QUATRIEME PRONE
L'unité d'essence en Dieu, le nombre et la distinctioi des Personnes.
Credo in Deum Patron .
Je crois en Dieu le Père.
ViTiim pra?tor oas iKitioiics quas exi)licavimus, Patrisiiomiiio audito, ail altiora niysteria mcntem erigendam esse parochus doceliit.
Caleeli. Rom. cap. i.
Il n'est pas sans utilité de donner le sommaire des notions qiir nous avons précédemment exposées.
Nous croyons, credo, c'est-à-dire : nous donnons Tassentiment le plus absolu, l'adhésion de l'esprit et du cœur la plus illimitée, aux vérités que l'Église enseigne.
Nous croyons en Dieu, credo in Deum, c'est-à-dire : de toutes les vérités proposées à notre foi et acceptées par elle, la première est celle-ci : qu'il y a un Dieu ; que ce Dieu est unique ; que ce Dieu unique est l'Être par excellence, duquel on a pu dire, en épuisant toutes les ressources du langage : Qu'il est une infinité de fois infiniment infini dans ses perfections infinies : Infhiltis modis infhiitics i)ifi)iiti(s in pcrfcctionibus in/initi.'i (li.
Voilà ce qui a été expliqué dans les deux dernières instructions. Mais nous faisons un pas en avant, et nous disons : Credo in Dctnn Patrcm : nous croyons en Dieu le Père. C'est le troi-
(I) Cardinal Ca.iet.vn. "11
sième mot du symbole : c'est notre prône d'aujourd'hui : Dieu est Père.
Dieu est Père : Il est la puissance qui crée, la sagesse qui gouverne, la bonté qui pourvoit à tout et à tous. Quoi ! Les païens eux-mêmes, si altéré que fut chez eux le sens du vrai, le comprenaient comme nous : leur Dieu suprême était appelé du nom de Père secourable, Juvans Pater (1).
Dieu est Père : s'il ne nous a pas produits de sa substance, ce qui est le fait de la paternité proprement dite : Omne généraux producit simile sibi secundnm formam, il nous a faits siens par adoption. C'est de nous que l'Apôtre déclare : Que nous n'avons pas reçu l'esprit do servitude pour demeurer dans la crainte, mais l'esprit d'adoption des Enfants de Dieu, en vertu duquel nous crions: Père, Père : In quo clamamus : Abba,'Pater (2),
Mais, cela dit, il reste à dire : Dieu est Père dans un sens infiniment plus élevé ; et puisque le sujet le veut, et que, d'autre part, telle est l'obligation du pasteur, si difficile que soit la tâche, nous avons à aborder le plus redoutable, comme le plus incompréhensible des Mystères, le Mystère de la sainte Trinité : xid altiora mysteria mentetn erigendam esse paroclms doctbil (3). Dieu nous soit en aide !
Dans le ciel, dit saint Jean, ils sont trois qui rendent témoignage : Le Père, le Verbe ou le Fils, et le Saint Esprit, et ces trois ne sont qu'une seule chose : Très sunt qui testimonimn liant m cœlo, Pater, Verbitm et Sjjiritus Sanctus, et hi très imum sunt (4) ; c'est-à-dire, comme l'explique Bossuet après saint Augustin : En Dieu il y a nombre, en Dieu il n'y a point de nombre; quand vous comptez les trois personnes, vous voyez un nombre ; si vous recherchez leur essence, le nombre disparaît, vous ne trouvez plus que l'unité simple : Quia très sunt, tan^
(1) Il y a plus : étaient-ils frappés de calamités publiques, le premier de leurs dieux, auteur reconnu de ces maux, était encore appelé par eux du nom de l'ère : .lam satis terris nivis, atijuc diriegrandinis misit Pater. HoR.od. lib. I, (id.2.
(2) Rom. c. vni, v. 15.
(3) Loc. jani cit.
(4) I JOANN. c. V, V. 7.