‹ Une deuxième campagne laïque, vers la séparationChapitre 27 sur 71 · C. — il · texte numérisé non relu

C. — il

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jKir rallt'galion banale (iii'cllc ne Jnj^o pas le prêtre apte à remplir la tbiiclioii (|iii lui est dcxuliie. Si, parfois, comme l"indi(iuail hier M. (iroussaii. |)our se soustraire à i'accusatiou de parti pris, il lui ,irri\e de se départir de sa rigueur systématique eu faveur du protégé de (pielque prélat bieu en cour, elle ne dissimule nidl<Mnent (|ue sa raison de principe pour tenir eu échec les sujets spontanément choisis par le Gouvernement réside dans l'abandon par ce dernier d'un système subi par Jules Simon en 1872, le système de l'entente préalable, qui a ét(' niarquiï depuis cette époque par une série de marchandages indignes d'un gouvernement, et, grâce à ces marchandages, où le nonce se faisait la pail du lion, par l'élévation eu immense majoriti' à ré])iscopal d"hi)nuues notoirement hostiles aux institutions républicaines. {Très bien! très bien ! à <imirhe.)

Je me suis expliqué à ce projios de\ant le Sénat, dans un discours dont cette Assemblée aordonné l'aflichage. {Hnmmrs à droite. — Très bien ! très bien t à i/auche.) J'ai établi avec pièces, avec noms propres à rap])ui. ipie les sujets choisis par le Gouvernement, tant sous le ministère actuel que sous les ministères antérieurs, réalisaient toutes les conditions requises de capacité et de dignité.

J'ai même provoqué en leur faveur, incidemment et sans m'y attendre, le témoignage de plusieurs de mes collègues, appartenant à la liaction la plus modérée du parti républicain, et je n'ai pas eu de peine à convaincre le Sénat de la futilité, de l'iiuitililé du motif invoqué contre nos choix. (Très bien ! (i (jinirlir.)

Non, messieurs, il n'esl p;is \iai que les pi'êlres, objets de

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ces clioi\, tous vicaires généraux, archiprètres, curés doyens, savants ou professeurs de mérite, soient inaptes à l'épiscopat. Ce qui est vrai, c'est que nos réclamations sur ce point, conuiic sur les autres points (ont à l'heure indiqués, se heurtent à une doctrine désormais admise par le monde catholique comme l'expression de la vérité révélée.

C'est la doctrine, chère de tous temps à la papauté, qui concentre dans la personne du pape tous les pouvoirs et tous les droits eu matière de morale comme en matière de dogme, qui l'élève au-dessus des gouvernements et des peuples comme leur maître et leur guide, qui lui fait considérer comme autant d'altentals contre sa souveraineté, comme autant d'usurpations, les garanties prises par la société contre l'intervention du pouvoir spirituel dans les affaires de l'ordre civil et politicpie. Si, nonobstant cette doctrine traditionnelle d^' la papauté, le Concordat, qui reiu'ésente pour nous, quoi quCii ait pu dire M. Gayraud, la convention diplomatique et les règlements de police prévus et autorisés par l'article l-"^ de cette convention, a pu se maintenir et fonctionner tant bien que mal pendant trois quarts de siècle, il faut faire honneur de ce tour de force tant à la patience de rÈglise dans les temps difficiles du premier empire, où la persécution sévissait .sur son chef, *\nk la faiblesse intéressée des gouvernements monarchi(iues aux prises avec des difficultés que la désaffection de l'Église aurait singulièrement aggravées. {Applaudissements à gauche et à l'extrême yaucfie.)

Ainsi, messieurs, tour à tour la papauté laissait sommeiller quelques-unes de ses prétentions, et les gouvernements monarchiques passaient condamnation sur l'inexécution de

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ctM'Iaiues prescriptions l<'fialos. (ApidaïKlissetnents à (/diiche.) La boiiiic liarnionie entre les deux pouvoir.-, tenait à ce (|iit' leurs (lioils respectifs ne se contrariaient (|ue dans des détails et quMIs n'avaient pas encore subi l't'preuve décisive d'une grande nianifestation. dune grande contradiction publique. Elle apparut comme impossible et le devint de fait quand le Sijllfibus condamna .solennellement la civilisation moderne et. plus encore, quand la proclamation du dogme de linfaillibilité personnelle du pape rendit manifestement déri- .soire et dé.sormais impraticable toute pensée, tout projet d'nssigner des bornes à sa ijuissance directrice et à .son action mitrale. [Vifs apfddKdhnenn'iih à rc.vtrèuir (/(iiicfte et à Uduche.)

De ce fait capital, (lui coïncida, ou peu s"en l;iul. a\ec favènement de la Républi(|ue. date véritablement le divorce moral entre les deux .sociélés civile et religieuse... {Nouveaux appl(indisseinents siif les mêmes bancs), ainsi (jue l'obligation pour le parti républicain d'inscrire dans son programme et de préparer avec méthode la sé[)aration des Églises et de l'État. (Nouveaux applaïuUssemeiits sur les mêmes bancs.)

Par le SijUdhus. par le dogme de finfaillibilite papale, tombèrentles dernières bari'iéres qui avaient contenu (|U('l(|ue peu Jusqu'alors l'absolutisme ultiamontain.

ilnepou\ail être question d'en appeler aux anciennes libertés de lÉgli.se gallicane, détruites par la Révolution d'abord, par le Concordat ensuite, bien que l'image s'en conservât, à la façon de vieilles reliques, dans un article de la loi du 18 germinal an X, comme dans une sorte de tabernacle. [Iiilenupliuitsuu cnihe.}

M. Chaules Benoist. — Et dans bien d'autres articles encore.

M. le PRkSiDENT DL CONSEIL. — La l'olic seuIc auiviil pu être tentée de les reconstituer. Un veut de despotisme .souflla dès lors sur la catholicité. 11 glaça tous les courages libres. Il des.sécha tous les sentiments de généreuse indépendance. Ce fut la lin du catholicisme lil)éral.

Les hommes de cette école, qui avaient épuisé au service de la papauté toutes les forces de leur génie, toutes les ardeurs de leur éloquence, n'eurent pour récompense de leur ingrat et opiniàlre labeur que la .sommation hautaine d'avoir à se renier eux-mêmes. {AppUmrlisseiiients a l'extrême yauclie et a (jfiuche.)

M. Paul Lebolle. — S'ils étaient présents, ils ne vous applaudiraient pas.

A ynuclie.— Parce qu'ils se sont renii's.

M. le président du conseil. — Quand l)ui)anloiip, iMontalembert et Fallouv. qui avaient cru de bonne foi, dans leur système inconséquent, à une conciliation possible entre l'Église catholique et la liberté, entendirent anaihématiser ])ar le Stjllal)us toutes les libertés du monde moderne, les libertés de la personne comme celles du citoyen, ils reculèrent épouvantés et comme paralysés devant leur œuvre. {Appkm- (Imements à Vextrèine gauche et à gauche. )

Mais l'œuvre était accomplie. Elle s'impo.sail désormais de luute la hauteur de la révélation aux consciences catholiques. Il ne lui manquait, pour passer dans les faits de la vie sociale, et, en cas de succès, pour transformer le monde, qu'une aulorilé soiiNcraiiie cl pleinement iires|jonsable. Le concile

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du Vatican la lui donna sans plus tarder. (Très bien! très bien! â gauche et à V extrême gauche,]

Eu plaçant le pape au-dessus do l;i catholicité tout (mtière, en lui subordonnant toutes les églises, tous les synodes et conciles, tous les évoques assemblés, en faisant de ses égaux de la veille ses premiers sujets du lendemain... (Interruptmn à droite. — Trcsbien ! très bien! à gauche.)

M. Gayraud. — Ce sont des àneries thédlogiques. (Hruii à l'extrême gauche)

M. Lkrolle. — Ce n'est pas un dessin, c'est une carica- . ture.

M. LK PHÉsiDEiNT DU coxsEiL. — ...Cil le marquant ;ui front iruM stiû-niate divin p;ir rinr;iillil)ililé personnelle, le concile dii V.'ilicjin livra le monde entier, ses idées, ses mceurs et ses lois à son bon plaisir. {Applfiurlisxeiueuts à l'extrême gauche et II giiuche.) 11 le dégagea de toute obligation envers les peuples et les monarques.

M. Gayraud. - Retournez donc an catéchisme! {Bruit à l'extrême gauche.) Je prétends connaître la théologie mieux que M. le président du conseil et je vous affirme qu'il se trompe. (Bruit.)

M. Savary i)k Beaurec.ard. — Nous connaissons notre leligion mieux que vous, messieurs de l'extrême gauche ; vous ne nous l'apprendrez \y.\s. Nous la connaissons et nous la pratiquons.

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Messieui's. à partir de ce jour, notre Concordat, ce vieux texte à querelles interminables. (|ui avait fait oftice de tampon pendant trois quarts de siècle entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux, dont

LA POLITIQUE RELIGIEUSE Itô5

les intérêts s'eatrechoquaient à chaque rencontre, devait perdre el perdit effectivement le caractère d'im contrat synallagmatique, obligatoire au même titre pour les deu\ parties contractantes. Il ne fut plus au regard de la papauté, qui ne chercha nullement à le déguiser, qu'un simple don de la puissance pontificale....

M. GnoussAU. — C'est complètement inexact.

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — .... uu actc gracloux de concession, d^nt la valeur se mesurait pour le donateur au \ seules nécessités du moment. (ApplaKdixsements à ganclw cl l'i l'extrême gauche )

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