‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 94 sur 172 · XXXV. LA SAl.NTK KCMSi: CATIIOMOl K · texte numérisé non relu

XXXV. LA SAl.NTK KCMSi: CATIIOMOl K

Les Écritures, les Coiuîih'.s, les i^raiids l':i|)('S, 1rs grarirls Docteurs ont fait cette Instruction beaucoup |)lus que je ne l'ai rait(^ nioi-mènie. J^our terminer, je tirerai encore de l'une de ecs sourires la règle pratique à suivre : C'est le devoir de tous, d'aimer l'Église comme hnir mère commune, d'obéir à ses lois, de j)ourvoir à son honneur, de sauvegarder ses droits, et de prendre soin que ceux sur lesquels ils exercent (|uelque autorité, la respectent et l'aiment avec la même piété liliale : Debrni ainyuli Ecclesiani sic diligere, uleommimciii tnalron : i'ji(S({iic et nervure obedioUer leges, et honori servire, et Jura salva velle : conarique id ab ils in quos quisqite lUiquid auctoritate polesf, jxtri pietcUe culutur aliiuc anietur (1). . .

(1) Léon Xlll. Emij. iMMdur.vi.b; dki.

TRENTE SIXIÈME PHONE La hiérarchie dans l'Église.

Credo. , , samtatn Ecclesiam catholicam.

Je crois. . . la sainte Église catholique.

Ordo saccrdotalis, laiiietsi iiiius est, varies tanieii digriilatis et poteslalis i!;radiis habet.

Catecli. liom. cap. 26.

Kien que ce sujet n'ait pas été traité séparément; de l'ensemble des Instructions précédentes, il résulte cette vérité : que, dans l'Église, sans que cela nuise le moins du monde à son unité et à son indivisibilité, il y a, en vertu de l'Institution divine, deux parts bien distinctes : ceux qui enseignent et ceux qui sont enseignés ; ceux qui dirigent et ceux qui sont dirigés ; la tête et les membres ; autrement dit : les Pasteurs et les Fidèles (1). Pour les Fidèles, pas de difliculté ; qu'ils soient grands ou petits, riches ou pauvres, de telle ou telle condition, l'un n'est pas plus que l'autre, ils sont tous égaux. Mais pour les Pasteui's , en est-il de même ? Y a-t-il entr'eux des degrés de subordination ? Ont-ils, les uns plus, les autres moins de pouvoirs, ou bien sont-ils sur le pied d'égalité? L'Instruction d'aujourd'hui va répondre à cette question. Dieu nous aide de sa grâce ! . .

C'est la judicieuse remarque du Catéchisme Romain : que, de même que dans l'armée l'un est capitaine, rantr(>. lieutenant,

(I) Oii se demande vraiiiieiil : (iiu-Uc Inreiii' do iiégalioii s'est emparéi' des IM-oteslaiits, peur rejeter une vérité (|ui a sa preuve eu maints endroits du Nouveau Testament, et à chaque page de l'histoire de l'Église.

'MO LK SVMHUI.K DKS Al'OTRES

cliacuii ayant ses attrilMitions propres ; ainsi, clans l'Église, pour ceux qui ont été promus aux Ordres, les fonctions et ministères sont distincts : Narn ut i» cxerciUi, alius ccnturio, alius prsefec- /)^<^ est, alii alia mimera obeiint ; Un eus qui Ordinis Sacramento s}n)t initiati, jyrœcipua rjun^htm mimera et finirUnnes hi Ecclesin exseqni oportet (I).

Mais nous avons mieux qu'une démonstration par voie d'analogie. L'Église s'est prononcée ;dans sa vingt troisième Session, le saint Concile de Trente déclare vérité de foi : qu'il y a dans rÉglise catholique une hiérarchie, que cette hiérarchie est d'institution divine, et qu'elle compte trois ordres distincts : Tordre des évèques, l'ordre des prêtres, l'ordre des ministres : Si quis dixerit in Ecclesia catholicd non esse, hierarchiam, divina ordinatione iiistitutam, ijii.v constat ex episcopis, presh]iteris, et ministris, anatherna sit (1).

Et d'abord, pour commencer par le moins élevé, l'ordre des ministres, et dans cet ordre même, ne parler que du diaconat, (|ui en est le faîte: bien que l'Évangile reste muet à cet égard, il n'est pas douteux que le diaconat ait été institué par Notre Seigneur Jésus Christ, ou directement et immédiatement par lui-m('me, ou médiatement par ses Apôtres, d'après ses instructions, sous l'inspiration et l'assistance du Saint Esprit. Aussi, que voyons-nous presque dès le lendemain de la première Pentec()ti' cln-étienne ? Les recommandations du Maître étant présentes à leur esprit, et d'ailleurs le besoin s'en faisant sentir, les Apôtres choisissent, sinon personnellement, du moins en fixant les conditions d'éligibilité, sept iiommes, pris dans la masse des lidèles, d'une prol)ité reconnue, pleins de l'Esprit Saint et de sagesse, prient sur eux, et leur imposent les mains (3). Ce furent les premiers diacres; ils auront des suivants. L'Église se propageant, et de la .Tudi'e passant dans la Gentilité, chaque chrétienté naissante a ses préposés : son évêque, ses prêtres, ses diacres 1 4i. Inférieurs à l'évêque et aux prêtres, les diacres obtiennent encore une belle part dans l'exercice du ministère sacré. Dès le premier âge de l'Église, le service des Tables n'est que

(ij De Sacram. Ord. (3) Act. cap. 0.

{•i) Sess. 23. can. G. (i) Épît. de S. Paul, passitn.

XXXV[. LA SAINTK KGLISK CATlICtMOrK 'Ml

la moindre de leurs fonctions. Déjà l'un d'eux, le diacre Etienne pi'cnd la parole devant le Sanhédrin, et prêche Jésus C-hristaverr une intrépidité qui lui vaut la palme du martyre (1). Son frère l'ii diaconat, et de la même promotion que lui ïl cet ordre, Philippe, fait de la controverse avec l'intendant de la reine Candace, le convertit et le baptise (2). Aux âges suivants, les attributions de cet ordre augmentent encore en nomiire et en importance. Ce sont les diacres qui se tiennent aux côtés de l'Évéque, l'accompagnent quand il prêche, le servent à l'autel, et l'assistent chaque fois qu'il accomplit une fonction .sainte (3). Ce sont les diacres qui lisent publiquement l'Évangile, qui instruisent les Catéchumènes, qui les baptisent dans certains cas exceptionnels, qui présentent le précieux sang aux fidèles, tant <{ue dure dans la primitive Église la Communion sous les deux Kspèces (4). Ce sont les diacres, toujours dans ces temps anciens, <iui veillent à la décence du culte, au maintien de l'ordre penliant la cc'lébration des saints Mystères, puis, leur action se portant au dehors, qui communient à domicile ceux que la persécution empêche d'assister aux Assemblées chrétiennes, qui visitent les confesseurs de la foi dans leur prison, qui recueillent les aumônes, qui pourvoient aux besoins des pauvres, des veuves et des orphelins (5) . . . N'insistons pas davantage ; le diaconat tient une large place dans l'histoire du premier âge de l'Église ; il était bon de l'esquisser, au moins à grands traits, avant d'an-iver au second degré hiérarchique, le Presbytérat.

Le Presi)ytérat, c'est l'ordre de Prêtrise. Comme le Diaconat, est-il l)esoin de le dire, le Presbytérat a été institué par Notre Seigneur Jésus Christ. Les Apôtres furent les premiers prêtres de la Loi nouvelle. Élev(''S ensuite au faite du sacerdoce, ils ordonnèrent d"auti-es prêtres. Auxiliaires des .\pôtres d'abord,

(1) .VCT. C. VII.

ri) Ibiil. c. viii.

',;}) Uoiuiit.\ciiEH. Illsl. lie rEijI. aux preiilicfs siècles, iiassiin.

(l) Ibid.

(')) L'histoire et le inarlvn- du diacre saint Laurent sont eennns. Ce qui l'est moins, c'est l'ordonnance, au Il||- siècle, du i)apc Fabien, partaiçeanl la ville de Home en ii régions, et confiant aux diacres de l'Église Romaine la visite des pauvres de chaque ré;.;ion ; d'où ils furent a[)pelés : Diacres régionnaircs.

312 Lie SYMBOLE DES APOTRES

puis des Evêques successeurs des Apôtres, les prêtres étaient envoyés en mission plus ou moins temporaire par leurs supérieurs hiérarchiques, dans les Chrétientés en formation ou déjà formées, jusqu'à ce que, vers le quatrième siècle, l'Église étant déFinitivemcnt partagée en patriarcats, le^ patriarcats en métropoles, les métropoles en diocèses, et les diocèses en paroisses, un prêtre fut placé, d'une manière permanente, à la tête de chacune de ces paroisses, avec juridiction propre sur cette petite fraction qui lui était confiée de la grande famille chrétienne.

Quoique restreinte et dérivée de celle de l'évêque, qui ne voit combien cette juridiction est encore respectable !

Le prêtre de paroisse, appelons-le par le nom qu'il porte depuis de longs siècles, le Curé a vraiment, et dans le sens strict du mot, charge d'âmes.

C'est le droit du Curé, non moins que son devoir, de résider dans la paroisse, afin de veiller de plus près, et de pourvoi!' plus promptement aux besoins du troupeau.

C'est le droit du Curé, non moins que son devoir, de catéchiser les enfants, d'instruire les grands fidèles, de prêcher l'Evangile à tous selon la capacité de chacun. Après les Encycliques du Pape, h^s Instructions pastorales de l'Évéque, rien ne profite autant aux paroissiens, dans l'ordre du salut, que le prône du Curé D'autres parleront avec plus d'éloquence peut-être, nul avec autant d'autorité.

C'est le droit du Curé, non moins que son devoir, de corriger les abus, de signaler les doctrines perverses, de tonner contre les vices, surtout quand ils se font publics et scandaleux; comme c'est le droit et le devoir du berger de crier sur le loup qui rôde autour de la bergerie pour s'y introduire, et la ravager de sa dent meurtrière.

C'est le droit du Curé, non moins que son devoir, de présider aux Assemblées des fidèles, de régler les exercices du culte, de conférer les sacrements. Nul autre que lui n'a qualité pour baptiser, sauf le cas de nécessité, pour porter le saint Viatique aux malades, et les oindre en vue du dernier combat. De nul autre que de lui, le fidèle ne peut recevoir la Communion pascale. Devant nul autre que devant lui, les époux ne doivent s'unir par le lien conjugal ; sa présence est à ce point nécessaire

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