XXXVI. — LA SAINTK KdLlSK CATKOIJQtlK 'M
comme t(''moiii ol'ficiel, (lépiité par l'K^lise, que si elli^ fait défaut, le mariage est frappé <ruiie miliité radicale.
Il n'est pas besoin d'en dire davantage. Vous voyez assez ce qu'est la paroisse, sous le régime curial : une image en raccourci mais parfaite de toute l'Église, une unité circonscrite dans la grande unité, une partie du tout mais une partie ayant sa vie propre, finalement un petit monde cJH'étien dans le grand monde de la catholicité.
Mais tout le sujet n'est pas encore épuisé. Il y a un troisième degré hiérarcliique supérieur aux deux, autres, l'épiscopat ; l'épiscopat qui est le sommet le plus élevé du sacerdoce; l'épiscopat qui seul, en vertu d'un pouvoir qui lui est propre, confirme le baptisé, et fait de lui un parfait chrétien ; l'épiscopat qui, doué de la plus haute vertu génératrice, perpétue la hiérarchie en lui fournissant dans les trois ordres de nouvelles recrues. Entendons saint Épiphane : Par le baptême, le presbytérat donne à VÈglisc d3s enfants; en faisant par l'Ordination d'autres Diaci'cs, d'autres Prêtres, d'autres Évoques, l'Épiscopat lui donne des Pères et des Maîtres (1).
Et il reste à dire, même après saint Épiphane. Ce n'est pas seulement par les pouvoirs d'Ordre, mais encore par la juridiction que l'Épiscopat l'emporte sur le presbytérat.
A nul autre qu'à l'Évêque, il appartient de régir, non telle petite fraction de l'Église appelée paroisse, ni toute l'Eglise non [)lus, certes, nous aurons à parler en son lieu du suprême hiérarriue ; mais cette notable portion de l'Église universelle, connue sous le nom de diocèse.
A nul autre qu'à l'Evêque, il appartient non seulement de faire des prêtres, par cette vertu génératrice qui est en lui, mais encore de leur assigner tel poste, de leur confier telle fonction, de les députer vers telle paroisse, avec des pouvoirs propres à chaque ministère. Mais ajoutons qu'en leur conférant la juridiction pour le lieu où il les envoie, il n'abdique pas la sienne ; il peut l'exercer toujours, baptiser partout, confesser et absoudre partout, prêcher partout. En droit absolu, l'Évêque
(1) nfrrcs. 75.
est le Curé de tout ^n diocèse, comme le Pape est l'Évêque de toute l'Église.
A nul autre qu'à l'Évèque, il appartient de déclarer la foi, dans les limites où s'exerce son autorité, de l'enseigner par luimême ou par d'autres, commis, à cet effet, de la condenser dans un catéchisme, qui par cela même devient l'enseignement officiel diocésain ; de publier les Constitutions et décrets apostoliques concernant la doctrine, la liturgie, et la discipline ; de condamner daas son diocèse les opinions erronées, de prohiber, avec censure pour ceux qui les font, les lisent ou les détiennent, les livres contraires à la foi, ou dangereux pour les mœurs (1).
Disons encore, non pour épuiser la matière, mais pour ne pas être trop incomplet, que l'Évéque peut porter des lois qui atteignent tous ses diocésains ; faire des ordonnances qui obligent tous ses prêtres ; restreind)'e la juridiction des pasteurs secondaires, en se réservant l'absolution de certains crimes ou péchés très graves pour en inspirer une plus vive horreur ; lever certains empêchements de mariage, commuer certains vœux, ou en décharger totalement, interpréter les lois, même générales de l'Église, en dispenser selon le besoin et en se tenant dans la limite de ses pouvoirs. Enfin, et pour tout dire en un mot : c'est à FÉvêque qu'appartient la puissance gouvernementale, législative, judiciaire et administrative dans son diocèse (2).
Et maintenant que vous connaissez par les développements qui précèdent les trois grands Ordres hiérarchiques dans l'Église, avec leurs attributions respectives, terminons par une réflexion qui vous fera admirer l'ensemble. Ils sont distincts, ces trois Ordres, mais subordonnés, le Diaconat au Presbytérat, le Presbytérat à l'Elpiscopat. Nous verrons j^ar la suite, comment ils se rattachent eux-mêmes, quant à la juridiction, à un
(1) Si en dehors de l'hidex général, l'Évèque en publie un particulier pour son fliocèse, il oblige les catholiques de la même façon et pour les mêmes raisons que l'hidex général. Petit : L'Index, p. 44.
(2j II va de soi qu'ici et pour ce qui précède, les droits du Souverain Pontife sont réservés.