ACT. C. XII
NXXVIII. — LA SAI.NTI'; K^LISh; < ;A'JI l( (MOCK 'MÇ)
|)liis liauL degré l'autoriln ductrinalc; et guuveriKiineiitale sur loiilc i'Kglise: donc, respect, obéissance, .soumission lapluseiiliri'c. K\\ d(!S temps qui déjà s'éloignent de nous, il y avait dus caliiitliqucs: l'étaient-ils encore?. . . qui en appelaient du l'apc au futur Concile. Au temps actuel il y a des fidèles, si tant <:sl (lu'en puisse les qualifier ainsi, (pii se disent catholiques sincènîs. mais veulent rester indépendants. Ne soyons ni de ceux-ci ni de ceux-là; nous, soyons catholiques sans condition, sans restriction, catholiques tout court. Être catholicpie simplement dit, c'est prendre pour règle unique de sa foi, la foi de l'Église l'duiaine, mère et maitres.se de toutes les autres Églises, c'est être soumis d'esj)rit et de camr à toutes les décisions doctrinales du souverain pontife, c'est accepter sans arrière-pensée, dans tout ce qui tient à la foi et aux mujurs, son infaillible magistère. Le pape a parlé, il suffit, le pape veut, il suffit, ne fel'ait-il que désirer, môme ses désirs .seraient des ordres. En un mot, soyons catholiques, ni plus, ce (pii .serait difficile, ni moins (pie le pa])e, mais comme le pape et avec le pape.
Heureuse soumission, quand elle est telle que je viens de dire ! K Elle est d'un si grand pi'ix, que la tradition chrétienne tout entière en a fait jusqu'ici, et ne cessera d'en faire le signe caractéristique auquel on i)eut reconnaître les catholiques ». Ainsi s'exprime notre grand pontife Léon XIII (1). Après que Ijlusieurs papes ont eu occasion de parler, au cours de cette Instruction, il était juste que celui qui gouverne l'Église avec tant de sagesse, en ces temps difficiles, eût le dernier mot . . .
fl) Lclhc lùicijcU(]iie : saimoti.e chki.stian.I:;.
TliENTK NKiyVIKMK l'UONE
L'infaillibilité doctrinale du Pape.
Credo . . . sanctam Eaiesimn laUiolinnn.
Je crois... la sainte Église catholiijue.
Hoc ig;itiir veritatis et fiflfi niiiKiiiani deficieiilis charisiiia, l'etro ('Jiis(|ik! in liac cathedra siicccs.soiil)iis (li\iiiiliis coilaliini est.
Conc. Valir. i-astok .etkunus. ca)).4-.
L'infaillibilité doctrinale, du Pape, ou, comme le dit le saint Concile du Vatican, ce don de la vérité et de la foi qui ne faillit pas, don accordé par Dieu à Pierre et à. ses successeurs: afin qu'ils s'acquittassent de leur charge suréminente pour le salut des âmes, et que tout le troupeau du Christ, éloigné par eux des pâturages empoisonnés de l'erreur, lut nouni de la sainte doctrine, et qu'enfin toute cause de schisme étant enlevée, l'Église fût conservée tout entière dans l'unité: tel est le sujet de notre troisième et dei-nièrc Instruction. Abordons-le avec confiance, et disons que le pape est infaillible, en quel sens il l'est, par quelle vertu il l'est, et quand il l'est. Dieu nous aide de sa grâce ! . . .
Pour qui n'a p;is oublié ce (|ne nous avons dit dans les deux précédentes Instructions, l'infaillibilité doctrinale du Pape n'est plus à démontrer, la preuve est faite.
Qu'est-ce que le Pape, en effet? Jésus Christ l'a dit, et nous avons l'apporté ses paroles : La pierre sur laquelle il a bâti son Eglise, à cette fin que les portes de l'enfer ne prévalussent
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jamais contre elle (1). Mais quoi ! si cette pierre est fragile, s'il est donné aux puissances ennemies de la déplacer, de la rompre, l'Édifice qui ne doit tirer que d'elle seule toute sa solidité, ne tombera- t-il pas eu ruines? Autrement dit, et sans figure: Si le Pape peut errer dans la foi, lui qui a pour office de la défendre, l'Église qui repose sur lui et fait corps iivcc lui : qui ne voit plus clair que le jour, qu'elle croulera du inenie coup, et que, contrairement aux iiromesses de Jésus Clirist, les portes de l'enfer prévaudront contre elle"?
Qu'est-ce encore que le Pape ? Jésus Christ l'a dit, et nous avons rapporté ses deuxièmes paroles aussi fidèlement que les premières: Le pasteur suprême; à lui de paitrc agneaux et bro bis: Pascc agnos, pascc ores (2), c'est-à-dire le troupeau tout entier et avec le troupeau les pasteurs eux-mêmes. Et ce pasteur universel, unique, qui ne dépend d'aucun autre, mais duquel dépendent tous les autres, serait sujet à erreur, il pourrait imprimer une fausse direction, enseigner le mensonge, jeter le troupeau hors la voie, le conduire, pour s'y abreuver, à des sources empoisonnées ! Non, cela n'est pas, ni ne saurait être; Jésus Christ nous a acquis à un prix trop élevé pour n'avoir pas agi avec autant de sagesse que d'amour, et mis à l'abri de toute surprise les enfants de la Rédemption . . .
Et il y a pour le Pape une troisième assurance d'infaillibilité. Si j'ai cité dans la précédente Instruction, mais sans les développci', les paroles sur lesquelles cette assurance est fondée, c'est qu'elles avaient une place plus liarticulièrement marquée' en c(41e-ci. Jésus Christ esta la veille de sa Passion et de sa mort. Se disputer entr'eux, comme le font les Apôtres en ce moment sur une question de prééminence, certes, c'était biiMi mal choisir leur temps. Ils ne tarderont pas à .s'en apercevoir. S'adressant donc à Simon-Pierre, uniquement, i-omme il l'avait fait d(''jà, aux portes de Césarée de Philippe, comme il devait le faire encore, après sa résurrection : Simon, Simon, lui dit-il, voici que Satan va vous cribler tous, de la même manière que l'on cril)le le froment; mais moi, j'ai prié poiii' toi, afin que ta
(!) .Math, c xvi.
ii} J().\.\N. c. XXl.