‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 68 sur 172 · XXVI. — KST MONTK AIX CIKl X !22;i · texte numérisé non relu

XXVI. — KST MONTK AIX CIKl X !22;i

liahle ennemi ; et rayant déi)0.ssé(l(' de son tntne, pai- des ai'ines (lui n'auraient rien eu que de faible, si (^lles avaient rtô employées par d'autres mains que celles d'un l>ieu, il ne restai! plus autre chose à faire, sinon qu'il retournât triompliant au Ciel, qui est le lieu de son origine et le siège principal de sa royauté (1 ).

Vous le voyez donc, chrétiens, Jésus Christ devait retourner au Ciel d'où il était venu. Et il y retourna en effet. Lisez le récit des Évaniiélistes, et mieux encore le chapitre premier, moins souujiaire, des Actes. Ah ! je voudrais que vous eussiez aussi la facilité et le loisir de lire nos grands Commentateurs . . .

.lésus Christ monte au Ciel, en présence de ses Apôtres et de ses disciples, au nombre de plus de cinq cents, assemblés sur le mont des Oliviers ; ils l'entendent leur parler, ils le voient les bénir (!2).

Jésus Christ monte au Ciel, non comme autrefois Ilénoch ou Élie, à l'aide d'un secoui's étranger, mais par une puissance qui est propre à toute sa personne : autrement dit, par une vertu qu'il tire tout à la fois de sa divinité', et de son humanité glorifiée (3).

Jésus Christ monte au ciel, non tout d'un coup et d'un es.sor rapide, comme s'il eût été attiré par une force supérieure irrésistible : mais lentement, majestueusement, par un mouvement pi'ogressif, ainsi qu'il convient à un maître ; ajoutons cette autre raison : pour ne pas se dérober trop vite à ses Apôtres, car ils étaient avides de le voir, et alors même qu'il avait disparu, enveloppé dans une nuée lumineuse, ils regardaient encore (i).

Jésus Christ monte au ciel, mais mm i)as seul : vous n'avez pas oublié ce (|ue nous avons dit précédemment de sa bien-

{\) Se.fiiioii sur II' iiiijs. iIcl'Asri-ii. I. .">, |(. !JiN.

C^) Marc, c .\\i : Li;»;. c. x\iv. — Xcr. c. i.

(i!) S. Thom. (iiiristus asccndii iii cip.luni |iio|iri,i xirlnlc, iiriiim i|iiiilfiii \irliitc (liviiui, s(!cmulo virtiiU^ aiiiiiuv i;iorilic;il;i', iiuiNciitis cnrims, |Minit \iilt. III, 1». q. 1,111, art. :î.

(i) l'-lcvalus d'i^o a se .siia(iuc virlutt' pci' dotciu agilitatis, i(l(|iic sciisiiii cl poilcliMilim, ut (liiitius |tasceret oculos ilisciiniloruiii inlaciitiiiiii. CoRNEL. v Lap. //( cvj). 1. Ad.

heureuse descente dans les Limbes, ni l'annonce de leur délivrance prochaine, faite par lui aux saintes âmes i-etenues depuis tant de siècles en ces bas lieux. Ôr, c'est au jour de son Ascension, que Jésus Christ les tire enfin de leur dure prison, et les entraine à sa suite, encore captives, à la vérité, mais captives, cette fois, de l'amour du divin Rédempteur qui les béatifie. Tel est le sens, d'après un grand Pape (1), de ces paroles de saint Paul, empruntées presque littéralement au psaume .soixante septième de David : Ascendens in rœlion, captiram tlHxit captivitatem (2).

Enfin, Jésus Christ monte au ciel, je vo\is l'ai déjà fait remarquer, comme il convenait qu'il y montât, c'est-à-dire en Roi, en vainqueur de la mort et de l'enfer. (Ju'elle était belle, cette Ascension de Jésus Christ, pour ceux qui la suivaient d'en bas ! Mais vue du côté du ciel, quand le triomphateur rentra, combien elle fut plus magnifique encore ! Toutes les splières s'abaissent, tous les cieux et le Ciel des deux s'cntr"ouvi-ent, tous les Anges viennent à la rencontre, et chantent en alternant — Les uns disent : Princes des éternelles demeures, ouvrez vos lïortes, ouvrez-les de toute leur largeur, et laissez passer le roi de gloire — Les autr^?s répondent : Quel est-il, ce roi de gloire, quel est-il : Quin est isfe vex i/lorifp ? — Et les premiers reprennent : C'est le Dieu fort, le Dieu pui.ssant, puissant dans les combats: Do)niiiiis fortis et potots: Bomlniis potens in 'prœlio (3). 0 Ascension ! ô triomphe ! ô journée sans égale dans la suite des siècles ! Réduits que nous sommes à exprimer avec le langage humain ce qui surpas.se infiniment toute intelligence humaine, pienons du moins, dans les Livres sacrés, un fait qui nous laisse entrevoir quelque chose des réalités célestes !

Lorsque David, après avoir vaincu les Amalécites, et pris sur eux un immense butin, s'en retourna à Jérusalem, emmenant avec lui, pour les faire servir à son triomphe, une grande troupe de captifs : partout où il passait, on l'acclamait en disant : Voilà le butin de David : Hœc est prseda David. De même, lorsque Jésus Christ entra au ciel : à la vue des âmes ra-

(1) lÎKNOlT XIV.

{"l) Ephks. c. IV, V. 8.

(3) PSAL. XXIll.

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