‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 4 sur 172 · II. — JE CROIS · texte numérisé non relu

II. — JE CROIS

à raison du motif qui la détermine, si elle est défectueuse sur un point, elle est défectueuse de tout point (1).

La quatrième conclusion est non moins légitime, et plus pratique encore . La foi étant une vraie conviction , basée qu'elle est sur la souveraine autorité de Dieu , il est nécessaire qu'elle se produise au dehors. Le pasteur, dit celui qui nous servira de guide dans tout le cours de ces instructions, le pasteur enseignera que tout fidèle qui dit : Je crois, exprimant par ce mot l'assentiment intime de son esprit, qui est l'acte intérieur de la foi, est obligé de professer hautement, et de manifester avec joie devant tout le monde cette foi qui est dans son cœur : Docebit parochus eum qui dicit Credo, dehert! id, quod anima incli(.si(m habet, aperla fidei professione prœ se ferre, sitnunaque alacritate palam fateri et prsedicare (2). Le Catéchisme Romain a rai.son. Une conviction ne saurait demeurer secrète, autrement ce ne serait plus une conviction. J'ai cru, disait le prophète royal, mais je ne m'en suis pas tenu là, je n'ai point cherché à déguiser mes sentiments et ma foi, je n'ai point eu peur qu'on en fût instruit et qu'on les connût ; mais dans la persuasion où je suis que je devais cet hommage à la vérité, et cette n^connaissance aux bienfaits du Maître que je sors, je m'en suis expliqué clairement et en toute occasion. J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé : Credidi, propter quod locutus sum (3).

Mais les actes valent mieux que les paroles; celles-ci émeuvent, ceux-là entraînent. Au rapport d'un de leurs Apologistes, les premiers chrétiens ne donnaient pas d'autres preuves de leur foi, que la sainteté de leur vie : Jugez, disaient-ils aux païens, de la vérité de nos croyances par la pureté de nos mœurs. On ne voit parmi nous ni blasphémateurs, ni calomniateurs, ni intempérants. Nous ne retenons le salaire de personne ; loin de

(1) Voir s. TiiOM. 11-11, ([. V, arl 3.

(2) Calpcli. Rom. (-.3.

(3) PsAl,. cxv. — Qu'on relise, ou ne saurait le faire Uop souvent, railniirable Encyclique sapienti.e chuistiak/E, de notre grand Pape LÉO.N XIII, sur les devoirs des ("atlioliques au temps présent, et surtout le paragraphe III, où il est plus particulièreineiil traité du devoir qui incombe aux Catholiques, de sau- \e^arder, de l'orlilier leur foi, de la professer ouvcrtemeni et de la défendre.

Ili l.K SV.MBOLK UKS APoTiiKS

ravir le bien d'aiilrui, nous donnons le notre propre ; nous pensons si peu à venger les injures qui nous sont faites, que nous prions même pour ceux qui nous les font; nous sommes sitiétacliés des plaisirs trompeurs de la vie, que nous faisons par une pénitence continuelle une sorte d'apprentissage de la mort (i) . . . Ainsi parlaient, ainsi faisaient nos pères, dans cette iDremière vigueur des mœurs chrétiennes. Leur meilieui' plaidoyer était cette vie irréprochable que le monde païen se voyait forcé d'admirer.

Puissions-nous, comme eux, avoir une foi Inébranlable, une foi vivante et agissante ; afin qu'après avoir été fermes dans la croyance et généreux dans l'action, nous obtenions la vie éternelle, qui est la récompense des œuvres snnctifiées par la foi . . ,

il) S. Justin.

TROISIÈME PRONE L'existence de Dieu, son unité, ses perfections.

Credo in Deiim.

Je crois en Dieu.

Recte igitur luleles primo se in Dcimi crcderc profileiitur.

Calecli. Rom. c. '1.

Laissons à iréniinents Théologiens, le soin d'établir des distinctions entre ces diverses manières de parler: croire Dien, croire à Dieu, croire en Dieu. Qu'ils disent avec l'autorité qui leur appartient : que croire Dieu, c'est reconnaître qu'il existe ; que croire à Dieu, c'est ajouter foi à sa parole ; que croire en Dieu, c'est l'envisager comme souverain bien, et aller à lui non moins par la charité que par la foi. Pour nous, il nous i'onvient de suivre le sentier battu, et à cette question : qu'estce que croire en Dieu ? de répondre avec le Catéchisme : c'est tenir pour certain et assuré, qu'il y a un Dieu, et qu'il n'y en u qu'un seul. C'est ce que nous allons exposer ; à quoi nous ajouterons, autant que notre faillie intelligence le peut comprendre, et qu'il est donné au langage humain de le dire : ce qu'il est, ce Dieu unique. Qu'il daigne nous aider de sa grâce.

Les saintes Écritures l'alTn'nKMit, tous les peuples l'ont cru, la raison elle-même le (.lémontre : Il y a un Dieu.

Les saintes Écritures l'anirmcnt, de la première page à la dernière, un nombre incalculal)lo de fois, soit qu'elles le désignent, cet Être des êtres, par des noms qui ne conviennent

l'I.AT. — 1.E SVMD. — -2. 17

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qu'à lui, soit qu'elles le fassent parler et agir. L'existence de Dieu est une vérité révélée.

Tous les peuples l'ont cru, sans aucune exception, peuples anciens et peuples modernes, peuples civilisés et peuples bai'bares. On a vu, dit Plutarque, des villes sans fortifications, sans lettres, sans magistrature régulière, sans propriété de biens, .sans l'usage de la monnaie, et dans une ignorance absolue des beaux-arts ; mais un peuple sans Dieu, sans prières, sans autels, sans rites religieux, nul n'en vit jamais ... L'existence de Dieu est une vérité attestée par le témoignage traditionnel de l'Humanité.

Enfm, l'esprit humain, même laissé à ses propres ressources, le démontre par les arguments les plus solides, les plus con- \aincants, à la vérité inégalement accessibles à toutes les intelligences, mais en si grand nombre, et présentés avec tant d'autorité par les plus éminents génies, qu'un homme raisonnable ne peut, sans abdiquer sa raison elle-même, rejeter une vérité comme celle-ci, c'est-à-dire une vérité qui est excellemment une vérité de raison.

Nous nous bornerons à ce simple énoncé. La nécessité ne nous apparaît point d'entrer dans de longs développements. Tout le monde croit en Dieu, le juste le bénit, le coupable le craint, la prospérité lui rend grâces, l'affliction crie vers lui et implore son secours. Il n'est pas une circonstance dans la vie où Dieu ne soit nomm '>. Que s'il y a des liommes, à note discordante dans ce concert universel, ils sont rares et ne comptent pas ; pas plus que ne comptent ces êtres exceptionnels dont les défectuosités et les monstruosités de nature contrastent si violemment avec la beauté correcte des autres êtres du même ordre. De plus, la sainte Écriture nous apprend que ce .sont des coeurs gâtés (l), et parce qu'ils veulent rester mécliants ils ne voudraient pas qu'il y eût une vérité éternelle, ni une justice souveraine, qui punît les méchants : diim esse volunl mali nolimt esse veritatem qua damnantnr mail (2) ; Tenez pour

(l)N(iliiit intelligere, ut bciie ageret. l'sAi,. xxxv Dixit iiisipiens in corde suoi Non est Deus. Psal. xiii (2) S. AucrsT. in Joaiin. liact. UO.

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