‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 84 sur 172 · XXXI. — LA SAINTR ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

XXXI. — LA SAINTR ÉGLISE CATHOLIQUE

hles, mais qui le cèdent inrminient à ces richesses, d'ordre supérieur, que la rouille ne ronge point, que les voleurs n'emportent point (1), et dont l'Apôtre a dit, en épuisant toutes les formules du langage : L'œil de l'homme n'a point vu, son oreille n'a point entendu, son cœur ne peut comprendre ce que Dieu réserve à ceux qui l'aiment (2) . . .

Ce n'est pas à dire, non plus, certes, qu'elles soient contraires l'une à l'autre, et doivent se faire mutuellement lu guerre. Est-ce que le corps est l'ennemi de l'âme, ou l'âme du corps? Non, sans aucun doute, leur union est féconde, et l'accord profite aux deux. Est-ce que dans le monde physique, les forces qui y régnent, distinctes par leur nature, se combattent et se détruisent? Pas davantage ; Dieu, qui les a faites, les tient dans sa main, et en dispose de telle sorte que celles-ci ne gênent point celles-là, et toutes enseml)lo concourent au bien général. Or, il en est de même quant à l'Église et à la société civile, dans un ordre de choses infiniment plus relevé. Dieu, qui les a instituées l'une et l'autre, ne les a point faites, quoique distinctes et d'inégale dignité, pour qu'elles fussent contraires l'une à l'autre, il s'en faut ; mais pour que de leur mutuel accord et bonne entente, il en résultât une quantité considérable de biens qui tourneraient à l'avantage de chacune d'elles. Est-il besoin ici de longs raisonnements ? Ne le voyez-vous pas d'une claire vue ! . . . Oh ! que l'Église serait prospère, et par suite la religion qui s'identifie à l'Église et fait corps avec elle, si la société civile lui accordait, non la simple tolérance seulement, c'est un ?}iù((m(<m qui ne convient à la dignité ni de l'une ni de l'autre ; mais une bienveillance sincère, une liberté vraie, une protection équitable, une largo reconnaissani'o de tous ses droits ! Que sa mission serait facile et tout â la fois iVuctueuse, si les conducteurs des peuples se ressouvenaient, connue ils en ont le devoir, que la puissance souveraine leur est accordée afin que la vertu soit aidée, que les voies du salut soient élargies, et que l'empire de la terre serve l'empire du ciel, ainsi que saint Grégoire, pape, l'écrivait, en son temps, à

(1) Matth. c. vi, V. l'J.

(-2)1 Cou. c. Il, V. '.).

PLM. — . l.K SYML!. DES Al'. — 18.

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un i;'raiid empereur d) !... Et d'autre part, comme elle prospérerait, la société civile, elle aussi, autant du moins que le permettent les conditions de la vie présente, si l'Égliseavait sa pleine liberté d'action, si tous ses enseignements étaient acceptés, ses lois obéies, son culte tenu en honneur, ses œuvres de charité et de zèle encouragées, favorisées, soutenues ! . . . Ditesnous-le, grand Pape, vous que Dieu réservait, dans sa miséricorde, pourjeter plus de lumière sur les graves questions de ce temps ; dites-nous : que, bien qu'en soi et de sa nature ])r()pre, l'Kglise ait pour but le salut des âmes et la félicité étei'nelle, cejiendant, en la sphère même des choses humaines, elle est la source de tant et de tels avantages, qu'elle n'en pourrait procurer de plus nombreux et de plus grands, même dans le cas où elle n'aurait été fondée qu'en vue d'assurer la félicité de cette vie ("ii... Dites-nous : que, loin de se laisser absorber par les soins spirituels, l'Église ne n(''glige rien de ce qui se rapporte à la vie terrestre et mortelle, et que, pour ce qui est en particulier des humbles, des petits, des travailleurs, elle veut et fait tous ses efforts pour les tirer de l'état besogneux dans lequel ils sont, et leur procurer un sort meilleur (3) .. . Et après des paroles si autorisées, elle est légitime, certes, cette conclusion que je voudrais, avant de finir, graver en trails

(1) Ad hoc eiiiiii ])otcslas (loiiiiiiorum iiieoruni pictati cœlltus data est super (liiiiics lioniiiics, iiL qui tidiuun a|ipotuul, adjuvciiUu' ut cadoruni via largiiK pateat, ut. Icii-eslre ret^innii ni'lcsti rc;;ii(i tanuihjlur. C.rkc. Lib. "2. Epiai, (i'2, (td Mdiir. Ai((i.

(i) EnCIJ. IMMORTALE DEI.

(3) Encij . KEUL'M SOVAKUM. — (".c uc suut pas sculniii'iit les graïuU's Eiiovcliques de Léou XIII, mais eucorc les Lettres particulières (pii témoig'neut de son zèle à èlalilir en fait, ce tpii est de droit : l'accord entre l'Église et la société civile ; et de sa persuasion, que de cet accord résulteraient d'immenses avantages pmu- les deux ]uiissances. ('/est ainsi qu'en liiars dernier (18'Jl) à l'occasion du leiili'uaire de St Grégoire le C.raud, il écrivait : Hien ne saurait être plus ntile et salntaire à notre temps (|ne d'apprendre par l'histoire dn siècle de Grégoire le Grand, cnnducn la vertu divine de l'Église est puissante pour écarter ou guérir les maux pi-ivés et puhlics, lorsqn'cdle n'est pas empèciu''e d'exercer son action sur les hommes, et coinmeut, plus on laisse le chauqi liiii'e à la raison et à ré(inité en faisant taire les iiaines dont l'Église est l'objet, plus on travaille à la tranquillité, à la civilisation et à la j)rospérilé des Étals et des Em|nres . . .i'iiirers, 'J mars 181)1.

Kxxr. — LA SAINTI-: iicLisi-; c A'iiioLKjir: !2/.)

ineffaçables dans vos cœurs, à savoii" que : L'Église est une hk" re non moins clans l'oidre temporel que dans l'ordre spirituel; qu'à l'exemple du divin Maître, dont elle est, nous l'avons dit, l'extension et le prolongement, elle a passé, elle passe, et traversera les siècles, en faisant le bien ; qu'enfin si elle aspire aune plus grande liberté, c'est uniquement en vue d'atteindre ce douille l)ut : nous rendre heureux en cette vie et en l'autre . . .

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