‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 65 sur 172 · XXV. — EST RESSUSCITK d'ENTRE LES >[()HTS · texte numérisé non relu

XXV. — EST RESSUSCITK d'ENTRE LES >[()HTS

lés à la vie : Lazare, un ressuscité; le fils do la veuve de Naim, un ressuscité ; la fille de Jaïre, une ressuscitée. Après .h'^sus Christ, d'autres encore ressusciteront, et chaque année, au onze novembre, l'Église nous lait lire : que saint Martin opéra magnifiquement trois résurrections de morts, Trinm mori noru tn suscitator niaf/nl/icKs. Mais, outre que ces résurrections s'elVectuaient par une vertu tout à l'ait é'trangère à ceux qui on étaient les objets, pour le fond qu'étaient-elles? imparfaites, répond le Docteur angélique, saint Thomas, in)parfaites (1). Lazare et les autres ressuscites restaient tributaires de la mort, autivment dit, ils étaient délivi'és de la mort présente, mais non afi'ranchis de la dure nécessité de mourir, et en un temps ou en un autre, il leur fallut redescendre au tombeau, pour n'en plus sortir cette fois qu'au dernier jour du monde... Mais pour Jésus Christ il en sera tout autrement ; une fois l'essuscité, la mort n'exercera plus désormais aucun empire sur lui. Il aura voulu mourir, il ne le voudra plus ; il aura pu mourir, ilne le pourra plus; il sera mort, il ne mourra plus: c'est le mot de saint Paul, c'est celui de toute la théologie: Christus rcsKrgois, ja})i non rnorilur, )nors ilH ultra non dominahifur (2) . . . C'està-dire, si nous l'entendons bien, que la résurrection de Jésus Christ étant la plus parfaite possible, la plus glorieuse possii)le, par l'affranchissement non seulement de la mort présente, mais encore de la mort future, et même de la possibilité de la mort (3), il est plus clair que le jour, que ses ennemis sont vaincus, son honneur vengé, et la justice de Dieu satisfaite.

Mais ce n'était pas assez que son honneur et la justice de Dieu reçussent satisfaction, il fallait encore que notre foi fût afrermie et rendue inébranlable: Ut fides nostru confirincwrtur.

Pour (quiconque étudie les origines de l'Église, et s'applique n rechercher par quels voies et moyens le Christianisme s'est .substitué au Juilaïsme d'al)ord, puis au Polythéisme jusqut;-là -Si fortement cni'aciné dans la foi et les pratiques religieuses ■des peuples, cette vérité ne tarde pas à lui ai)paraitre, entouifée de l'éclat de l'évidence : <iue l'argument !e plus souvent

<1) S. Thom. Iir, p. q. T.iir, ar( 'i. (t) Rom. c. vi.

(:t) s. TllOM. ihid.

et le plus victorieusement mis en œuvre par les Apôtres en faveur de la doctrine qu'il prêchent, c'est la Résurrection d& Jésus Christ. Lisez leurs Actes, parcourez leurs écrits.

Dès le lendemain de l'A.scension du Sauveur, les onze et les premiers frères étant réunis en un même lieu, saint Pierre se lève et propose à l'Assemblée de donner un successeur à Judas^ déchu de l'apostolat : Quel motif met-il en avant, pour procéder à l'élection '? Pas d'autre que de fournir, en la personnede l'élu, un témoin de plus, un témoin autorisé de la résurrection de Jésus Christ : Oportct ex ]iis vi}'is . .. testcin rcanrrectionis eJKS nobiscmn /leri (i).

Huit jours après, c'était la Pentecôte, la première Pentecôte chrétienne. Il n'est rien de comparable, rien même d'approchant dans les Annales de l'Église, j'ajoute : et de l'humanité. Juifs de la Mère-Patrie et Juifs de la Dispersion, ils sont là sur la grande place de Jérusalem, ou aux abords du cénacle, en un nombre qu'on ne saurait évaluer, mais certainement très considérable; et Pierre leur parle, Pieri-e tout plein du Saint Esprit, Pierre que dans cette circonstance saint Jean Chrysostôme. appelle : le premier Catéchiste, le i^remier Prédicateur du Verbe, le grand A-sserteur de la foi (1) ; que leur dit-il ? Ceci, et rien autre chose : Hommes d'Israël, écoutez mes paroles : Jésus de Nazareth, homme approuvé de Dieu par les miracles et les prodiges qu'il a faits, et que vous avez mis à mort en le livrant aux mains des méchants, Dieu l'a ressuscité, et nous en sommes tous témoins : Hiinc Jesum resuscitavit Dcus^ ckJiis omnrs ■nos testes sumiis (3).

Plus tard encore, le jour où, se rendant au Temple, et près d'y entrer, saint Pierre, accompagné de saint Jean, guérit d'une seule parole un liomme perclus de tous ses membres et connu comme tel de la Ville entière — car chaque matin, on le portait à bras, on le déposait auprès de celle des portes du Temple appelée la Relle-Porte, et il vivait d'aumônes — à la foule que le prodige étonne, au Ci-and-Conseil de la Nation qui s'en irrite, que répond le prince des Apôtres ? Toujours la

(t) ACT. c. I, V.21.

{'!) Ap. CoRNEL. A Lap. in h. 1.

3) AcT. c. II, V. 22 — 32.

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