‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 5 sur 172 · III. — .]K CnOJS EX DIEf If · texte numérisé non relu

III. — .]K CnOJS EX DIEf If

certain, que telle est la raison de leur négation audacieuse. Ils nient Dieu parce qu'ils auraient intérêt à ce qu'il n'y en eût point. La perversité du cœur humain va jusque là.

Il y a donc un Dieu. Et ce Dieu est unique ; autre vérité démontrée, elle aussi, par la raison, attestée par le témoignage des peuples, enseignée par les Écritures.

La raison la démontre: imaginez un Être souvcraincmenf grand : n'est-il pas évident qu'il ne l'est en effets qu'autanl qu'il est seul à l'être ? 11 y a un autre attriljut divin qui, à raison du mot lui-même qui l'exprime^ offre un argument plus facile encore à saisir : la toute-puissance. Qn'on suppose donc deux êtres également puissants, n'est-il pas plus clair que le joui', que ni l'un ni l'autre n'aura la toute-puissance?

Tous les peuples l'attestent : je ne parle pas du peuplr .fuif, qui conserva toujouis intacte et sans mélange la foi en un Dieu unique ; mais des nations païennes elles-mêmes, au sein desquelles, quoique trop longtemps voilée et misérablement défigin-ée, elle ne périt jamais entièrement. Pendant qur le vulgaire allait offrir son encens à de a:rossières idoles, doni il faisait autant de dieux, les esprits d'élite, les philosophes dignes de ce nom, les poètes eux-mêmes reconnaissaient un Dieu suprême, roi des hommes et père des dieux : dirunt patcv atque homininn rcx cl).

Enfin les saintes Écritures l'enseignent : il faudrait les citer toutes. Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu est un seul DIl'u (2) ; ainsi s'exprime le grand Législateur des Hébreux, iMoïse. Du haut du Sinaï, le Seigneur promulgue lui-même cette vérité capitale, et défend à son peuple d'avoir des dieux étrangers devant sa face (3). Il l'avertit à maintes reprises par ses prophètes : qu'il est le premier et le dernier, et qu'il n'y a point d'autre Dieu que lui (4). Jésus Cin-ist confirme cet enseignement, quand 11 repousse le Tentateur par ces paroles que l'É-

(1) ViRf.iLK.— Génies non usqne adeo ad falsos Deos esse delapas, ut opinionem amiscrcnt unius veri Del ex i[uo est oninis qualiseumque natura. S. Ai- CUST. ('.outra Faust, lib. 20.

(2) DlClTEU. 0. VI.

(3) Kx(tD. c. XX.

(4) IS.\. c. XLI, XLIV, XLVIil.

ylise nous fait lire au premier dimanclie de Carême : tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul (1). Saint Paul n'est pas moins explicite dans sa lettre aux Éphésiens : un Dieu unique, leur dit-il, une même foi, un seul baptême : Unus Deus, una fides, unurn baptisma (2). A ces autorités si décisives, ajouterons-nous, comme par surcroît, ces deux 1)6 aux vers que le grand Tragique français met dans la bouillie lie son Polyeucte :

• l'est le Dieu des Chrétiens, c'est le mien, c'est le votre ; Et la terre et le ciel n'en connaissent point d'autre.

Mais ce Dieu qui est, et qui est unique, savons-nous aussi ce ({u'il est?

Ah ! rendons-lui grâces, dans toute la sincérité d'un cœur re- <!onnaissant : Il s'est révélé lui-même, il a soulevé un coin du \oile qui le dérobait à nos regards.

Dieu est l'Être, excellemment l'Être, l'Être infini et infiniment parfait, l'Être qui est par lui-même et non par un autre, l'Être qui existe de toute nécessité, et le seul qu'on ne jDuisse supposer non existant, Ê^tre absolu, Ê]tre indépendant, Être des êtres: £"170 smn qui sum (3).

Dieu est esprit. Dieu est immatériel. Dieu n'a pas de corps, ni rien de ce qui tombe sous les sens. A la vérité, c'est ce que nous avons le plus de peine à concevoir. Ne pouvant pas nous faire une idée de Dieu tel qu'il est, nous nous l'imaginons tel que nous sommes. Les saintes Écritures elles-mêmes .s'accommodent à la faible.s.se de notre intelligence, elles nous représentent Dieu sous une forme humaine: Ses mains nous ont faits, son ijeil voit tout, son oreille entend tout, son bras est puissant... .Mais dans la réalité des choses, ces façons de parler sont impropres. Dieu n'a aucun des sens que nous lui prêtons, le grand Être, l'Être parfait n'est et ne peut être qu'Esprit, tout Esprit, l'ien qu'Esprit : Deiis Spirilufi est (i).

Dieu est immuable, Dieu ne change pas : £"^0 Bominus, et

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