SEIZIEME PRONE
La naissance de Jésus Christ.
Et in Jesum Christum . . . qui ntUus est de Marin.
Et en Jésus Christ . . . qui est, né de Marie.
Hujus mvslerii fides qu<aiita cum li-vtitia (ît jucumlitate aiiimi meditanda sit, Antçeli voxciiiiprinnisfelicissimumniintium niimdo attiilit déclarât; iiiquit^eiiim; Ecce evaniffdizi» vobis j^audiuiii inagiiuiii. c\r.
daterh. Hoiii. ca|i. i.
Nous célébrons aujourd'hui la sainte fête de Noél. A l'exemple de l'Anije, et me .servant de ses paroles : voici que je vous annonce une nouvelle, qui sera ponr tout le peuple un grand sujet de joie : c'est qu'il vous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur Dieu : Ecce evtingeUzo vobis f/aii- «linm inar/tnon, qiiod evit omni populo : quia natus est vobis fiodie Salvator, qui est Christus Dominus (1 ) . . . Et parce qu'en ce jour, plus qu'en aucun autre peut-être, ini long préambule serait hors de saison, j'énonce sans tarder tout mon dessein: Il est né de qui il devait naître — 11 est né au temps où il devait naître — Il est né au lieu où il devait naître — Il est né de la manière dont il devait naitre. Dieu nous aide de sa grâce ! .. .
Vous ne l'ignorez déjà plus, ou, si momentanément vous laviez ouiilié, le moindre effort suftirait à vous le remettre en
(I) Luc. c. Il, V. 10. 13»
mémoire: qu'au jour même de leur déchéance, qui fut aussi la nôtre, nos premiers parents avaient reçu la promesse d'un Libérateur. Mais d'où devait-il sortir, ce Libérateur promis? De qui tirerait-il son origine? La première annonce le dit: d'une femme; conséquemment de la race humaine elle-même : Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, avait dit le Seigneur au tentateur, entre ta race et la sienne, et elle t'écrasera la tète — par Celui qui naîtra d'elle (1) — ... Mais, dans la racehumaine. de quel peuple? La seconde annonce le dit: du peuple dont Abraham porte la semence dans ses flancs: En lui, c'est-à-dire en quelqu'un de son sang, seront bénies toutes les nations de de la terre (2). . . Mais, dans le peuple sorti des flancs d'Abraham, de quelle tribu? La troisième annonce le dit parla bouche inspirée de Jacob mourant : ce sera de la tribu de Juda, ainsi nommée de Juda le quatrième fils du patriarche (3) .. . Mais, dans cette quatrième tribu qui est celle de Juda, de quelle famille? Une dernière annonce le dit: de la famille de Jessé, père de David: Un rejeton sortira de la tige de Jessé, et une fleur s'élèvera de sa racine, et l'esprit du Seigneur reposera sur lui (4) . . . Quelle vue ! Quel magnifique ensemble ! Un grand cercle d'abord : la race humaine entière; puis un cercle moindre: un peuple tirée de la masse des nations et misa part; puis un cercle encore moindre : une tribu prise dans ce peuple et choisie de préférence; puis un quatrième cercle concentrique toujours moindre: une famille unique, du sein de laquelle sortira le Désiré des Nations.
Et maintenant, passez de la promesse au promis, de la prédiction au prédit, des temps anciens aux temps nouveaux, de la Genèse dans l'Évangile, des Prophètes qui voient de loin aux bergers et autres adorateurs qui voient de près : regardez, comparez, confrontez. Est-il fils de la femime, est^il de la race humaine, ce Jésus dont nous saluons la naissance ? Est-il des nôtres, homme comme nous, à la seule exception du péché?
(l) Gen. c. m, V. 15. — Voir Bossuet sur la concordance des deux Versions. 1>* Elév. 8™^ sem .
(i) Ibid. c. xxvm, v. 13 — Gai. c. iri, v. 16. (3) Gen. c. ixl, v. 10.
(■i) Isa. c. XI, V, I.
xvr.
OUI EST NÉ 1)K MARIE ISf
En doutez- vous'? . . Les premières larmes qu'il \erse, les vagissements qu'il pousse, les langes qui Tenveloppent, l'étable qui l'abrite, la mangeoire d'animaux qui le reçoit, le froid qui !<• dévore, les tiAdos iialeines du bœuf et de l'âne qui le réchauffent, toutes ces choses ne vous suffisent-elle pas'.' . . . Mais s'il ^-st, comme nous, fils de la femme, comme nous, de la race humaine : est-il, ainsi que l'ont dit les prophètes, de la famille royale de David, et par la famille royale de David, de la tribu princesse de Juda, et par la tribu princesse de Juda, du peuple <lont Abraham est le père'? N'attendons pas qu'il grandisse et parcoure les campagnes de Judée; n'attendons pas que la Chananéenne, vienne se jeter à ses pieds et lui dise : Fils de David, ayez pitié de moi (1), ou que les foules enthousiastes tapissent de rameaux verts les rues de Jérusalem en criant : Hosanna au Fils de David (2). Non, restons à la première page de l'Évangile, ■et en cette première page, au premier mot: Libe?' generatùmis Jesu. Christi, filii David, filii Ahrahse : Livre de la généalogie de Jésus Christ,, fils de David, fils d'Abraham. Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères ... Et la suite que je vous épargne, ou plutôt que je résume avec l'Évangéliste lui-même : d'Abraham à David, quatorze générations ; de David jusqu'à la captivité de Babylone, encore quatorze générations ; de la captivité de Babylone ju.squ'à Jésus Christ, fils de Marie, laquelle est épouse de Joseph, l'un et l'autre de la tribu de Juda, et de la famille de David, semblablement quatorze générations (3) ... Il n'en faut pas davantage, la preuve est faite, et la première vérité reste acquise : Jésus Christ est né de qui il devait naître.
Nous passons à la seconde : Jésus Christ est né au temps où il devait naître.
Ces temps avaient été prédits. Puisque le sujet le demande, répétons ce que nous avons dit déjà, en y ajoutant un peu de chronologie. Nous sommes en l'an du monde '2,315 ; 232 ans se sont écoulés depuis la mort d'Abraham, et 127 depuis celle d'I-
dl MATTH. C. XV.
{t) MATTH. C. XXI.
(;{) Matth. ci.
saac. Petit-fils du premier, fils du second, Jacob voit venir la fin de sa longue carrière ; la sentant proche, il appelle à lui ses douze fils, et, dans un esprit prophétique, il annonce à chacun ce qui doit arriver en la tribu dont il sera le père. Vient le tour de .luda ; des douze rejetons du patriarche, c'est le quatrième : Juda, lui dit le saint vieillard, vos frères vous loueront, votre main s'appesantira sur la tète de vos ennemis, le sceptre ne sera point ôté de votre tribu, ni la principauté ne sortira de votre Maison, jusqu'à ce que vienne Celui qui doit être envoyé, et qui sera l'attente des Nations: Donecveniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentimn (1). Est-ce assez clair? Le Rédempteur est désigné par un nom qu'il ne perdra plus désormais : Il est celui qui sera envoyé, qui mittendus est, autrement dit le Messie ; tous les peuples soupireront après sa venue, erit expectatio genfiion : et cet avènement se fera, ni plus tôt ni plus tard, au temps où la triliu de luda, des douze tribus la plus puissante et la seule restée fidèle, aui'a perdu le sceptre, qui passera aux mains d'un étranger.
Mais continuons encore. Les temps s'écoulent. Depuis la prédiction de Jacob, 1,119 ans ont passé. Au sein du peuple Juif, dépositaire des promesses, mais à cette heure captif à Babylone, il y a un A'oyant, c'est le dernier des grands Prophètes, Daniel. Daniel est en prière ; et voici qu'un Envoyé du Seigneur, qui a pris forme humaine s'approche de lui et le touche, c'est l'ange Gabriel : Sois donc attentif à ma parole, dit l'ange à l'homme de Dieu, et comprends la Vision : Encore 70 semaines d'années — pour déterminer les grandes époques, les Juifs comptaient par semaines d'années — donc, encore 70 semaines d'années, ù partir de l'ordre 'qui sera donné pour la reconstruction de Jérusalem : et la prévarication sera abolie, et le péché prendra fin, et l'iniquité sera expiée, et la justice éterîielle viendra sur la terre, et toutes les prophéties seront accomplies, et le Saint des Saints recevra l'onction. . . L'Ange continuant : Donc, lor.sque (39 semaines seront écoulées, vers le milieu de la suivante, qui .sera la dernière, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui le reniera ne sera plus son peuple, et