TRENTE CINQUIÈME PRONE
L'autorité de gouvernement dans l'Église.
Cnulo . . , sioichitH Ecclesiam calholicam.
Je crois ... la sainte Eglise catholique.
Si'quis dixerit baptisatos liberos esse ab omnibus sanctie Ecclesiîe praeccptis, qiue vel scripta vel tradita sunt, ila ut ea observare non teneantur, nisi se svia sponte illis siibiniUer(' vohieriiit, aiiathema sit.
Coiic. Trid. sess. 7, can. 8.
Nous l'avons dit, brièvement à la vérité, mais, croyons-nous, suffisamment : L'Église durera toujours, et toujours identique il cllo-même, c'est-à-dire toujours une, toujours sainte, tfiujours catliolique, toujours apostolique; elle est indéfectible. Vous n'avez pas oublié le mot de saint Jean Chrysostome : 11 n'est pas moins insensé de vouloir la détruire, que de prétendre escalader le ciel. .. C'est un autre mot non moins beau, non moins vrai, et déjà nous avons eu occasion de le cùter: Enclume divinement trempée, elle a usé tous les marteaux...
Nous l'avons dit ensuite, et démontré avec surabondance de preuves: L'Église est inlaillibli^ ; ce qui signifie: que <lans la sphère de .ses attributions, c'est-à-dire en matière de foi et de nneurs, et dans les choses qui touchent de si près à la foi et au\ monn-s, qu'elles en sont comme les annexes nécessaires, rÉglis(> ne peut se trompci' ni nous tromper jamais, parce que, en vertu des promesses dtî son divin Fondateur, l'Esprit de v(>rité est avec elle pour l'assister toujours.
Mais, cela dit, le sujet n'est point épuisé. Il reste à savoir si,
en même temps que l'indéfectibilité dans la durée, l'infaillibilité dans la doctrine, l'Église.a reçu l'autorité de gouvernement. C'est ce que nous nous proj^osons d'examiner aujourd'hui (1). Dieu nous aide de sa grâce!. . .
La question est donc celle-ci : L'Église a-t-elle reçu, et possède-t-elle l'autorité de gouvernement, c'est-à-dire, au sens que ces mots expriment, le pouvoir de gouverner ceux qui sont devenus ses membres parle baptême, de les régir dans les choses qui sont de son ressort, en édictant des lois qui les obligent en conscience? Il nous semble que, par le seul fait qu'elle est posée, cette question est déjà résolue. Nous l'avons dit, dés notre première Instruction sur cette matière : L'Église est une bergerie, ovile, une famille, domns, un royaume, vegnum, et plus tliéologiquement encore : une société d'origine immédiatement divine, parfaite en son ordre, établie dans un but déterminé, et pourvue de tous ses organes de fonctionnement pour y atteindre. Mais, à moins que les plus élémentaires notions ne soient renversées, toutes ces choses supposent un gouvernement. Il n'est point de bergerie sans pasteur, point de famille sans un chef, point de royaume ni de société humaine quelconque, sans une autorité qui commande et des sujets qui obéissent. N'insistons pas davantage, la preuve est faite. Quand l'Église use de ses pouvoirs, pouvoirs qu'elle a conscience de tenir de son divin Fondateur, elle exerce un droit légitime. Quand l'Église édicté des lois pour assurer, ou à la Loi divine elle-même un meilleur accomplissement, ou à la Foi son intégrité, ou aux mœurs leur pureté, ou au service divin son unité et sa sainteté, ou aux sacrements l'honneur qui leur est dû, elle exerce un droit légitime. Quand l'Église prescrit des œuvres de i^énitence propres à expier les péchés, prononce des jugements, édicté des peines, ou la suspense, ou l'interdit, ou l'excommunication, soit pour corriger et faire rentrer dans le devoir ceux de ses enfants qui sont dévoyés, soit pour retrancher définitivement de son sein les rebelles incorrigibles, elle exerce un droit
(I) Prœcipuie Ecclesi;c dotes siint : indefectibilitas in existendo, infallibijitas in doceiulo, auctoritas in regendo. Perrone, t. 2, p. 832.