‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 79 sur 172 · XXX. — JE CHOIS AC SAINT ICSI'IUl · texte numérisé non relu

XXX. — JE CHOIS AC SAINT ICSI'IUl

r/(rtù' (Ij, il faut qu'il y ait des Apôtres qui le connaissent à fond pour en instruire les autres, qui en soient tout pénétrés pour en pénétrer les autres, qui le publient avec intrépidité, car il souffrira conti'adiction, qui le prêchent dans toutes les langues, car il est pour tous les peuples. Des Apôtres. , . mais jusqu'ici il n'y en a pas. Jésus Christ en a choisi plusieurs, à qui il a donné ce nom (2). . .mais dans la réalité il n'en a fait aucun. Pendant les trois années passées à l'école du Jlaitre, ils n'ont l'ien ou i^resque rien appris. Même après la Ilésurrection leur foi reste mal assurée. Leur courage est encore plus chan- ('elant que leur foi n'est timide. Le plus vaillant d'entr'eux s'est laissé terrifier par une femme. . .Venez donc, ô divin Esprit; avant son départ le Maître a promis que vous viendriez sous peu de jours, non post mnltos hos dies (3), que vous enseigneriez à ces ignorants toute vérité (4), que vous leur ouvririez le sens des Écritures (5), que vous les revêtiriez de la force d'En- Ilaut (6). Venez donc. . . Il vient en elTet. Cette belle page du Livre des Actes vous est connue. Vous l'avez lue dimanche dernier (1). Elle ne perd rien de son intérêt pour être mise chaque année sous les yeux des Fidèles. Donc, le dixième jour après l'Ascension, qui était le jour de la Pentecôte judaïque. Apôtres et disciples étant réunis ensemble en un même lieu, au nombre de cent vingt, à l'heure de tierce, c'est-à-dire selon notre mode de compter, vers les neuf heures, on entendit venant du ciel le bruit d'un souffle impétueux qui remplit toute la maison, et l'on vit comme des langues de feu se disperser dans l'assemblée et se reposer sur chacun des assistants (8). . . Vous savez la suite. Tout ce récit est admirable. Jamais l'Esprit de Dieu ne s'était manifesté d'une manière aussi sensible. Mais la merveille des merveilles, c'est la transformation des Apôtres en hommes nouveaux. Ignorants, ils ne le sont plus.

(1) I TlM. c. III, V. U). (-i) JoAN.N. C. XVI, V. 13.

[i) Luc. c. VI, V. i;{. (5) JOANX. c. XV, V. 'il).

(3) ACT. c. I, V.5. (0) ACT. c. I, V. 8.

(7) r.o prùno a ôlr prôclu'' le (liinaiiclie de la Sic Triiiih'-, octave do la Poiilccùtc.

(8) AcT. c. II.

Lents à croire, ils ne le sont plus. Craintifs jusqu'à fuir et se cacher, ils ne le sont plus. Baptisés dans le Saint Esprit, ainsi que Jésus Christ le leur avait promis, c'est-à-dire inondés de ses lumières, échauffés de ses feux, pénétrés de son onction, quelle ardeur les transporte ! Quel zèle de prosélytisme ils déploient ! Avec quelle assurance ils prêchent dans toutes les langues, qu'une seule leçon du Saint Esprit leur a apprises, Celuilà même qu'ils n'osaient nommer dans la leur propre ! A qui les comparerai-je ? Comme les animaux mystérieux de la Vision d'Ezéchiel, ils sont tout yeux pour voir, tout pieds pour courir, tout mains pour agir, tout ailes pour voler, tout flammes pour embraser.

Et le prodige n'est pas limité au seul jour de la Pentecôte, ni aux jours suivants, ni à une période de temps quelconque, il se continue dans tous les temps. A la vérité, le vent impétueux a cessé, les langues de feu ont disparu, le Saint Esprit a retiré l'appareil extérieur de ses opérations ; mais pour être plus latente, son action en est-elle moins efficace ? Voyons : qui assiste l'Église depuis dix neuf cents ans ? Battue de tant d'orages, frappée de si furieux coups, tantôt noyée dans le sang de ses propres enfants, tantôt mise en lambeaux par les schismes et les hérésies, n'aurait-elle pas dû périr cent fois ? Non, elle résiste, elle est debout, chaque nouvelle attaque lui prépare une victoire, et pour répéter un mot fameux : enclume d'une trempe à part, elle use tous les marteaux ... Je le demande encore: Qui donc l'assiste ? Qui, l'ayant fait naître, la fait vivre'? Qui pourvoit à tous ses besoins, selon les temps et les circonstances? Qui lui donne un grand Pape, quand il lui faut un grand Pape ? un grand Docteur, quand il lui faut un grand Docteur ? un grand Thaumaturge, quand il lui faut un grand Thaumaturge ? Le phénomène n'avait pas échappe'au génie de saint Augustin, il en rend compte par la comparaison suivante, d'une exactitude parfaite : Ce que l'âme est au corps de l'homme, le Saint Esprit l'est au corps de Jésus Christ, qui est l'Église : Quod autem est anima corpori hominis, hoc est Spirittis Sancttts Corpori Cliristi, quod est Ecclesia. Ce que l'âme fait dans les membres d'un même corps, le Saint Esprit le fait dans toute l'Église : Hoc arjit Spiritus Sanctus in tota Ecclesia,

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