‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 67 sur 172 · XXV. — EST RKSSUSCITK d'ENTF.F, LES MORTS · texte numérisé non relu

XXV. — EST RKSSUSCITK d'ENTF.F, LES MORTS

(ju'ils le soient encore dans la rémunération ; et là où elle est, (le quelque bonheur qu'elle jouisse, l'âme sainte aspire à reprendre le coi'ps qu'elle vivifia autrefois. . . Eh bien, elle le reprendra. Jésus Christ est ressuscité ; donc, nous ressusciterons. Jésus Chi'ist est ressuscité impassible, incorruptible, immortel et glorieux ; donc, nous ressusciterons iynpassihlcs, incorrupllhleii, iin)nortels et glorieux coniuir lui . . . Mais je crois deviner la pensée qui vous occupe l'esprit en ce moment ; et si vous aviez le loisir de l'exprimer, vous la formuleriez peut-être ainsi : Nous ne voyons pas le lien de dépendance entre ces deux <;hoses ; autrement dit : Nous ne saisissons pas très bien comment de la résurrection de Jésus (Ihrist on conclut légitimement à notre résurrection pi'opre... Auriez-vous donc oubljé c(; <|ne nous avons dit en l'une de nos premières Instructions (li, à savoir : qu'encore qu'il y ait eu dans le passé, qu'il y ait dans le pi'ésent, qu'il doive y avoir dans l'avenir, beaucoup d'hommes : à vrai dire pouilant il n'y a que deux lionimes ; deux hommes en lesquels seuls toute rhunianité se trouve comme récapitulée, l'un terrestre, l'auti'e céleste, l'un principe de mort, l'auti'e principe de vie: Adam, et Jésus Christ. Incorporés à Adam, en vertu de ce lien de solidarité, nous sommes faits moi-tels, et nous mourrons un jour, jiarce que le jiéché est entre'; dans le monde par Adam, et la mort par le péché. Mais incorl)orés non moins à Celui qui est la résurrection et la vie, à Jésus Christ, et par le fait de cette incorporation, vivifiés de son esprit, rendus participants de ses qualités, même de ses droits, en lui et par lui nous renaissons, en hii et par hii nous revivrons : C'est la belle Th(''ologie île saint Paul, en sa Première aux Corinthiens: /'(•/• hiimiitmi moys, cl prr houiitiern resin'i'i'clio inorhinnnu ; cl slcid in Ailum (uniics iiKirimilnr, il(( et. iii Christo onmcs virilicdhiniliir tilt.

Nous ressusciterons donc ; et de nK'ine (jue, comme nous le lisons au chapitre vingt cinquième de la Cenèse, les deux fils jumeaux de Rébecca sortirent du sein maternel, l'ainf'- d'abord, le plus jeune ensuite, celui-ci tenant celui-là, et (Hant |)ai- lui

(1) Prône 12""^.

(ti) I ("oh. C. XV, V. ±1.

comme attin} à la vie(l): de même Jésus Christ et nous, nous sortirons du sein de la même mère, c'est-à-dire des entrailles de la terre, Jésus Christ le premier, c'est déjà fait, en sa qualité d'aîné, primoge)iiliis ex mortuis (2), nous ensuite ses frères plus jeunes, nous qui le tenons, comme Jacob Ésaii, par le pied, c'està-dire par la partie inférieure de son être, par la nature humaine, qui est la même en lui et en nous.

Vous plairait-il d'entendre une autre comparaison ? Je l'emprunte, du moins pour le fond, à saint Augustin qui la tenait lui-même de saint Paul. A voir les générations descendre l'une après l'autre dans le sein de la terre, qu'est-ce donc que la terre, et quel effet vous produit-elle? Ne dirait-on pas vraiment un chai^p immense tout en.semencé de corps humains? Lèverat-elle, cette semence d'un genre à part? Oui, répond saint Augustin, l'expérience est faite, le principal grain, qui est Jésus Christ, a levé déjà, et il n'est pas douteux que les autres, qui sont de même nature, ne lèvent à leur tour : De uno principali grcDio clatuin experimentum (3).

N'en disons joas davantage aujourd'hui. Ce grave sujet, à peine ébauché ici, reviendra plus tard, au cours de nos Instructions, avec tous les développements qu'il comporte. Mais avant de terminer, faisons cette réflexion, la reconnaisance l'impose : que la résurrection de Jésus Christ nous est aussi profitable , à nous, qu'elle est glorieuse à Jésus Christ lui-même, et répétons ces paroles du prince des Apôtres : Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, qui dans sa grande miséricorde nous a régénérés, et par la résurrection de son Fils nous a fait revivre à la vive espérance d'un héritage incorruptible: Benedictiis Dcus et Pater Domini Nosiri Jesu CJu'if^li, qui secvndinn niisericorcJiani si4ani magnant, regeneruvit nos in spem vivarn, per resurrecHuHeni Jesu Otristi ex niortuls, iii Jiœrcditatem incorraptibilem (4). . .

(1) Gen. c. XXV, V. 'i'^.

(2) Apoc. c. I. V.5.

(3) SermoSm.

(4) I Petr. c. L

VINGT SIXIEME PRONE L'Ascension de Jésus Christ.

Asœndit in cxElum, scdet ad dcxl.ciani Del Patris omnipotentis.

Est monté aux Cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout puissant.

De C.hrisfo Jcsii ilhifl ftiam fidelos sine alla diibilatioiK' creilere oportcl, eum, perfcctojam ot absoluto redemptionis nostiiB niysterio, ut homo est, in cœluni, corpoie et anima, ascendisse:

nam ut Deus est, numquani ab eo abfuit, ut ([ui, divinitate sua, loca omnia compleat.

Cal. /loin cap. S.

Si nous considérons bien toutes les démarclies de Jésus Ciirist, nous comprendrons aisément, dit saint Grégoire le Grand, que toute sa vie s'est passée à descendre et à monter. Il descend du Ciel dans le sein d'une Vierge, De cœlo vcnit in uterum ; du sein d'une Vierge dans une crèche, De utero in pt'reftepe ; d'une crèche sur une croix, Deprœsepe in cruceni ; d'un croix au fond d'un sépulcre, Bc mire in scpidcnon. C'était assez descendre ; il monte maintenant : du sépulcre dans le Ciel ; et dans le ciel jusqu'à la droite de Dieu le Père tout puissant : De sepulcro redit in cœluni (1) . . .

Nous l'avons suivi pas à pas, alors qu'il descendait. Nous le suivrons avec non moins d'empressement et, s'il se peut, avec plus d'amour eticore, présentement qu'il monte. C'est le

(1) Ap. CoRNEL A Lap. in cap. t. Ad. 221

■l'I-I LE SY.MBOLK DES APOTRES

sujet de cette Instmction. Dieu nous aide de sa yrâce ! . . .

Notre Seigneur était sorti immortel et glorieux du tombeau. A partir de cet heureux jour, il n'avait cessé d'apparaître à ses Apôtres, de converser avec eux, pour achever de les instruire et les rendre plus aptes à la grande mission qu'il leur avait confiée. C'était fait ; et le moment était venu de retourner vers son Père, comme lui-même l'avait prédit : Ascoido ad, Pal rem incam (1). Que ne restait-il plus longtemps parmi ses rachetés ! Pourquoi nous priver prématurément de sa douce présence ? Quel motif si puissant l'appelait donc au Ciel ? . . . Mais ne jugeons point des choses de Dieu, d'après nos pensées trop souvent sujettes à erreur. Depuis que Jésus Christ était ressuscité, il ne convenait plus qu'il habitât cette terre, demeure ténébreuse, lieu d'exil et de mortalité ; non, la terre n'était plus un séjour digne de lui. vXutant de temps {|u'il avait été mortel, sa place naturelle était parmi les mortels ; mais présentement qu'il a jiris une vie nouvelle, vie qu'il ne doit jamais plus quittei', Cltristas rasio'gcns ex mortiii.'^, jain itou rnuritur (2), à son humanité gloriliée, impassible désormais, il fallait la pure lumière des Cieux, et la sainte société des Anges {'S).

Et il fallait aussi à ce i:)uissant Iloi, vainqueur de la mort et de l'enfer, un triomphe qui fût en rapport avec ses beaux exploits. Or, ce triomphe, je le l'épète, dû en toute justice, où convenait-il qu'il se fit, sinon là où il serait le plus magnifique possible, c'est-à-dire dans le Ciel '.' Là-dessus écoutons Bo.ssuet : Comme un prince qui a sur les bras une grande guerre contre une nation étrangère, quitte pour un temps son royaume, afin d'aller combattre ses ennemis en leur propre pays ; puis l'expédition étant achevée, il rentre avec un superbe appareil dans .sa ville capitale, et orne toute .sa suite et ses chariots des dépouilles du peuple vaincu : Ainsi le Fils de Dieu, notre roi, voulant renverser le règne du diable, qui, par une insolente usurpation, s'était hautement déclaré le prince de ce monde, est lui-même descendu en terre pour vaincre cet irréconci-

(Ij JOANN. C. .\X, V. 17.

ii) UOM. c. IV, V. ().

(3) S. Thom. III ]>. 11. i.vii ;irl. 1.

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