BANQUET DU COMITÉ RÉPUBLICAIN
solutions pratiques à donner à des questions si graves et si délicates. Car, sans cette entente, elles resteraient insolubles.
Mes objurgations tirent une force grandissante de l'exptjrience également grandissante du passé. Si. dans ce banquet, j'ai jeté avec vous un regard satisfait sur le passé, ce n'était pas, croyez-le bien, pour en faire sortir, par vote indirecte, l'éloge du ministère. Car, encore une fois, c'est aux Chambres que nous devons en attribuer l'honneur. Ce sont les Chambres qui ont rendu possibles nos victoires sur la réaction par le soin persistant quelles ont mis à pratiquer l'union des gauches. Le mérite du ministère a été d'élever cette union à la hauteur d'un principe de Gouvernement.
Aussi, messieurs, je demeure absolument convaincu que la majorit»' n'-publicaine ne voudra pas déserter ce principe, alois qu'il nous a donné de si beaux fruits et qu'il nous en piomet de non moins beaux. En l'aflirmant de nouveau dès demain sur Ir ikhh de rhoinmc (iiii est et restera l'honneur de la République, nous déjouerons les espérances tenaces d(; l'opposition, qui escompte déjà de coupables défections dans le premier scrutin de la session. Le moindre relâchement des liens qui rapprochent les groupes de gauche aurait des suites dt'plorables à la veille des élections conununales. Ce serait pour l'opposition une occasion inespérée de reconquéiir en quelques mois tout le terrain qu'elle a perdu pendant des • années. (Applamlmements.)
Or, messieurs, elle s'organise en vue de cette éventualité : car, de quelque étiquette (la'elle s'affuble, en quelques groupements qu'elle se divise, les diverses fractions qui la composent continueront de faire cause commune dans toutes les
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élections. L'accord se conciliera dans la coulisse. C'est au dernier moment qu'il se manifestera dans les faits, au grand jour de la scène publique. Nous en avons eu comme un avant goût dans l'élection d'hier. La défaite que nous avons subie doit nous être un avertissement. Si nous n'en profitons pas, soyez convaincus que la victoire remportée par les coalisés, quelque humiliante qu'elle soit pour leur dignité, leur serait une incitation à renouveler un pacte où le désir du succès domine toutes les considérations morales.
Restez donc unis plus fermement que jamais, vous tous, républicains, qui ne l'êtes pas seulement d'épithète, qui l'êtes aussi de conviction et qui le prouvez tous les jours par vos actes, par votre lutte incessante contre la réaction. Et vous tous, messieurs les membres du comité du commerce et de l'industrie, travaillez sans relâche, chacun dans votre sphère, à cette union si nécessaire des vrais républicains, en offrant à toutes les communes, comme une leçon vivante, l'exemple de vos comités.
Messieurs, je lève mon verre pour boire à cette union des vrais républicains, et je suis sûr, eu portant ce toast, d'être l'interprète du pays républicain tout entier. Je bois à cette union, d'abord, parce qu'elle est la seule garantie de notre force en face de la coalition cléricale, monarchique et nationaliste, ensuite, parce qu'elle est la condition essentielle des réformes démocratiques et du progrès républicain. (Longs applaudissements. Ovation prolongée.)