‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 92 sur 172 · XXXV. — LA SAINTK KGLISK CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

XXXV. — LA SAINTK KGLISK CATHOLIQUE

légitime. Erifit), et pour clore ce premier aperçu par une parole un million de fois plu.s autorisée que la mienne : Tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre ou à uw autre : Quidqnul est in rehiis humanis (jiioquo modo sacrum ; tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par .sa nature, soit [)ar rapport à son but : Quidqi(kl ad salutum aiiimaviim, cKltumi'e Dei pertincf., sive talc iltud sit nutura sua, slve taie inlt'lli'jatur pvopter causam ad <[i(am refertur : tout cela est du doniitine de l'Égli-se et ivste soumis à son autoi'ité : Id est omne in potestate arbitrioque Erclesiie (i».

Mais nous n'avons encore qu'une face du sujet. Si, comme nous venons de le démontrer, l'Église est investie de l'autorité de gouvernement dans les choses qui sont de son res.sort : en qui, dans l'Kgliso, réside-t-elle, cette autorité? Qui l'exerce, d'institution divine? Certes, sans présumer plus qu'il ne le faut de la science de nos enfants des Catéchismes, je crois pourtant qu'il n'en est pas un seul qui ne puisse répondre à cette question, bien posée, tant elle est élémentaire. Eh bien ! ce que le moindre enfant sait et pourrait dire: ou entraînés par la passion, ou avides de domination, plus que de mesure, un trop grand nombre de politiques, individuellement ou collective- (uent, l'ont ignoré, ou méconnu, aussi bien les Empereurs des anciens temps, que les Rois des âges plus rapprochés de nous, aussi bien les vieux Parlements que les modernes Assemblées délibérantes, aussi bien les Monarchies ou absolues ou constitutionnelles, que les Gouvernements démocratiques. Je fais de l'histoire et aucunement d'allusions. Et en preuve : Ne vit-on pas sous la monarchie très chrétienne de Louis XV, des Parlements s'immiscer dans les alTaires ecclésiastiques, même de l'ordre purement spirituel, et contraindre par la force les pasteurs des paroisses ou leurs vicaires, à conférer les sacrements, le Saint Viaticiue lui-même, à des pécheurs publics, à des hérétiques notoirement connus comme tels et en révolte ouverte contre l'Église (2)?... La chose pourtant est bien simple; et c'est pour

(1) Encijiliqup de Lron XIII : immortale kei.

(2) RoHRiiAciiEU. llisl. de l'EijIise. Liv.,8'.). — S. Jean Ciirvsostome, certes, ii'cntentlait |)as les clioses à la manière de nos vieux Pademenis, quand dans

o04 Lli SYMBOLE DES APOTRES

(•(•la même que le moindre enfant de nos Catêoliismos le pourl'ait dire : Ce n'est ni aux empereurs, ni aux rois, ni aux parlenients, ni à aucune société humaine, de quelque nom qu'elle se qualifie, ni à aucun officier ministériel, quelque soit son rang dans la hiérarchie de l'État, mais aux Apôtres seuls, et à leurs seuls successeurs, que Jésus Christ a dit : Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie : allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et apprenez-leur à garder toutes les choses que je vous ai prescrites (1). Ce ne sont ni les empereurs, ni les rois, ni les parlements, ni aucune société humaine, de quelque nom qu'elle se qualifie, ni aucun officier ministériel, quelque soit son rang dans la hiérarchie de l'État, mais les Évéques seuls que le Saint Esprit a placés pour régir l'Église de Dieu (2). Ce que Jésus Christ avait dit dans son Évangile, l'interprète fidèle de sa pensée, saint Paul le répète au livre des Actes.

Et toute la Tradition fera écho. Pour me borner à un exposé sonnnaire : Qu'au troisième siècle, un puissant empereur d'Orient s'apprête à entreprendre sur les droits de l'Église, un grand évèque, Osius de Cordoue, lui dira : Prince, ne vous mêlez point des afl'aires ecclésiastiques, et ne prétendez point nous donner des ordres en ces matières. A vous l'Empire, à nous les choses de Dieu (3). . . Même langage, selon les temps et les circonstances, dans la bouche de saint Athanase, de saint Hilaire, de saint Basile, des Souverains Pontifes: Gélase, Symmaque, Jean lY, Félix III, Grégoire VII (4). . . Et quand, à la fin du siècle dernier, pour suivre le cours des âges, la Constitiitlo7i civile du Clergé, ïaMe en dehors de tout droit, de toute compé-

sa fiO""-' lioinélie , .s'ad ressaut successivement aux coiiiiiuiiiiaiits et aux iiiiuisties tic l'Eucharistie, pour rappeler aux uns et aux autres leurs devoirs, il disait aux derniers : Si un général d'armée, si un préfet, si un prince, si un roi s'approche de la communion et soit indigne de la recevoir, barrez-lui le passage, prohibe illum, vous avez un jikis grand pouvoir qyw. lui : Majorem illo potcstatem habes. Voir tout le texte latin. Brev. Hoin. Int. Od. Corpotix Uotniiii.

(1) MATTH. C. .\XV11I. (3) ROHRBACHKR. Hist. (le l'EljL

(-2) .\(:t. c. XX, v. "28. (i) Ihi.I.

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