‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 60 sur 172 · XXIV. — KST lU:SSLS(:iTl': D'riNTI'.K LKS MoliTS · texte numérisé non relu

XXIV. — KST lU:SSLS(:iTl': D'riNTI'.K LKS MoliTS

suivre ces diverses opérations. Rien ne s'était fait clans le secret.

Troisième fait liistoriguc certain : Malgré qu'une pierre «'•norme eût été roui('c à l'entrée du sépulcre, la Synagogue: feignant de craindre une tentative d'enlèvement du saint Corps par les Apôtres, enlèvement, disait-elle, dont l'eflet serait d';tc- <;réditer le bruit : que l'imposteur était ressuscité, ainsi qu'il l'avait prédit, au cours de sa vie : la Synagogue, disons-nous, dès le samedi, de grand matin, après s'être assui'ée — soin trop élémentaire pour être négligé— que le corps était bien à la place où on l'avait mis, la veille, au soir, avai^t fait encastrer soigneusement la pierre dans le rocher, y avait ensuite apposéles scellés, et «■nfm, pour que, de toutes les précautions que la [)rudence iiumaine, surtout quand elle est tenue en éveil par la liaine, [jeut suggérer, aucune ne lut omise, des soldats avaient été postés devant le sépulcre, avec la consigne sévère, c'est-à-dire, sous peine de mort s'ils y manquaient, de veilhn' au di''p(')t qui leur était confié.

Quatrième fait historique certain: Toutes ces mesures ayant <''té prises, et ceux qui les avaient si bien concertées, se croyant autorisés désormais à cFormir tranquilles: voici que, une nuit s'étant écoulée, puis un jour, puis une autre nuit . . . ("i étonnement! ô stupeur! dès le matin du troisième jour, les scellés sont brisés, la pierre est renversée par un ange venu du <'iel, comme il est dit au tiH""- cliapitre de saint 3Iattiiieu, les gardes épouvantés, ou liieii tombent par terre, ou bien prennent la fuite. Quant au tombeau, il est vide ... le Corps n'y est ])ius . . . (Ju'est-il devenu? Les Apôtres l'ont-ils dérobé par fraude, eu enlevé par force? Ni l'un ni l'autre. Un tel projet ne pouvait entrer dans leur esprit ; y serait-il entré, par quel moyen l'eussent-ils e.\écuté? Nous l'avons dit déjà dans une auti'e Instruction ; nous le répétons sommairement en celleci: jamais, dans aucune circonstance, les Apôtres n'avaient fait preuve de courage ; depuis la mort du ^laitre surtout ils étaient Iransis de frayeur, vivaient disi)er.sés et ne songeaient qu'à se metti'e en sûreté. A cette impossiL)ilit('' morale, déjà suffisante l)our écarter la supposition d'un enlèvement, venait s'ajouter \ine impo.ssibilité matc'-rielle al)solue. Le sépulcre, taillé dans le roc, était accessible par son ouverture seuleuieut : mais cette

ouverture avait été fermée par une pierre énorme, roulée à lorce de bras ; mais cette pierre elle-même avait été encastrer, assujettie, et munie des sceaux de l'État ; mais ces sceaux de l'État eux-mêmes, et ce qu'ils avaient mission de protéger, étaient sous la garde de soldats responsables, sur leur tète, du dépôt remis entre leurs mains. Donc, puisque le saint Corps n'a été enlevé ni par les Apôtres, ni par quchpi 'autre, que conclure ? Rien autre chose que ceci : qu'il y a un cinquième fait, aussi certain que les quatre précédents, à savoir : que Jésus Christ est ressuscité, comme il l'avait prédit : licfiiirrc.vif, siciif âixil . . .

Mais quoi! Pour admettre connue certain le dernier fait que nous venons d'énoncer, le fait de la Résurrection de Jésus Christ, la foi chrétienne en serait-elle réduite à cette preuve unique, tirée de l'impossibilité de l'enlèvement du saint Corps par les Apôtres, preuve qui, indépendamment de son isolement, aurait encore le très grand tort de n'être qu'une preuve négative? Non, certes, il s'en faut, les preuves positives abondent. Jésus Christ ressuscité ne s'est pas laissé sans témoignage. Usez les quatre historiens .sacrés; vous y trouverez jusqu'à dix apparitions différentes.

Jésus Clu'ist ressuscité apparaît à Marie Madeleine, auprès de la pierre l'cnversée et du tombeau vide, glorieux dé.^ormais |)ai' l(; miracle sans égal qui vient de s'accomiilir. C'est la pi'emièi'e.

Jésus Christ ressuscité a{)parait aux autres .saintes femmes, parties le iJimaiiche, de grand matin, |ionr se rendre au .sépulcre, croyant y trouver encore le plus riclie trésor qu'elles eussent au monde. C'est la deuxième.

Jésus Christ ressuscité apparaît à celui que saint Paul appelle* Céphas, et qui n'est autre que saint IMerre lui-même, chef du Collège apostolique ; lequel, dès son premier discours public, dira au Juifs: Le Saint, le Juste que vous avez mis à mort, Dieu l'a ressuscité, nous en sommes tous témoins. C'est la troisième. Jésus Christ ressuscité apparaît à deux disciples allant à Kminaiis, bourg distant de Jérusalem de soixante stades. 11 faut lire ce beau récit au vingt quatrième chapitre de l'évanliste saint Luc. Les paroles du Maître, l'étonnement des dis-

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