XXXV. — I.A SAINTK KCFJSK r..\lll()IJOi;K
tenee, Ijouleversora l'É.^Iiso do France on envoyant dans chaquo diocèse un évèquo schismatique, et dans cliaqne paroisse un prêtre intrus, le pape Pie VI j)rotestera de toutes ses forces contre cette usurpation criminelle : Quelle juridiction les laïques peuvent-ils avoir sur les choses spirituelles ? De quel droit les ecclésiastiques seraient-ils soumis à leurs décrets ? Kst-il un catholique qui puisse ignorer que Jésus Christ, en instituant son Église, a donné aux Apôtres et à leurs successeurs, une puissance indépendante de toute autre, ainsi que l'ont reconnue tous les siècles chrétiens (1) ?
Deux questions sont résolues ; la première : que l'Église a reçju et possède l'autorité de gouvernement ; la seconde : que dans l'Église, le Pape et les Évoques seuls en sont investis, à l'exclusion de tous autres. Est-il besoin de dire, dans un troisième aperçu : sur qui s'exerce cette autorité ; en d'autres termes : Quels sont les sujets de l'Église ?. . . La réponse est encore dans ces paroles de Jésus Christ, citées tant de fois déjà, au cours de ces Instructions : Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie: allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à garder toutes les choses que je vous ai prescrites. . . Voilà les sujets de l'Église, ce sont tous les baptisés. A la vérité, le baptême e.st libre, c'est la loi; nul homme n'est baptisé, qu'il ne le veuille, s'il est adulte, et s'il ne l'est pas, que n'y consentent ceux qui ont autorité sur lui ; mais une fois baptisé, il est immatriculé sur les rôles de l'Église, il est sujet de JKglise ; fidèle ou infidèle aux engagements de son baptême,
(4l Hiifdu 10 mars 1791 : Quod ;ili(iiiaiihiin — iiK-iiie eiiseiti;nenienl dans IKiicviliciiic de Léon XIII, immoktai.e dei : Ila(|i!c diix homiiiibus esse ad cœleslia, non civitas, sed tlcclesia ilehet ; cidcm((iie hoc est niiiinis assignalum a Deo, nt de ils qu.p ielii;ionem atlini;unt, vidcat ipsa et statuât. — On lira peut-être avec quelque intérêt les lii^nes suivantes : Au dei'nier couiïrès de Fribourg, dans le grand-duché de lîade, le député lîake, de Mayence, a prononcé une harangue qui est un vrai chef-d'n-uvrc de bon sens, de (inesse et d(' verve caustique : « .\nssi longteni|)s, s'écria-t-il, qu'il n'est pas démontré que le Christ a dit à un ministre badois : tu es Pierre, pais mes agneaux — je me permettrai de croire (juc l'Église seule peut décider dans les questions ecclésiastiques ».
PL\T. — I.E SYMU. DES .\P. — ^0.
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il irimporte, il est sujet de rÉglise ; simple villageois, artisan besogneux, ou grand écrivain, grand orateur, grand poète, grand génie, il n'importe, il est sujet de l'Église ; fùt-il prince, roi, empereur, il n'importe, il est sujet de l'Église. . . Que disje ! Fùt-il prince, roi, empereur : c'est alors que l'Église, s'il le faut, élèvera sa puissante voix, et revendiquera ses droits avec plus d'autorité. C'est alors que le pape Gélase dira à l'empereur Anastase devenu hérétique et fauteur d'hérésie : Vous savez, auguste Empereur, que bien que voti-o dignité vous mette au dessus des autres hommes, vous devez courber la tête devant les Pontifes chargés de la dispensation des choses divines, et que vous devez leur être soumis en tout ce qui concerne l'administration des saints mystères (1). . . C'est alors que saint Ambroise de Milan ira à la rencontre de l'empereur Tliéodose encore tout couvert du sang de ses sujets, lui barrera le passage au moment où il .s'apprête à entrer dans l'église, et lui dira avec non moins d'intrépidité que d'à-propos : Puisque vous avez imité David dans son péché, imitez-le aussi dans sa pénitence, vous ne serez reçu dans l'assemblée des fidèles qu'à ce prix (2)... Enfui, et pour nous rapprocher des temps plus modernes, c'est alors que l'évêque de Beauvais, usant du droit de remontrance, encort! plus comme évéque que comme sujet, dira à Louis XV : Sire, mon devoir de ministre du Dieu de vérité, m'ordonne de vous avertir que vos peuples sont malheureux, que vous en êtes la cause, et qu'on vous le laisse ignorer. . . Quel langage ! Et quelle démonstration par les faits, de l'autorité que l'Eglise a reçue de Jésus Christ, pour qu'elle serve, comme en effet elle a servi maintes fois, non seulement au salut des âmes, mais encore à la prospérité des États eux-mêmes. Ah ! je n'en disconviens pas, il y a dans l'histoire de l'Église telle page que You voudrait pouvoir effacer, parce que l'élément humain s'y montre trop visible et trop prépondérant ; mais il en est cent et mille autres, dignes de la plus enthousiaste admiration ! Celles que je viens de citer sont de ce nombre. . .
(1) RoHHBACHER. llisl. de l'E<jl. liv. 42.
(2) Ibid . Liv. 36.