‹ Une deuxième campagne laïque, vers la séparationChapitre 22 sur 71 · C.I.NQI IKMF. IHSCOljRS 2fi · texte numérisé non relu

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dans la suite, par l'égoïsme et . l'orgueil de la monarchie. Pourquoi la France ne connaitrail-elle pas, sous la R('publique. cette unité morale, qui a fait la force de la monarchie :'

L'unité morale des siècles monarchiques est due justement à l'unité de principes politiques et sociaux qui dirigeait féducation rudimentaire des générations d'alors. On sait, d'ailleurs, par quels procédés la monarchie, puissamment aidée par l'Église, se prémunissait contre les tentatives d'éducation divergente. (Très bi^n ! trèa bien ! a gauche.)

Nous, messieurs, nous répudions, pour notre part, tout système de coercition. Nous nous confions à la liberté seule, à l'excellence de nos institutions démocratiques, à l'esprit de progrès qui s'affirme en elles, poiu' entraîner les générations républicaines dans un courant uniforme d'idées .sociales et de convictions politiques. {Très bien ! fi^ès bien ! aiir lex mèmex bcnics.)

C'est par la lil)erté que nous voulons établir cette unité morale, qui aura pour caractéristique dominante l'amour et le respect de la liberté, non pas de cette fausse liberté que la réaction cléricale sous-entend comme étant la liberté du bien, mais de la liberté sans épithète. au sein de laquelle tous les esprits, conscients de leur indépendance absolue, comme aussi de la supériorité des in.stitutions qui la consacrent, développeront sans entraves leurs facultés natiu'elles. {Tréa bien ! très bien à l'extrême (/aitcfie et à (laiiche.)

Non. messieurs, ce n'est pas manquer à la liberté que d'empêcher la formation, dans le corps sncial. d'institutions faites pour le détruire, d'institutions basées uniquement sur ral)()litioii de la lii)ertf individni'llr. . . {Très bien ! et ap/ilandis^e-

270 l'enseignement CONC;HÉ<iAMSÏE

mentit mr les iiirtncs haïtes), (riiistiUilioiis dt'stiiwes à ruiiiLT le régime polit iiinc et social dont elles se prévalent anjourd'iuii pour lra\ ailler sans relâche el sans gène à leur ceuvrc de destrudion.

Non, messieurs, ce nVsl |)as iiiaïKiticr à la liherh'^ (juc d'exiger de ceux qui l'invoquent un sincère respect pour elle, de même que ce n'est pas outrager les congrégations que de les juger incai)ables, sous peint; de forfaiture religieuse, de professer ce respect et de l'enseigner à leurs élèves. {Nouveau.r applaudissemevfs sur les mêmes bnucs.)

Que les défenseurs des congrégations le veuilleut ou non, qu'ils en conviennent ou non, l'enseignement congréganiste n'est pas et ne peut pas être un enseignement de liberlé. (Exclamations ironiques à droite.)

11 a pu être renseignement légitime et prédominant d'une époque monarchique; il n'est ([u'un dissolvant à notre époque républicaine.

M. HALr.AN. — C'est l'enseignement que vous avez reçu!

M. DoMiNiouE Delahaye. — (^est un enfant (lui a mal

tourné !

M. le Président. — Monsieur Halgan, vous avez pris la parole hier; il est inutile de procéder par interruptions en ce moment.

M. le président du conseil. — Monsieur Halgan, je vous ai déjà dit que je ne dois rien à la congrégation.

M. Le Provost de Launay. — Vous devriez vous récuser daus cette question !

M. LE président du conseil. — Les congiH'gations enseignantes détonnent daus notre milieu social. Contemporaines

et auxiliaires de la monarchie, elles out fait leur temps. {Très bien ! très bien ! â gauclie.) Qu'elles rejoigueiil doue la monarchie dans les limbes de l'histoire. (Vifs aiJijlaudissements.) Leur disparition aui'a lieu sans le moindre préjudice et. tout au contraire, au grand avantage de la Rt'publique. {Très bien! très bien ! et applaudissements répétés à yauclie et à l'extrême gauclie.)

L'ensemble du projet de la loi fut adopté au Sénat le 5 juillet 1904, p;ir 167 voix contre 108 et la loi fut promulguée au Journal officiel le 8 juillet 1904.

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