XXXIV. — I.A SAINTK KC.r.ISK CATIlOIJQirK
Mais c'est surtout le grand Évoque d'Hippone, saint Augustin qu'il faut citer. Pour lui, comme pour saint Paul : l'Église est la colonne et le plus ferme appui de la vérité (1). C'est sa foi, comme c'est la foi du Concile de Nicée : que l'Église est une, que l'Église est sainte, que lEglise est catholique, que l'Église est apostolique, et que, partant, elle est vraie et ne peut cesser de l'être (2). Avec quelle ardeur de conviction il déclare : que l'Église est à ce point en possession de la vérité, que quiconque s'en sépare tombe fatalement dans l'erreur (3) ; qu'étant le corps dont Jésus Christ est la tête, le temple dont Jésus Christ est le sacrificateur, la maison dont Jésus Christ est le maître, la cité dont Jésus Christ est le roi, on peut la combattre, mais la vaincre, jamais: Pagnari potest, expugnari non potest (4) ; qu'à la vérité, beaucoup d'hérésies sont nées dans son sein, mais n'y sont point restées, ni ne pouvaient y rester, pas plus que ne peuvent rester sur le cep de vigne, les branches mortes ; c'est pourquoi on les coupe : Hœreses omîtes de illaexierunt, tanqiiam sarmenta ùiutilia de vite prœcisa{o).
Ah ! bénissons Dieu ,— car cette Instruction ne saurait avoir une autre conclusion que la précédente — bénissons Dieu, qui, ayant donné à son Église l'infaillibilité doctrinale, c'est-à-dire, l'ayant mise dans l'heureuse impossibilité de se tromper jamais en matière de foi et de moeurs, a fixé pour toujours nos incertitudes, et procuré la paix à nos âmes. Quelle consolation, et quel sujet de tranquillité pour nous, de nous savoir montés sur cette Barque qui ne peut être submergée, parce que c'est Jésus Christ lui-même qui tient le gouvernail, et l'a assurée de son éternelle assistance ! . . . Quoi qu'elle fasse, même après les plus laborieuses recherches, la raison humaine n'arrive à la connaissance que d'un petit nombre de vérités. Pour nous, enfants de l'Église catholique, il en va tout autrement ; grâce à son magistère infaillible , sans qu'il soit besoin d'aucun effort, nous avons la vérité entière et toute faite. Que l'Égli-
(1) Enan-al. in Psal. 103. (4) Enairat. in Psal. 131.
(2) De siimb. ad Calecli. c. vi. (5) De stjmb. ad Catechiim.c. vi.
(3) Enavral. in l'sal. 57.
se parle, et que nous sacliions quelle a parlé, il nous suffit.
Mais il y a une conclusion plus pratique encore. Puisque l'Église est infaillible, nous avons le devoir de lui obéir en toutes choses, de croire sans hésiter tout ce qu'elle propose de croire, de rejeter sans retard tout ce qu'elle condamne^ de faire avec empressement tout ce qu'elle commande. Que chaque fidèle prononce avec une sainte joie ces paroles : Je crois la sainte Eglise catholique. . .sa. foi est ma foi. Qu'elle parle par le Pape seul, ou par le Corps des Pasteurs unis au Pape ; que par l'un ou par l'autre de ses organes officiels, elle juge des saintes Écritures, de leur inspiration, de leur authenticité, ou qu'elle les interprète; que de telle vérité tenue pour certaine dans tous les temps, dans tous les lieux, par l'universalité des fidèles, elle fasse un article de foi, en la déclarant vérité révélée ; qu'elle condamne telle doctrine jugée par elle subversive de la foi, ou contraire aux bonnes mœurs ; qu'elle proscrive comme hérétique ou entaché d'hérésie, comme immoral ou impie, tel livre, telle revue périodique, usant en cela d'un incontestable droit (1) : sur aucun de ces points, ni sur aucun autre, si je suis un vrai fidèle, je n'ai ni de doute à émettre, ni de difficulté à proposer, ni d'objection à faire . L'Église a parlé, il suffit ; je l'écoute, je la vénère comme l'organe vivant du Dieu de vérité, et l'interprète infaillible de ses volontés.
Ah ! puissions-nous, tous et toujours, tenir ce langage de la foi et de la soumission ! Puissions-nous vivre et mourir, en vrais fidèles, dans le sein de notre commune mère, la sainte Église catholique, pour nous ratrouver en la société de ses membres glorifiés, et régner éternellement avec le Prince des Pasteurs, Jésus Christ. . . .
(1) L'Église a égaleiiipiit le droiL ilc prohibei' les livres : c'est une conséquence inévitable du droit de condamner les erreurs.
On ne concevrait pas l'Église signalant une doctrine comme dangereuse, et ne pouvant pas signaler les sources où elle est contenue. Mais si en signalant la doctrine comme dangereuse, elle la condamne ; de même en signalant les sources, elle en interdit l'accès. Le pouvoir de condamner les livres est donc aussi une des parties nécessaires du magistère de l'Église ; et le magistère de l'Église n'est pas moins infaillible dans cette partie que dans les autres. L'Abbé L. Petit. L'hidex. p. 15.