‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 6 sur 172 · MATTH. C. IV · texte numérisé non relu

MATTH. C. IV

(H.) Ei'H. c. IV.

(:jj ExoD. c. III, V. 1 i.

fi) .Jo.w.N. c IV, V. 24.

m. — .iK CHCiis KN Diia; 21

non mutor (l). Cette immutabilité de Dieu, elle aussi, est la suite obligée de la perfection de son être. L'Être infini n'est susceptible ni d'amoindrissement ni d'accroissement ; il ne peut rien perdre de ce qu'il a, ni rien recevoir qu'il ne Tait déjà, autrement il ne serait plus infini ; mais toujours à soi, toujours en soi, le même aujourd'liui qu'il était hier, le même demain qu'il est aujourd'hui, il est toujours ce qu'il est ; ainsi s'exprime saint Augustin, dans une langue, que sa concision elle-même rend difficile à faire passer dans la nôtre : E.st ipsi' scmper in se, est ila ut est, non ulUcr nunc, alitcv postea, aliter coït ea (2j.

Dieu est éternel. Le premier des êtres, l'Être qui n'a ét(' fait, ni par lui, autrement il faudrait dire qu'il était avant d'être, ni par quelqu'autre, car il ne serait plus l'Être absolu, l'Être premier, mais qui tient tout ce qu'il est de la nécessité de sa nature, peut-il être autrement qu'infini en durée, comme il est infini en toutes choses ? 0 éternité ! ô éternité, dont rien, en dehors de Dieu, ne peut nous donner une idée ! Ici-bas, tout passe, tout finit, rien n'est stable, rien ne dure . ni les individus, ni les empires eux-mêmes. Ce n'est à tout moment que nouveau théâtre, et changement de décors, les uns sortent, les autres entrent. Dieu .seul demeure, il a été, il est, il sera, ou plutôt et pour être plus exact, à l'égard de Dieu, il n'y a ni passé, ni futur, ces termes manquent ici d'application ; Dieu est, il est tout ce qu'il a été et tout ce qu'il sera, il possède tout son être sans succession, c'est unipermanence indivisible, c'est un présent éternel, auquel rien ne s'ajoute, duquel rien ne se détache, qui est toujours le même: Tu autem idemipsc es, et anni tiii non déficient (3).

Dieu est partout ; il n'y a aucun lieu au ciel et sur la terre où il ne soit présent. Mais, de grâce, ne vous imaginez rien de matériel, rien de corporel, rien de divisible, rien qui ressemble à une étendue quelconque répondant à tel ou tel espace. Dieu n'est pas mesurable, Dieu n'est pas, en partie ici,

(1) Malac. c. III, T. 6.

(2) S. AucLST. in Joanii. tract, l'.t.

(3) Hebr. c. I, V. 12.

et en partie là ; Être souverain, Être absolu, Être infini. Être qui n'est qu'être, Dieu est immense, comme il est éternel ; il ost tout entier en tout lieu, sans être circonscrit par aucun lieu ; et de même que son éternité est étrangère à toute succession et ne se développe point par parties ; de même son immensité est étrangère à toute extension et n'est point divisée par l'espace.

Dieu est partout ; et il sait tout, il voit tout, il entend tout â'evenons au langage figuré des Écritures : il est cet œil jaoux, jamais endormi, toujours ouvert, auquel rien n'échappe ; il perce ce mur, il voit par cette fenêtre, il passe au travers <le ce treillis : ijjse stat post parictcm nostrum, respiciens pcr fcncslras, prospiciens pier cancellos (1). Où fuir, s'écrie le prophète, pour échapper à vos regards, ô mon Dieu ? Si je monte au ciel, vous y êtes, si je plonge dans les abîmes, vous y êtes, si je m'envole vers les régions où l'aurore prend naissance, je vous y trouve (2). Nous, nous ne voyons que les dehors et les surfaces ; Dieu pénètre ce qu'il y a de plus intérieur et de plus caché, jusqu'à nos pensées les mieux voilées, jusqu'à nos volontés à peine conçues dans les ténèbres d'un cœur *3ncore fermé.

Dieu est partout ; il conduit tout, il gouverne tout, il pourvoit à tout. Les choses créées ne subsistent que par la même <"ause qui les a produites. Ce que nous appelons les lois de la nature, n'est autre chose que la direction continuelle et persévérante que Dieu donne à ses ouvrages. Ce n'est pas assez ; l'action de Dieu ne se fait pas moins sentir dans l'ordre moral ^jue dans l'ordre physique. Les hommes s'agitent, et Dieu les mène. Tous les fils des événements sont dans ses mains. Rien «'arrive sans son ordre ou sans sa permission. Dans les desseins de Dieu, le mal devient l'occasion d'un plus grand bien. Le juste n'est jamais si près de Dieu, que le jour où Dieu l'afflige, <;'est comme si Dieu lui disait: Tu es mon fils, puisque je te -châtie ; on ne châtie que ses enfants et non les étrangers (3).

(1) Gant. c. ii, v. 9.

.^2) psal. cx.\\vi1i.

<3) Hebr. c. ,\ii, V. 8.

Page 1