HANQUET DU COMITÉ RÉPUBLICAIN
ruban se subslituont à la guimpe sévère de raiicifiinr ihiiiih'. Le café lui-même n'est i)lus un lieu de perdilion pour l'expetit frère de Marie ou l'ancien frère de l'instruction chrélieune de Ploërmel. Il y \a rire et s'amuser. Les yeux de la novice, accoutumés à la demi-obscurité du cloilic s'ouvrent avec avidité à la pure clarté du jour. Ils ne luicnt plus les regards : ils les accueillent el. peut-être sans le vouloir, les attirent. Gageons, messieurs — et si je parle ainsi, c'est que j'y suis autorisé par nombre de faits — qu'une année \w s'écoulera pas, sans que la vie sociale ait reconquis cette foule déjeunes hommes et déjeunes filles, qui s'en (îtaient isolés sous l'empire d'une trompeuse fascination. {C'est rrai ! — Bracos.)
Voilà, messieurs, dans l'ordie politique, le travail des dixhuit derniers mois. Encore un effort, et nous aurons détruit en moins de deux ans l'œuvre d'asservissement moral de tout un siècle. (Applaudmements.)
.le ne parlerai une dernière fois que pour mémoire du nationalisme, qui perd pied tous les jours, à mesure que recule le cléricalisme, sou allié et son soutien.
Un avenir procliain inonli-era que Paris el les départements rejettent avec dédain li^s matamores du chauvinisme. (|ui spéculent, pour tromper la i);ilrie. sur .ses plus iioiiles sentiments.
Dans l'ordre financier, nous venons d'obtenir un résultat pratique, qui sera vivement goûté des contribuables. Nous avons rompu avec le régime presque traditionnel des douzièmes provisoires, régime qui n'i'tait pas seulement inconciliable avec notre système budgétaire, mais qui allait encore à rencontre des véritables intérêts du Trésor.
DU COMMERCE ET DE l'inUUSTRIE 77
Kii outre, messieurs, le projfl de budget. Ici du moins (|ur l(^ Gouveruemeut Tavait présenté, réalisait uu parfait équilibre entre les recettes et les dépenses, sans aucune dissimulation dans les dépenses, sans la moindre exagération dans l'évaluation des recettes. Si nous ajoutons que les plus- \;ilues do l'année dernière apportent aux prévisions budgé- I aires une recclte acquise de plus de 100 millions, nous serons fondés à dire que jamais exercice nouveau ne s'est ouvert sous une ])lus belle perspective. (Très bien! très bien!)
Il n"a pas dépendu du ministre des finances que Je budget ne présentât toutes les dépenses normales en regard du chiffre exact des recettes normales. Car il avait compris dans le budget les garanties d'intérêt des compagnies de chemins de fer. La Chambre n'a pas goûté les moyens llnanciers qu'il proposait h cet effet. Je ne lui en fais pas uu grief. Elle a préféré laisser les garanties d'intérêt en dehors du budget. Mais, quelque jugement que nous émettions sur ce désaccord partiel, il n'est pas contestable que le budget de cette année soit un des meilleurs qui aient été votés depuis longtemps. {Ç'csf vrai ! — Jim vos.)
iMes.sieurs, il semble que ce simple exposé contredit sufllsiiinnent les critiques de l'opposilioii. (juand elle accu.^e le ( il m vernement d'avoir leurré le pays d'espérances avortées, ou la représentation nalionale de s'être épuisée en agitations stériles. L'année qui commence continuera l'œuvre de Tannée qui linit. {lirnvos.)
C'est en politique plus qu'ailleurs qu'il est vrai de dire que rien n'est tait quand il reste quelque chose à faire, car c'est là surtout que les phénomènes d'action et deréaclion se font
78 BA^Qu^:T du comitk képublicain
sciilii' ;i\('<- une ^iramlc iulcusité au inoiiidri' chaugemeut (liiriciilalioii gouveruemeiitale.
11 importe clinic (juc les Clianibres se mcllcnt ;i l'œuvre, dès les premiers jours de la sessiou, pour traiter les questions actuellement pendantes devant elles. Il en est plusieurs, et non des moins intéressantes : la réduction à deux ans de la durée du service militaire, la diminution des Irais de justice par l'extension de la compétence des juges de paix, l'assistance aux infirmes et aux vieillards, les écoles de réforme pour les pupilles de lassislance publique et la suppression de renseignement congréganiste. (Vifs applaudmeinents.)
Nous hâterons de tous nos efforts le vote de ces lois, dont les trois dernières entrent comme éléments essentiels dans notre programme de laïcisation des services publics. Ou comprend, en effet, que nous ne pouvons discuter utilement la raison detre de certaines congrégations hospitalières, celles, notanunent, qui trafiquent du travail de leurs pensionnaires ou qui les traitent avec une inhumanité révoltante, comme de récents procès l'ont montré, tant que nous n'aurons pas à notre disposition le personnel et les ressources indispensables pour les remplacer. Le personnel est en voie de formation. Depuis un an, nous avons tenu rigoureusement la main à la création d'écoles d'infirmiers et d'infirmièj'es dans tous nos hôpitaux. C'est au Parlement de nous fournir, quand le moment viendra, les moyens financiers d'utiliser ce personnel, et tel est l'objet des trois lois dont il s'agit.
Ainsi, messieurs, la matière de discussions innnédiates ne fera défaut ni à l'une ni ù l'autre Chambre, et, telle que je viens de l'indiquer, elle s'harmonise de la façon la plus
nu COMMEHCE ET DE l/lXDUSTRIE "79
méthodique avec li^ programme d'action parlementaire qui a été systématiquement suivi jusqu'à ce jour.
En outre, d'autres délibérations se préparent, dans le sein des commissions, qui compléteront ce programme suivant un ordre d'idées approuvé par le Parlement. J'indiquerai, comme faisant partie de cette catégorie de discussions, la réforme des conseils de guerre, qui ramènera à des règles uniformes, dans le double intérêt de la justice et de l'armée, la procédure à suivre dans les deux justices civile et militaire : les propositions de loi sur les syndicats professionnels, lesquelles ont pour objet d'en étendre l'application, d'en accroître la capacité juridique et d'en garantir le fonctionnement par le retour au droit commun et la suppression de toutes les mesures d'exception : les retraites ouvrières, qui nous apparaissent comme le moyen de pacification par excellence pour contenir dans des bornes raisonnables les conflits si communs entre le capital et le travail; l'impôt sur le revenu, qu'il faudra bien voter avant la fin de la session ordinaire, si nous voulons qu'il trouve place dans la loi de recettes de l'année prochaine; enfin, les rapports entre les Églises et l'État, que le Gouvernement, autant que qui que ce soit, est désireux d'aborder pour mettre fin à un état de choses qui tend à devenir intolérable. (Vifs applaudissements.)
Messieurs, je voudrais terminer c ï trop long discours ; mais, dussent mes objurgations vus paraître banales à force d'avoir été ressassées, je ne t 'rminerai pas sans appeler de nouveau et de la façon la plis pressante l'attention du parti répulilicain, représenté par les quatre groupes de gauche du Parlement, sur lanécesr'.'é de se concerter en vue des