‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 83 sur 172 · XXXI. — LA SA1NTI-: KdLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

XXXI. — LA SA1NTI-: KdLISE CATHOLIQUE

(le les garder intactes, exemptes de tout mélange d'erreur. Voilà l'Église, quant à la fin pour laquelle elle a été fondée; et pour y atteindre, ses ouvriers seront partout, les uns apôtres, les autres évangélistes, d'autres pasteurs et docteurs (1); c'est-à-dire (}ue les ministères seront différents, mais le but final restera le môme: faire des saints, peupler le ciel d'élus, jusqu'à ce que soit établie une même foi, que soit connu le même vrai Fils de Dieu, et que Jésus (Christ étant formé en chacun de ses membres, l'Église, qui est son corps, ait reçu par des accroissements successifs tout le dévelop{Dement qu'elle doit avoir (2).

Et maintenant, de ces simples et élémentaires notions, auxquelles les Instructions suivantes prêteront encore quelque clarté, voyez quelles conséquences vont couler comme de source.

Première conséquence; L'Église est une société surnaturelle; elle est dans le monde, mais elle n'est pas du monde, elle vient de plus haut que le monde. Son origine, qu'elle tire du Fils de Dieu fait homme pour sauver les hommes par son moyen, est surnaturelle. La vie qu'elle ne cesse de recevoir de son Chef, qui est Jésus Christ, comme tout corps organisé reçoit la sienne de la tète à laquelle il est conjoint, est surnaturelle. Le mode d'aggrégation par lequel on y entre, pour en faire partie, c'est-àdire le baptême, a été divinement institué, il est surnaturel. La grâce, de laquelle seule ses membres tiennent d'être des membres vivants, c'est le Saint Esprit qui la répand dans les âmes, elle est surnaturelle. La fin qu'elle poursuit, qui n'est autre que le salut éternel, et les moyens qu'elle met en œuvre pour y atteindre, c'est-à-dire les enseignements des Pasteurs et les Sacrements, toutes ces choses appartiennent à l'oi'di'c surnaturel.

Deuxième conséquence : L'Église est une société distincte de toute autre .société. Du moment qu'elle a une origine qui lui est propre, une fin et des moyens pour y atteindre qui n'appartiennent qu'à elle : L'Église est une société parfaite en son genre, c'est-à-dire une société qui ne dépend d'aucune autre, (lui n'est subordonnée à aucune autre, qui n'entre dans aucune

(1) EiMi. e. IV, V. IL (i) Um\. V. li, 13.

1272 LE SYMBOLE DKS AI'OTBLS

autre pour n'être plus qu'une partie d'un tout. En un mot, l'Éi!,lise est maîtresse indépendante dans Tordre des choses sacrées. Dans cet ordre, il n'est au pouvoir de personne de lui contester ses droits ou de les restreindre . L'Église ne relève que d'elle-même, ou plutôt elle ne relève que de Dieu, par qui elle est tout ce qu'elle est, et de qui elle tient tout ce qu'elle a. Est-il inutile de rappeler ces choses, en un temps comme le nôtre, alors que des esprits, même très bien intentionnés, sont chaque jour à la veille de tomber dans de graves erreurs, faute d'avoir, sur le point qui nous occupe, des notions assez sûres... Troisième conséquence : Si l'Église et la société civile sont distinctes — elles le sont en effet, étant toutes les deux souveraines, l'une dans l'ordre spirituel, l'autre dans l'ordre temporel — ce n'est pas à dire pourtant qu'elles soient égales. Plus noble est l'Église par son origine ; c'est Dieu qui l'a fondée, pailui-même, immédiatement, qui lui a donné sa forme, sa constitution, son mode d'existence, ses organes de fonctionnement ; tandis qu'il n'a établi la société civile que d'une manière géné- !"ale, en ce sens seulement qu'il a fait l'homme sociable, sans déterminer dans quelques conditions spéciales il se constituerait en société. Plus noble encore est l'Église par l'étendue de son action, ni limitée par les temps, ni restreinte par les lieux : c'est la parole même de Jésus Christ disant à ses Apôtres, connue nous le rai^pelions, il n'y a qu'un instant : Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre. ., allez, enseignez toutes les nations . . . voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. . . tandis que la société civile se fractionne presque à l'infini en nationalités dilférentes, régies par des lois différentes, avec des formes gouvernementales différentes. Plus noble surtout est l'Église par sa fin qui consiste essentiellement dans le salut éternel des âmes, et à faire de nous les heureux possesseurs des biens éternels; tandis que la société civile n'a et ne peut avoir d'autre but direct que le iionheur présent de ses membres, en leur assurant la paisible jouissance des biens temporels : Ut quietani cf. iranquilUnn rilam agamus d) .. . avantages, .sans aucun doute, fort apprécia- Il) ITlM. C. H, V. '■l. '

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