifs, je vous prie. Quand un homme naît, ce n'est pas le corps seul, qui naît, ni l'âme seule non plus, c'est le tout, c'est le composé de corps et d'âme, c'est la personne qui nait (i). Semblahlement, lorsque Jésus Christ nait, ce ii'est pas le corps seul qui naît, ni l'âme non plus, encore moins la divinité ; c'est le tout qui nait ; c'est le Fils de Dieu fait homme qui naît; c'est une per.sonne divine qui naît, en tant que conjointe à la nature humaine, mais sans perdre, ne l'oublions pas , sa personnahté propre.
Et maintenant, de cette vérité fondamentale, contenue dans les .saintes Écritures, enseignée par l'Eglise, démontrée par la raison elle-même, voyez les magnifiques conséquences qui découlent comme de source : conséquences que je serais bien fâché d'omettre, parce qu'elles serviront à éclairer votre piété, et à donner le mot de réponse à tous ceux qui n'entendent rien au culte que nous rendons à Marie, ou .seraient tentés de nous taxer d'exagération.
Marie est Mère de Dieu : donc elle est la Reine des Anges, des hommes et du monde entier.
Marie est Mère de Dieu : donc elle est, comme l'appelle l'Église, la cause de notre joie, la vraie porte du ciel, et après Jésus Christ, c'est le mot de saint Bernard, toute la raison de notre espérance (2).
Marie est Mère de Dieu : donc elle est la créature la plus grande, la plus sainte, la plus élevée en gloire et en honneur qui ait été, ou sera jamais. Entendez les Docteurs : Après être Dieu, dit Albert le Grand, il n'est rien tel que d'être mère de Dieu : Immédiate post esse Deum est esse niatrem Dei. La très Sainte "Vierge, ajoute le Docteur angélique, saint Thomas, par cela seul qu'elle est mère de Dieu, possède une dignité en quelque sorte infinie, à cause du bien infini auquel elle est unie, et sous ce i-apport elle ne peut être élevée à une dignité plus haute : Beata Vir(jo, ex hoc quocl est Mater Dei, bail) S. Thom. Nativitas hypostasis est, non natiirte. III p. q. xxxv. art. 1. et 4. (2) Tota ratio spei nostne.