XXXII. — T.A SAIXTK KCf.ISK C Ail K M.KHK
royaume (jui doit aller (ruiic mer à uno autre, et ne (inir que là où le iiKtiule lui-même liiiit (I i. . . lléjouis-toi, stérile, qui n'eiiiantais pas, chante des cantiques de louange, pousse des cris (rallégresse, ear tes enfants sont plus nomlircux mille fois que ceux de l'épouse jusque-là préférée. Où les abriteras-tu '.' CJioisis un lieu plus spacieux, agrandis tes tentes, étends les peaux (jui les couvrent, allonge les cordages, affermis les pieux, regarde à droite et à gauche, toute la terre est à toi (2) . . . C'est dans ce langage plein de magnificence qu'Isaïe, huit siècles à l'avance, chante les nations en marche vers l'P^glise, et l'Église dilatant son enceinte pour les recevoir.
Et il y a mieux encore que les Prophéties : c'est le fait luimême. Lisez, en la fête de la Pentecôte, le chapitre deux des Actes : dès sa première apparition officielle, l'Eglise est déjà catholique, c'est-à-dire universelle ; elle parle toutes les langues ; chacun des vingt peuples présents à cette heure dans la Mlle sainte entend les Apôtres dans sa langue propre : Audirliat unnsquisquc Ungna sua illos< loqucnfcs (3i. . . A quelques jours de là, les Douze se partagent le monde qu'ils ont reçu ml.ssion de conquérir; un quart de siècle s'est à peine écoulé, que saint Paul écrit aux fidèles de Rome : que leur foi est prèchée et cownue partout (i). A la fin du premier siècle, saint Justhi, le l)hilosophe converti, plus tard saint P^piphane, Tertullien, et une foule d'autres, disent hautement sans craindre un démenti : que l'Église est répandue dans le monde entier (5>. Les hérésies naissent et pullulent ; il n'importe ! l'Église reste ce qu'elle est et ne doit pas cesser d'être, toujours visible, toujours catholique, en fait comme en droit, en réalité comme de nom (0). . . Et ce phénomène se perpétuera de siècle en siècle ; et la raison en est évidente : c'est que Dieu voulant le salut de tous, il doit vouloir [lareilhMiient que l'Instrument au nio\en duquel on puisse être sauvé, soit connu de tous, à la portée de tous, d'un usage facile pour tous. . . Et par conséquent, la
(1) PSAL. LXXI. (4) ACT. C. Il, V. Cl.
(i) Dial. ciim Triph. —Ilh. coiit. (."») Uom. c. i, v. 8. Il.i'tcses. — .\;<ilii<i. (()) S. C.ykil. Miku. Calech, 18. — S.
(3) Is.\. c. 1,1V, V. 1 olsuiv. l'ACiEX. Lpisl. ail Sjinipronîiini.
troisième marque à laquelle on aura à reconnaître la véritable Église de Jésus Christ, se tire de la nature elle-même de rÉglise : C'est la catholicité.
En est-il encore quelqu'autre ?
Il est certain en quatrième lieu, que la véritable Église de Jésus Christ ne peut pas ne pas être apostolique. Je ne m'attarderai pas à le démontrer longuement. C'est l'évidence même. C'est sur les Apôtres seuls que Jésus Christ a fondé son Église (1). C'est aux Apôtres seuls que Jésus Christ a donné sa doctrine pour être prêchée à perpétuité, ses sacrements pour étro administrés à perpétuité, le ministère pastoral pour être exercé à perpétuité : Allez, enseignez toutes les nations, et les baptisez, et leur apprenez à observer tout ce que je vous ai prescrit (2). . . Toute Église donc qui ne se rattache pas à ce fondement par le lien d'origine et de dépendance est fausse ; tout pasteur qui ne remonte pas à cette source par la profession de la même foi, par une ordination légitime, ou par une mission légitime, est un intrus, et comme le disait saint Optât : un fils sans père, un suivant sans chef, un disciple sans maître, un successeur sans prédécesseur, un pasteur sans troupeau, un évèque sans peuple (3). , . Certes, il serait difficile d'exprimer plus clairement et plus brièvement, qu'avec l'Unité, la Sainteté, la Catholicité, 11 est une quatrième marque distinctive de la véritable Église de Jésus Christ : l'Apostolicité.
Et maintenant que la première partie de notre enquête est achevée, que nous reste-t-il à faire, sinon bénir Dieu, et lui rendre nos meilleures actions de grâces, pour avoir marqué son Église, véritale arche de salut, de signes tellement reconnaissablés, que personne n'est en péril d'erreur. . . Et quand nous aurons vu, comme je me propose de vous le montrer dans la prochaine Instruction, laquelle est, de toutes les Églises, ou sociétés chrétiennes s'appelant de ce nom, celle à qui ces mar-
(1) Eph. c. II, V. 20.
(2) Mattji. c. XXVIII.
(3) Lib. 2. de schism. Donatist. c. iv.