XX.WIII. — LA SAINTK KGLISK CATIKiLIQCK
moins souiiiiso, los erreurs i:;rav('s qui se sont, produites et restent comme incarnées dans les faits, les ronflent nécessaires.
Première conclusion : Le Pape possède au plus haut degré l'autorité doctrinale et gouvernementale sui- toute l'Église : donc, il doit jiouvoir communiquer sans entraves avec toute l'Église, avec tous les pasteurs, avec toutes les Églises particulières et chacune d'elles, avec tous leurs membres et chacun d'eux. Penser autrement, ce serait tenir pour l'erreur contre une vérité de premier ordre; ce serait même encourir la réprobation de l'Église, car elle s'est prononcée: Elle condamne et réprouve les maximes de ceux qui disent, que les communications du Chef suprême avec les pasteurs et les troupeaux peuvent être légitimement empêchées, ou qui les font dépendre du pouvoir séculier, prétendant que les choses jugées par le Saint- Siège apostolique, ou en vertu de son autorité, n'ont de force et de valeur qu'autant qu'elles sont confirmées par l'assentiment de la puissance séculière (-1).
Seconde conclusion : Le Pape possède au plus haut degré l'autorité doctrinale et gouvernementale sur toute l'Église: donc, ce que les siècles chrétiens avaient fait pour son indépendance, ils l'avaient bien fait. En lui créant un Principat civil, trop faible pour inquiéter personne, assez fort pour commander le respect au monde entier, ils avaient placé le Vicaire de ïésus Christ dans les meilleures conditions possibles pour régir l'Église universelle confiée à ses soins. Non, sans aucun doute, la souverainett' temporelle du Pape n'est pas un dogme, un article de foi, jamais personne, ni pape, ni évoque, ni théologien do quelque renom, no l'a prétendu; mais qui ne se rend compte de l'étroite coinioxion qui existe entr(> cette souveraineté temporelle et la primaut('' spirituelle? Qui ne voit, plus clair que le jour, quelle anomalii; ci-iantc cela serait : que le Chef spirituel du monde entier soit sous la doiiiiiiation do toi prince toinpoi'ol, roi, ou oniporour d'un État particulier ? Kt si ce prince dont le jiape sera le sujet, neutre aujourd'hui, même bienveillant, car je parle m ixrurv;\\ et. ne fais aucune allusion, devient soupçonneux demain, et biont('it ennemi déclaré ! Si le pape est exilé,
(1) (!()IIC. Vlllic. l'ASTdU .KTICKMS. cap, :) .
'VM LK SYMIJULE DKS APOTRES
OU jetô t'ii prison, ou inartyi'isé comme les papes des trois premiers siècles, ou chaque jour à la veille de l'être ! Ou bien, sans mettre les choses à ces extrémités, si simplement il déplait, s'il est tenu pour suspect, comment pourra s'exercer la primauté spirituelle? Comment pourvoir aux innombrables affaires de toutes les Églises, veiller et travailler à l'extension du Royaume de Dieu, régler le culte et la discipline, publier des Bulles et des Encycliques, convoquer des Conciles, accorder ou refuseil'Institution canonique aux Évêques, étouffer les schismes dans leur germe, enipèclier les liérésies de se propager, trancher les controverses religieuses, parler librement aux rois et aux peuples, envoyer des nonces et des ambassadeurs, conclure des concordats, prononcer des censures, maintenir intacts le dogme et la morale, recevoir les appels dont nous parlions tout-àl'heure et qui arrivent de partout, juger enfui tout ce qui intéresse la conscience de deux cents millions de catholiques répandus dans le monde entier (1) ? . . .
N'insistons pas davantage. Tout a été dit sur ce qui fut et qui est encore la question Romaine. Aux yeux de tout homme de bonne foi, pour tout esprit exempt de préjugés, la preuve est faite. Il faut que le pape puisse correspondre avec toutes les églises du monde. Il faut que son action, sa volonté, ses décrets, son langage, sa personne auguste, soientau dessus de toutes les influences, de tous les intérêts, de toutes les passions; en un mot il faut qu'il soit maître et indépendant, il faut qu'il soit libre et que tout le monde sache qu'il l'est; et s'il ne l'est pas, c'est le devoir de tout fidèle, de tout catholique, de souhaiter qu'il le soit; de faire ce que fit l'Église de Jérusalem, quand le premier pape, saint Pierre fut jeté dans les fers, c'est-à-dire de prier pour qu'il le devienne : Et. Petrus qiiidem so'i'abaiur in carcere, oratio imlon fiehat sine intermissione ab Erclesia ad IJeiiin pro eo (2).
Enfin, troisième et dernière conclusion: Le Pape possède au
(1) On consultera avec beauf-oup de fruit sur cette question: la Lettre pastorale pour le Carême de 1860, de l'Em. Cardinal Joachim Peoci, aujourd'hui Léon Xin. Univers. 10 Avril 1878.