‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 47 sur 172 · XVIII. — A SOUFFERT SOUS PONCE-PILATE ir^î · texte numérisé non relu

XVIII. — A SOUFFERT SOUS PONCE-PILATE ir^î

sion de Notre Seigneur n'est pas moins certaine que les faits les mieux prouvés de l'Histoire.

Qu'il soit physiologiquoMKHit certain que Jésus Christ a souffert, c'est-à-dire qu'il a soulTert, non en effigie, si un tel mot peut être employé dans un tel sujet, mais en toute vérité et réalité, dans son corps et dans son âme, comme noussoudrons nous-mêmes en ces deux parties de notre être, la preuve ne sera ni plus longue ni plus difficile. Nous l'avons dit maintes fois déjà, nous le disons de nouveau : Jésus Christ était homme (a Dieu tout ensemble, homme parfait et Dieu parfait, autrement dit : tout aussi véritablement homme qu'il était véritablement Dieu. Unie à la Divinité, mais distincte de la Divinité, son àme était une vraie âme humaine. Fait de chair et d'os, de sang et de nerfs, comme le nôtre, son corps était un vrai corps humain, et non un corps apparent, fantastique, un semblant de corps, comme l'ont prétendu certains hérétiques des premiers siècles, les Phantasiastes, c'est le nom qu'ils portent dans l'histoire ... Et par conséquent, cliaque nature en Jésus Christ gardant ses propriétés essentielles, en tant qu'homme Jésus Christ était pa.ssible, réellement et véritablement passible; sa faim était une vraie faim, .sa soif une vraie .soif, sa fatigue après quelque longue marche une vraie fatigue, ses angoisses d'âme au jardin des Olives de vraies angoisses, ses douleurs de corps au Prétoire et sur la Croix de vraies douleurs, finalement toute sa Passion une vraie Passion . . . Aussr bien, il fallait qu'il en fût ainsi ; la Rédemption était à ce prix, comme nous aurons à l'enseigner plus tard, et dès aujourd'hui nous entendons saint Léon nous dire avec l'autorité qui s'attache à ce grand nom : que ce n'est pas un moindre mal, ni une moins pernicieuse erreur, de dire que Jésus Christ était Dieu sans être homme, que de prétendre qu'il était homme sans être Dieu : tant il était nécessaire pour notre salut, qu'il fût, non pas l'un ou l'autre, mais bien au contraire l'un et l'autre, vrai Dieu et vrai homme, F Homme-Dieu (1).

(1) Il n'est lion (le plus niaiçislral (jue cet ••ns(;i|!;nement : jVd hoc discipulos suos imbucbat (Jcsus) ut idem ('<lnislu.s »'t L'nigenitus Dci, et lioniinis Filins crederetur. Nani uiuuu lioruni sine altero non pioderat ad saiuteni : et sequalis eiat periculi Doniinum Jesum (^luistnni aut Oeum tantummodosine honiine.

Mais le sujet n'est point épuisé. Nous venons de le voir: Jésus Christ a souffert, c'est historiquement certain ; Jésus Christ a réellement et véritablement souffert, c'est physiologiquement exact. Mais qu'a-t-il souffert? Sinon numériquement tous les maux, du moins tous les genres de maux, répond le Docteur angélique, saint Thomas : Secundam f/cnus passus est omnem passionem hionanamd). Est-[[ besoin de justifier longuement cette parole du grand théologien? Dix fois vous avez lu la Passion de Notre Seigneur, vingt fois vous l'ave/ entendue raconter ; à l'âge heureux où vous étiez assis sur les bancs dune école chrétienne, vous l'avez apprise par cœur. Dans ce drame sanglant qui se déroule au Jardin des Olives, en la mai.son de Caïphe, au prétoire du gouverneur, à la cour d'Hérode, le long des rues de Jérusalem, sur le Calvaire, avez-vous vu autre cho.se : que des disciples qui, ou dorment quand il faudrait agir, ou trahissent, ou renient^ ou prennent la fuite lâchement, des témoins qu'on achète à prix d'argent, des juges corrompus, des magistrats sans conscience, des soldats d'une bi'utalité inouïe, des pas.sants qui se moquent, des furieux qui blasphèment, toute une populace en délire qui demande du sangV .. . Et si vous venez à reporter vos regards sur le divin Patient, est-il une seule puissance de son àme qui ne soit blessée, un seul de ses membres qui ne soit torturé, une seule de ses fibres qui ne soit atteinte, un seul de ses sens qui n'ait sa souffrance [)ropre ? Je le vois, et vous le voyez avec moi , conspué, souftleté, frappé de verges, couronné d'épines, percé de clous, déchiré, meurtri, tordu, souillé de sang, moins un homme qu'un ver de terre, Vermis et non hortio (2) ; et cette autre parole du prophète .s'accomplit à la lettre : De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'est en lui aucune partie qui soit restée saine (3).

Et ce n'est pas tout encore. En Jésus l'intensité des souffran-

iiiit sine Dl'o tioiiiiiieni soluiii creditlisse ; eiiiii utrumi|Uf osset paritor contilendiini : quia sicut Dco vora luiiiiaiiitas, ita hoiiiiiii ineral vera divinitas. Itvev. Hom. mhlt. 1. hebd. qiiadraç/. Icc. 1.

([} m. p. q. xiAi. art. 5. totus.

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