‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 76 sur 172 · ACT. CI · texte numérisé non relu

ACT. CI

(3) Ibid. c. X.

(■4) Heb. c. IX.

xxvrti. — u'or ii. vlkndha .iic.ki'. F'/pc. 24^?

bonnes on mauvaises actions qu'il aura laites, (juand il ('-tait revêtu de son corps... Remarquons bien cette particularité: c'est devant le tribunal de Jésus Christ qu'aura lieu cette cornparution.: Omiu's nos )na>iifi'sfari ojiortel unie tt-ihiiixil CJirisli, nt referai urmuqirisqiie propria corporis, prout qessil, siei' hommi xive tnalum (i).

N'insistons pas davantai,^e. J.es saintes Écritures ontparl*'-; la preuve est faite.

Mais pourquoi? Pourquoi, au dernier jour, le Juge suprèni*; des vivants et des morts sera Jésus Christ, et non un autre ? Pourquoi Jésus Christ, et non Dieu le Père, ou le Saint E.sprit, encoi'e qu'ils le puissent être, en vertu de la divinité qu'ils possèdent dans sa plénitude? Enfin, pourquoi Jésus Christ, c'est-à-dire le Fils de Dieu, non en tant seulement qu'il est Dieu, .mais encore en tant qu'il est homme, Dieu et homme tout ensemble, l'Homme-Dieu ?

Pour le coînprendre ; ou bien, si nous n'allons pas jusqu'au fond du mystère, du moins pour l'entrevoir quelque peu, ne perdons pas un instant de vue ce qu'est Jésus Christ par rapport à nous, non seulement en tant qu'il est Dieu, mais encore en tant qu'il est homme. Dieu et homme, l'Homme-Dieu.

Le Fils de Dieu fait homme, l'Homme-Dieu, Jésus Christ, les Écrivains sacrés, saint Paul principalement, le qualifient : Tête de toute l'Église, caput Ecclesifp (2), c'est-à-dire membre principal, suréminent, de ce grand corps, meml)re auquel viennent s'ajouter les membres de rang inférieur, les vivifiant, les dirigeant, les tenant sous sa dépendance pour les faire .se con.server dans l'unité, finalement exerçant la même action, jouissant des mêmes prérogatives et propriétés que ce qui est la tète dans un corps humain. Or, quoi de plus juste que~ ce soit Jésus Christ, en cette qualité de chef, de tète de tout le Corps, qui juge ceux qui se seront prononcés pour lui ou non, ceux qui auront vécu en communauté de vie avec lui ou non, ceux qui auront été membres vivants de son Corps ou non, ceux qui se seront transfigurés en son image ou non? Si

(1) II. Cor. c. V, v. 19.

(!2) EpHES. c. V, V. 23.

la première qualité du juge est de connaître son justiciable, qui connaît n^ieux l'Église et rinimanité que Jésus Christ, Gliel' de l'Église et de riiuinanité?

Le Fils de Dieu fait homme, rHomme-Dieu, Jésus Christ, est notre législateur. Le prophète Isaîe l'avait annoncé d'avance : C'est de Sion que la loi sortira: Ex Sion exihit lex (1). Elle en <!st sortie en efTet ; et quelle loi ! la plus pure, la plus sainte, la plus parfaite. Qu'on lise, non l'Évangile en son entier, mais simplement le discours sur la montagne, qui est l'abrégé de l'Évangile en tant que l'Évangile est préceptif : tous les droits sont consacrés, tous les devoirs sont précisés, tous les vices sont condamnés, toutes les vertus sont recommandées. Or, quoi (le plus juste, qu'au dernier jour, l'Homme-Dieu, Jésus Christ, <m cette qualité, qui est essentiellement la sienne, de législaleur, mette à nu les consciences, et fasse connaître au monde <'ntier et ceux qui l'auront gardée, et ceux qui l'auront enfreinte, cette loi édictée par lui, immuable comme lui, éternelle <"omme lui, et contre laquelle il n'est pas donné à l'homme de prescrire jamais.

Le Fils de Dieu fait homme, l'Ilomme-Dieu, Jésus Christ, est notre Rédempteur. A quel prix l'a-t-il été? Qui ne le sait? Fils éternel de Dieu, égal au Père, consubstantiel au Père, Dieu <'omme le Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, par qui tout a été fait, sans qui rien n'a été fait, /'tant venue la plénitude des temps, il est descendu des cieux, il a pris chair, il est né, il a souffert, il a versé son sang jusqu'à la dernière goutte, il (\st mort de la plus cruelle et de la plus ignominieuse des morts. . . Pour qui, et pourquoi? Nous allons 11" chanter tout-à-l'heure : pour nous autres hommes, et pour notre salut: Pi'opfo' xo.s }io)ni»Cfi, et pt'opter Jtosfi-con saiKtemCi). Ce n'est point par or, ou par argent, ou par quelqu'autre chose «;orruptible, que vous avez été rachetés, nous dit le prince des Apôtres, saint Pierre, mais bien par le Sang du Christ Jésus, l'Agneau sans tache: Scioites qnod non corniptibilibiis^ aiiro vel /(Tf/cnlo rcdcmpd cstis, sedprefioso sanguine (juasi agni immacn-

(i) Isa. c. II, V. 3.

(2) Symbole de Nicée.

NXVIII. — D'oI" il VIKNDr.A .11 (iKH KTC. 'H'*

luti ChriMi, cl InconluïuiiKUi {[}. Mais ici encore, quoi de piu> équitable, qu'au dernier Jour, en cette qualité qui est excellemment et exclusivement la sienne, de Rédempteur, l'Iloinme- Dieu, Jésus Christ, demande compte à tous et à chacun, devant le monde entier, du prix de rachat, c'est-à-dire de ses souffrances, les plus intenses possibles, de sa mort, la plus ignominieuse qui fût jamais, de son sang répandu à tlots [2). Hélas! il en est tant qui le négligent ou le dédaignent, qui le profanent ou le gaspillent, ce très précieux sang, dont il a voulu pourtant, par grand amour, que la vertu réparatrice s'étendit non moins à tous les points de l'espace, qu'à ceux du temps. . . Saint Paul le dit : (l'est par ce Sang que tout a été purifié, et tout ce qui est sur la terre, et tout ce qui est dans les cieux : Paciflcans per sawfuinem crucis ejus^sive qnœ in terris, sivc <iiinin cœlis sunt (3) ; et l'Église le chante : La terre, la mer, les astres, le monde entier a été lavé par ce Sang :

Terra, pondis, astt^a, inxndtts,

Quo lavant ur sanguine (4).

Le Fils de Dieu fait homme, l'Homme-Dieu, Jésus Chri.st, s'il est notre tête, notre législateur, notre rédempteur, que lui manque-t-il donc?. .. Il est notre Roi. Ce n'est point ici simplement une manière de dire, ni une exagération mystique, mais une chose très véritable, qui a sa preuve presque à chaque page des Écritures. A Jésus Christ, toute puissance a été donnée au Ciel et sur la terre : Om)iis potesfas data est rnihi in cœlo et i)i terra (5). A Jésus Christ, tout est assujetti, et de lui tout relève : (hnnia sahjecta stint ei ((J|. A Jésus Christ, tout u été remis en main par son Père : Omnia mihi traditasioit a Pafrcmeo (1). Devant Jésus Christ tout genou doit fléchir au Ciel, en terre et

(1) I I»ETK. r. ', V. IS, m.

('!) Idrircd ipse taiita sui exinanitiont', ((ua voltiil fu-ri Ikiiiio, moii(iue pro hdiiiiiiilnis, nii'iuit liane cxaltatioiiem judiciaiia? potestatis, ut omnium sit ju- (lex, qui omnium luit salvator. Coknel. a Lxv. in Joann. c. v, v. 27.

(3) CoLos, c. I, V. -20. (t>) I Cor. c. xv, v. "11.

(1) Ihjmne de la Passion. (7) M.\tth. c. .\i, v. "21.

(5) Matth. c. .\xmii, v. J8.

246 LE SYMBOLK DKS APOTRES

tians les enfers : Ul In notninc Jcsa omne genu flectatiir, cœlcslium, terrcstrium, infemonon (il.

(■/est cette universelle domination que le prophète Daniel avait annoncée plusieurs siècles à l'avance (2). C'est ce règne i^lorieux de l'Honime-Dieu que David a si magnifiquement chanté (3i. Elle aussi, l'Église chante, elle chante son roi de gloire, le Christ Jésus : Tu rex glorise, Chrisle. . . Mais hélas ! <ïue les choses sont donc différentes de ce qu'elles devraient être ! Que le Roi Jésus est peu obéi ! A part un petit nomi)re de serviteurs fidèles, les quarante qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal : qui le craint ? qui se met en peine de ses menaces? qui respecte ses droits? qui tient compte de ses

immunités ? Et je pourrais assombrir de beaucoup le tableau

Selon la manière de dire aujourd'hui : les rois régnent, mais ne gouvernent pas ; ce sont des rois amoindris. Le \\o\ Jésus est de condition moins bonne encore ; il est plus amoindri qu'au- (îun d'eux ; il semble bien qu'il ne gouverne, ni ne règne. . . erreur, chrétiens, erreur profonde : vous vous laissez prendre à des apparences, ou si ce sont des réalités, à des réalités qui l)assent. Le Roi Jésus règne et gouverne. Le Roi Jésus est plus roi que jamais aucun autre ne l'a été, ne l'est, ou ne le sera. (Ju'importe un quart de siècle, ou un demi-siècle, ou un siècle entier, ou même une décade de siècles, à qui a tous les siècles pour lui? Un jour viendra, jour suivi d'une interminable éternité, un jour viendra donc, où Jésus jugera tous les hommes qui auront été et qui seront. Alors, qui sera grand? Jésus seul. Qui sera puissant? Jésus seul. Qui sera maître? Jésus seul. Qui sera sujet? Tout le monde, les uns par amour, les justes, les ('■lus; les autres par force et une invincible nécessité, les méchants, les réprouvés.

O Roi glorieux et plein de majesté ! O Juge, de tous les juges le plus juste, le plus équitable, hàtons-nous de le dire, en- ••ore miséricordieux, même en ce jour, et qui, s'il peut incliner de quelque côté, inclinera du côté de l'indulgence ! Car ne l'ou-

(1) Phil. c. II, V. 10.

("2) Dan. c. ii.

(8) PsAL. passiin.

xxvni. — d'oi; il viiondua .iic.kr i:it:. 247

!l>li(ins pas — et sur Je sujet (jui nous occupe on ce moment, •iMîtte remarque des saints J)octeurs est une des plus belles qu'ils ..•lient faites — n'oublions pas que c'est, non en tant qu'il est Dieu seulement, mais en tant qu'il est homme, conséquemment noti'e ami, noti'e livre, que Jésus (".lirist nous jugera: C'est pour- «[uoi, (lit saint Thomas, nous pouvons espérer un jugement plus doux: .hitlicdt DcKs jicr Jiorniitnn Clirislimi , i(t sit siiaviiis jKfIiriiiDi ImitrinihKs ilr. Moins concis que le Docteur angélique, saint Bernard est plus expressif, surtout plus touchant: Dieu le Père, dit-il, a donné au Fils le pouvoir de juger, non en cette (juaiité : qu'il est son fils, mais en cette autre : qu'il est le fils lie riionmie : Xuii quia suuk, sed qiiin filins ho))ntns est; puis ■«•ette remarque faite, il s'écrie : Qu'il est donc bien nommé : h; Père des miséricordes . .. puisqu'il veut que les hommes soient jugés par un honmie, afin que, dans ce si grand trouble, et une si légitime frayeur de la sentence qui va être prononcée, le .luge é'tant de race humaine, la ressemblance de nature donne <"onfiance aux élus : 0 vere Patrem miscricordiarum ! vnU per Jtoiiiiiiciii, hoiHtiii's jiidirari, </iio in. tuiita h'epidatione et pertuv- JxilioHc inalonoHj elcclis fidnciani jjra'sh'l iiaturs; similitudo (2|. 0 Seigneur Jésus Christ, en terminant cette Instruction, qui •est la dix septième et la dernière sur votre Personne très sainte et très adorable . . . après avoir dit, au cours des seize pré- -«^édentes : la promesse d'un Rédempteur faite à notre premier père, le jour même delà déchéance de sa race ; les prophéties annonçant votre arrivée, de longs siècles à l'avance ; votre •<;onsubstantialité avec Dieu le Père dans le ciel, de toute éternit<'i ; votre consubstantialité avec nous par l'Incarnation sur la terre, dans la plénitude des temj)s ; votre conception très ])ure par l'opération du Saint Esprit dans le sein d'une Vierge ; votre naissance, vos soufTrances, votre crucifiement, votre mort, et notre rédemption fruit de votre mort; votre sépulture, votre descente aux enfers, votre résurrection glorieuse, votre triomphante Ascension . . . Après avoir dit toutes ces •choses, il nous plait, en cette dernière Instruction qui nous a

(1) s. Thom. Ml p. (1. i.ix, art. 2.

(2) S. Bern. in cant. Sertit. 73.

248 LK SV.MIÎOLI.; DEr^ Al'OTHKS

mis sous les yeux votre second avènement, de nous reposer dans cette pensée: qu'au jour du jugement suprême, encore que vous soyez notre tète, la tête de toute l'Église, notre législateur, notre rédempteur, notre roi, et que vous nous jugerez à tous ces titres : vous nous jugerez aussi en homme qui juge des hommes, en frère qui juge des frères... 0 très doux .Tésus ! 0 frère très secourable ! 0 le plus tendre des amis ! ressouvenez-vous de vos raeiietés, et, en ce jour redoutalile! sauvez-nous :

Recordare, Jesu pie,

Quod sum causa tuif viép.

Ne me perdas illa die . . .

vixirr NErviKMK im'.oxk

Le Saint Esprit.

(jredo in Spirittu» Staicfinn.

Je cntis au Saint Ksprit.

Scqnitur niinr, iit illa eliaiii quic in Symliolo (le fi^rtia pcrsona, hoc est di- Spiritii Sancto, tiadiuUui', expliccntnr.

Qua in rt' declaranda omuH studiuin cl diliu;cntiani pastnrcs adhiliebunt, cnin hoiniiii christianonoii rnagis liceat hanc partem iguorair, vel de ea minus rectisentire, qnam do aliis superioribus articulis, existimandum sit.

Cntech. Rom. rap. U.

C'est le liuitM'iU(> article clii Symitole ; et par une coïncideiKM' (|iu ne me déplaît pas, il s'en faut, Texplication que j'ai à vous vu faire tombe au jour même de la Pentecôte, qui est excellemment la fête du Saint Esprit. Donc, abordons ce sujet, et malgré les difficultés qu'il présente, les ombres qui TenvelopiMMit. traitons-le du mieux possible. Aussi bien, le Catéchisme llomain, maître autorisé et jusqu'ici toujours écouté, recommande aux pasteurs d'y mettre tout le soin et toute l'application qui sont en leur pouvoir : (Jiia in re dechiranda o))inr sti((Unm rt diliiji'nlumi Pastorcs (idJiibchioit, i^avcv qm-, ajoutc-t-il avec infiniment de raison, il n'est pas plus permis à un chrétien d'ignorer cet article, ou d'en être mal instruit, qiu^ de ne pas connaître les articles précédents : Cion ho>ni»i cliristitnto non magis liccol hanc partcni irpiorafc, vel dcco. )niin(s rcctc sentire, (luam de aliis ifiiperioribus articulis, e.vistinwndinn .vi7... C'est

t250 LK SYMBOLE DKS APOTHES

pourquoi nous tiii'ons ce qu'est le Saint Esprit, considéré d'abord eu lui-même, dans son essence, puis dans ses œuvres et ses manifestations. Dieu nous aide de sa srâce!...

Nous l'avons dit précédemment, au cours de ces Instructions, et nous ne le répéterons ici qu'autant qu'il est utile de le faire, c'est-à-dire très sommairement.

Il y a un Dieu, Être par excellence. Être des êtres, infiniment grand, infiniment bon, infiniment juste, infiniment sage, qui voit tout, qui sait tout, qui gouverne tout, et pour citer, encore une fois un mot heureux, qui épuisei'ait la matière, si la matière pouvait être épuisée : une infinité de fois, infiniment infini dans ses perfections infinies: Itifi)ntis moclis, infinifics infinitus in pcr/edionibiis infinilis.

Il n'y a qu'un Dieu ; les .saintes Écritures le disent presque à chaque page ; l'Église l'enseigne par ses organes les plus autorisés ; la raison elle-même le démontre sans efibrt : qui ne voit que l'être tout puissant ne l'est en effet qu'autant qu'il <'st seul à l'être ? Imaginez deux êtres également puissants, n'est-il pas plus clair que le jour que ni l'un ni l'autre n'aura la toute-puissance '?

iNIais ce n'est pas encore là tout l'être divin. Où la raison est contrainte de s'arrêter, la foi prend son essor. En même temps (ju'il est un, Dieu est plusieurs.

Ils sont trois, dit l'Apôtre saint Jean, qui rendent témoignage <lans le ciel : Trca sinit qui fcslimonium dant in cœlo (i).

Us sont trois, entièrement distincts, ayant cliacun sa personnalité propre: Le Père qui n'est engendré d'aucun autre, le Fils engendré du Père, le Saint Esprit procédant du Père et du Fils, conjoints en un seul principe.

Ils sont trois, également saints, également parfaits, également immenses, également éternels, également Dieu ; mais parce qu'il n'y a qu'une seule nature divine, une seule substance divine, une seule essence divine, laquelle est simple, sans division, sans partage, tout entière en chacune des personnes : les trois,

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