PLAT. — LE SYMB. DES AP
jamais faire assez pour Marie, quelque chose que nous fassions, ni dire assez en son honneur, quelque chose que nous disions : Dp Maria ntruquam salis.
Un jour, lisons-nous au livre d'Esther, le roi Assuérus voulant honorer un de ses sujets qui lui avait sauvé la vie, demanda ce qu'il fallait faire à celui que le Fîoi se proposait d'honorer d'une manière particulière. On lui réi)ondit : 11 faut le revêtir des habits du roi, le taire monter sur son cheval, et mettre sur sa tète le diadème royal ; puis ensuite le plus grand parmi les personnages de la Cour, tenant les brides du cheval, parcourra les rues de la ville en criant : Ainsi sera honoré celui que le roi veut honorer i\) . . . Marie est dans ce cas : elle a donné le jour au Sauveur; quelle sera sa récompense? Que faire pour honorer celle qui a joui d'un degré de parenté si intime avec le Très-Haut '.' Quels hommages rendre à celle que le Seigneur a faite, non pas seulement son amie, ni sa confidente, mais sa supérieure, la source de sa seconde existence, sa propre mère? La réponse faite au roi est la seule qui convienne. Il n'y a rien de trop grand pour celle à qui Dieu doit la vie : il n'y a aucun excès de grâces ni de gloire qui ne soit la juste récompense de la femme sans égale qui, après avoir porté le Seigneur dans son sein, lui a donné le jour. Qu'elle soit revêtue des habits du roi, c'est-à-dire, que la plénitude de la Divinité l'environne, afin qu'elle devienne l'emblème de la sainteté, de la beauté, de la gloire intraduisil)le de Dieu lui-même ; qu'on lui mette le diadème royal sur la tète, parce qu'(^lle est la reine du ciel, la mère de lous les vivants, le salut des faibles, le refuge des pécheurs, la consolation des affligés ; que les seigneurs qui sont auprès du roi marchent devant elle, c'està-dire, que les anges, les prophètes, les apôtres et tous les saints baisent le bas de sa robe, et se réjouissent à l'ombre de son trône. — C'est ainsi que le roi Salomon s'est levé pour aller à la rencontre de sa mère, qu'il s'est incliné devant elle, qu'il a fait apportei- un siège pour elle <'t l'a invitée à s'asseoir à sa <lroite : Vciiit BelJixnbec ad r^yoti Sdlomimrm . . . et siirrexit
il) ESTII. c. VI.
XV, — QUI A KTÉ c(>N(.:l; ul' saint ksfrit 131
Jiex in occursum cjus, adoravitque eam, et sedit super thonuni suum, posituaque est Ihonua matrl ej)(s quse sedit ad dextcram cjus (1). . .
L'Église pourrait-elle vouloir l'aire moins pour Marie, qu'Assuérus pour Mardochée, et que Salomoii pour sa nifjre ?
(1) III Reg. II C.V. !'■).— Voir Newmann, (jonférences ans protestants et aux catholiques, p. 4^4-425.