‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 58 sur 172 · XXII. — LA RÉDEMPTION PAR LA CROIX · texte numérisé non relu

XXII. — LA RÉDEMPTION PAR LA CROIX

les institutions qui les gouverment, éteindre les dissentiments, rapprocher les rangs, les guérir, ces nations qui sont vôtres, de l'égoïsme qui les dévore, et en faire comme autant de peuples de frères !

Jésus Gliristnous a raclietés gratuitement, nous ne le méritions en aucune sorte, et avec surabondance, en donnant mille fois plus qu'il ne fallait. 0 homme, s'écrie ici saint Augustin, vois donc ce que tu vaux, mais aussi reconnais ce que tu dois : Agnosr(\ homo, ([uanlKtii valeas, et qiicmtum debcus(i)... Au lieu du méchant qui pèche, c'est le juste qui est puni ; au lieu de l'impie qui se révolte, c'est le saint qui est condamné ; au lieu de l'esclave qui contracte la dette, c'est le maître qui la paie : au lieu de l'homme qui agit, c'est un Dieu qui se porte responsable (2)... Et tu ne l'aimerais pas, ce juste, cet innocent, ce saint, ce maître, ce Dieu ! Ah ! si quelqu'un n'aime pas Notn^ Seigneur Jésus Christ, qu'il soit anathème : Si quis nouuniat Dominion nostrum Jesnm Christion, sit cDiafhema [3). Non, Seigneur Jésus, nous ne voulons pas être anathèmes, et nous ne le serons pas. Nous vous aimerons, nous vous rendrons amour pour amour, sacrifice pour sacrifice, service pour service, vie pour vie. . .

Enfin, la Rédemption a été universelle. Jésus Christ nous a rachetés tous, il est mort pour tous et pour chacun, autant pour chacun que pour tous ; comme le soleil qui ne donne pas à un homme moins de lumière et de chaleur, en luisant pour tout le monde, que s'il ne luisait que pour cet homme seul. Mais attention : Dieu ne force personne à recevoir ses dons ; chez le premier des êtres, cette fierté, certes, est bien légitime. Ceux-là .seuls seront sauvés, qui auront voulu l'être ; comme un breuvage, capable de rendre la santé, par les propriétés curativcs qu'il possède, ne la rend cependant qu'à ceux qui le boivent. 11 faut donc s'unir à Jésus Christ, s'incorporer à Jésus Ciirist, s'identifier à Jésus Christ, vivre de son esprit, s'infuser sa grâce au moyen des sacrements qui l'expriment et la confèrent.

(!) Bref. Rom. Coinin. Pass. U. N. J. C k-ct. 5.

(i) Ibid.

(3) I Cor. e. xvi, v. iH.

A cette condition, nos péchés ne nous seront plus imputables ; il cesseront d'être, autant que s'ils n'avaient jamais été ; il n'en sera pas plus question désormais que de la pierre qu'on jette au fond de la mer, et qui ne reviendi'a jamaisàla surface. En ceux-là, dit saint Paul, qui sontà Jésus Christ, il n'y a plus sujet à condamnation ; il n'y a plus de poursuites à exercer contre eux; la justice divine perd ses droits: Nihil niotc damna- JloHts est lis (jui suiit in (llinslo Jesu (1 ).

Ah ! chrétiens, profitons du grand bienfait de la llédemption, <le ce don inestimaliie, et qui nous est si liliéralement offert. Soyons devrais rachetés, c'est-à-dire libres désormais du péché, ot de tout ce qui y conduit ; de vrais rachetés, c'est-à-dire des 4'réatures nouvelles, nova crcalura, n'ayant plus rien du premier Adam, qui nous a perdus, tout du second Adam, Jésus <^hrist, qui nous a sauvés, et faits par grâce ce qu'il est par nature, enfants de Dieu, héritiers du ciel, pour en jouir avec lui, 'p^r lui, en lui, aux siècles des siècles: Si fUii et hœrc- ^Ics, hivrcdcs (juiilcm i)ci, cohœrcdes autem Chrisli (2). . .

,('!) Rom. c. mu, \ . '.).

i) Rom. c. viii, v. 17.

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