XXXIV. — I>A SAr.NTK KdLISK CATIIOUQUE
toute vérité, et leur ('omniuiiifjiicra la force d'(ni soutenir le poids (l).
Qu'avotis-iiou-: besoin d'ajouter d'autres témoignages ? Ceuxci ne suffisent-ils pas? Est-il un esprit, pour peu qu'il soit sensé et libre de préventions, qui ne voie, je ne dis pas seulement dans tous ces textes pris ensemble, mais dans chacun d'eux (m particulier, l'infaillibilité doctrinale promise aux Apôtres et à leurs successeurs, c'est-à-dire au Corps des pasteurs chargé de l'enseignement dans l'Église ?
Les portes de l'enfer, c'est-à-dire toutes les puissances infernales conjurées, ne prévaudront jamais, quoi qu'elles fassent, contre l'Église ... et l'Église serait faillible !
Jésus Christ promet à l'Église de demeurer avec elle, tous les jours, c'est-à-dire sans aucune intermittence, si courte soit-elle, jusqu'à la ('onsommation des siècles ... et l'Eglise serait faillible !
C'est une autre assurance donnée à l'Église par Jésus Christ, que l'Esprit de vérité, c'est-à-dire l'esprit de Dieu lui-même ne cessera de l'assister, de la diriger, d'enseigner avec elle et par elle toute vérité ... et l'Église serait faillible !
C'est un devoir d'écouter l'Église, devoir à ce point obligatoire, qu'au dire de Jésus Christ, quiconque s'y soustrait doit être tenu pour un païen et un publicain (2); en d'autres termes, sera excommunié ... et l'Église serait faillible !
Si l'tlglise peut se tromper et nous tromper dans ce qu'elle enseigne, comment saint Paul a-t-il pu dire, ainsi que nous le li.sons dans sa première Epitre à Timothée : que l'Eglise est la colonne et le plus ferme soutien de la vérité (3) ; et dans son Épitre aux (ialates : que si quelqu'un venait nous prêcher un autre Évangile que celui qui est prêché par l'Église, quand bien même ce quelqu'un serait un Ange, nous aurions le droit et le devoir, non seulement de ne le pas écouter, mais encore de lui dire anathème (4).
Si l'Église peut se tromper et nous tromper, comment le même saint Paul va-t-il jusqu'à faire de Jésus Christ et de l'Église, un tout moral : Jésus Christ étant la tête, et l'Église le
(1) Iliid. c. XVI, V. \i>, 13. (3) l TiM. c. m, v. 15.
Ci) Matth. c. xviii, V. 17. (-i) Gal. c. i, v. 8, 'J.
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corps conjoint à cette tète pour en recevoir la vie (i) ; Jésus Christ étant l'Époux et l'Église l'Épouse pour être dirigée, assistée, protégée par l'Epoux (2) ? Enfin, comment a-t-il pu dire, ainsi qu'il le dit en son Épitre aux Éphésiens: que Jésus Christ s'est choisi des Prophètes, des Evangélistes, des Docteurs, des Pasteurs ; en d'autres termes : qu'il a institué un Corps enseignant , afin que nous ne soyons point comme des entants flottants, emportés çà et là à tout vent de doctrine par la tromperie des hommes, et l'astuce dont ils se servent pour nous circonvenir et nous engager dans l'erreur (3) ?
Est-il rien de plus clair, rien de plus logique que ces déductions ? surtout quand la tradition vient s'y ajouter, et nous démontrer, preuves en main, que toute la suite des Pères et des Docteurs ont compris les promesses divines dans le même sens que nous, dans le sens d'une véritable infaillibilité doctrinale assurée à l'Église enseignante.
Dès le second siècle, j'entends saint Irénée nous dire : qu'il ne faut point chercher la vérité ailleurs que dans l'Église, qui la possède tout entière, sans altération, sans mélange, au moyen desesÉvêques, qu'une succession non interrompue fait remonter jusqu'à la source même d'où cette vérité a pris son cours.
Aux siècles suivants, voici d'autres Docteurs qui quolilient l'Église : de fdiedu Dieu vivant ; de flamleT-U destiné à éclairer le monde ; d'épouse de Jésus Christ, toujours pure, toujours incorruptible, au front de laquelle l'hérésie ne peut imprimer une tache, ni creuser une ride. Comment douter de l'indéfectibililé de l'Eglise, et par suite, de son infaillibilité, sans laquelle l'indéfectibilité ne serait qu'un vain mot, quand on entend dire à saint Jean Chrysostome : qu'il n'est pas moins insensé de faire la guerre à l'Église, que de prétendre escalader le ciel ; ou bien : que le soleil s'éteindrait plutôt que l'Église serait détruite (4) ?
(t) CoLOSs. c. I, V. 18. (3) Ephes. c. iv, v. II.
(2) Ephes. c. v, v. 23.
(4) Po.ir tous ces textes dont on ne donne ici que le sens, voir Peurone. l. 2. p. 844 et suiv. Gousset. Théulog. Doijmat. t. 1, p. 515 et 6U1 et suiv.