XXII. — LA XKKKMPTION l'AH LA CHOIX
même objet dv niair-dictioii (1;. Et dans sou Épitro aux Romains: Au temps où nous étions les ennemis de Dieu, nous sommes rentrés en grâce avec lui par la mort de son Fils (2). La voici encore, et c'est toujours la môme, exprimée, cette fois, par le prince des Apôtres, saint Pierre: 11 a porté nos péchés <'n son corps sur la croix, afin qu'étant morts au péché, nous vivions désormais dans la justice (3). C'est-à-dire, si nous l'entendons, que, Jésus Christ soulTrant, Jésus Christ flagellé, J(''sus Christ couronné d'épines, Jésus Christ cloué sur une croix, et y mourant de la plus ignominieuse des morts, c'est Jésus Christ ([ui se charge de nos iniquités et les endosse, qui se porte caution pour nous, qui s'offre en sacrifice pour les péchés du monde, qui les expie à notre place et par substitution. Plus brièvement, et pour employer le mot propre: Jésus Christ souffrant, tlagellé, couronné d'épines, mourant en croix, c'est Jésus Christ qui nous rachète. . .
Mais c'est étrange ! Et si ces termes, tout magnifiques qu'ils sont, allaient pourtant n'exprimer qu'aune fiction! Est-elle donc si véritable, notre Rédemption par Jésus Christ? Oui, sans aucun doute, véritable ; véritable et gratuite ; véritable et sura- ])ondaiite ; véritable et universelle. C'est tout un monde de merveilles à explorer.
Elle est véritable, notre Piédemption par Jésus Clirist. Nous l'avons dit assez dans nos Instructions paroissiales précédentes, et le moindre effort de niénioii-e suffira à vous le rappeler : <,>u'était Jésus Christ? Homme i)arfait, iierfc'^lus homo^ c'est-àdire un vrai homme ; son corps, un vrai corps humain ; son âme, une vraie âme humaine. Qu'était encore Jésus Christ ? Dieu parfait, 'perfcctus Dcus, c'est-à-dire un vrai Dieu, Dieu de Dieu, lumière de lumière, fégal du Père, le consubstantiel du Père, Dieu comme le Père. Mais entre ces deux éléments, divin et humain, de quel côté était la personnalité? Il n'est pas douteux que ce fût du côté de Dieu, parce qu'en Dieu la personnalité étant un bien propre, essentiel, inaliénable, il n'a pu l'abdiquer. De là ce mot de saint Léon : En se faisant
(1) r.Ai,. c. m, V. 13.
(2) Rom. c. v, v. 10.
(3) I Petu. c. II, V. U.
lyO LE SYMHOl.F-: DES AI'OTHKS
homme le Fils de Dieu est devenu ce qu'il n'était pas, sans rien perdre de ce qu'il était: Nostra suscipicns, propria non ami(tens. Pour résumer, voilà donc tout Jésus Christ : Dieu et homme tout ensemble, mais personne unique et personne unique divine. Et parce que, selon le plus simple bon sens, les actions d'une personne appartiennent, non à tel ou tel de ses éléments constitutifs, mais à la personne elle-même, voyez-vous maintenant, à Taide de ces principes, que notre Rédemption par Jésus (Christ est véritalde, réelle, et s'est faite, comme on dit en théologie, en toute rigueur de droit: Ad sinttmosJKns apicas ! Yoyez-xow^ que Jésus Christ, qui souffre, qui reçoit sur ses épaules mille coups furieux, qui meurt sur la croix de la plus ignominieuse des morts, ce n'est pas un homme seulement — en regard de la dette contractée par le péché, dette comme infinie, à raison de la majesté infinie que le péché offense, c'eût été trop peu — mais une personne divine, ime personne divine qui s'immole, une personne divine qui expie en notre lieu et place, une personne divine, qui, ayant pris à sa charge notre obligation, cette lîédulede condamnation, comme l'appelle saint Paul(i), et l'ayant endossée, y satisfaitpar une satisfaction, la plus haute possible, la plus entière possible, la plus parfaite possible, puisqu'elle est infinie : Integra atqiie umnihKs )n(»irris perjecta satisfae- /jo(2).
( ) croix sainte ! croix adorable ! dans l'hymne que l'Église a i;omposée en' ton honneur, la strophe la plus usitée est celle que nous ciiantions, il n'y a qu'un instant, et que nous répéterons tout à l'heure, mais ce n'est peut-être pas la plus belle. Les plus Ijelles, les voici : O arbre, de tous les arbres le plus noble ! Arbre paré du sang de Jésus comme d'une pourpre royale : Arbor décora et. ful(/ida, ornata régis purjiura ! Que tu (iS heureux de porter suspendu à tes bras Celui qui fut le prix du monde : Bcata ciijiis l/rachiis pretlum pepcndit sœculi ! Tu es la t)alance où a été pesé ce Corps desenu notre rançon : Statera l'acla Corporis ! Et aussitôt qu'il y fut mis, sa force se fit sentir, et il emporta par son poids cet autre poids, si lourd pourtant, le
(1) Coi.oss. c. Il, V. U.
{t) Cotpcli. nom. 1. c.