M. LE LIEUTENANT-COLONEL ROUSSET. — NOU! UOU
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Je VOUS demande bien
370 l'affaire dite « des fiches »
pardon! Neuf fois sur dix, c'est le chef de corps qui est saisi par le ministre el (|iii fait sou rapport et la dixième fois c'est le préfet.
.4 droite. — Et Vadecard !
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Rieii ifcsl plus çorrecl qu'une telle attitude et tous ces moyens occultes qu'on suppose, toutes ces voies détournées qu'on se plaît à dénoncer en ce moment n'ont jamais existé que dans l'imagination de ceux. . . (Vives exclamations au centre, à droite et sur divers ()ancs.)
M. Paul Coûtant (Marne). — Alors pourquoi avez-vous blâmé le capitaine Mollin?
M. LE LIEUTENAXT-COLONEL ROUSSET. — S'ils U'OUt jaUlHls
existé, ce n'est pas la peine de les blâmer?
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Même Ics reuseiguemculs indûment arrivés par cette voie ont été soumis au contrôle dont je vous parle.
.4 droite. — Non !
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Comment, non ! Vous figurez-vous qu'au ministère de la guerre on accudlle la déclaration du premier venu?
A droite. — Oui ! oui !
M. LE HÉRISSÉ. — On la demande cette dénonciation, on ne l'accueille pas.
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Messlcurs, c'cst uu parti pris contre lequel il n'est pas possible de lutter.
M. Charles Dumont. — Très bien !
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Ou cont ledit mes paroles toutes les fois qu'elles tendent à démontrer qu'au ministère
l'affaire dite « DES FICHES )) 371
de la guerre le contrôle s'exerce par les voies régulières, en dehors des agissements que nous avons blâmés et qui sont les seuls, remarquez-le. que vous puissiez citer comme contraires à la correction.
Nous avons conscience de n'avoir nullement mérité l'animadversion que l'opposition appelle sur notre tête. Et, s'il m'est permis, en terminant, de montrer le but. secret hier, avoué aujourd'hui, qu'elle poursuit, je le tire de ce simple fait : on arcommencé par incriminer le ministre de la guerre; puis, l'appétit venant, c'est le président du conseil qui a été mis en cause, enfin, (•"est le cabinet tout entier. {Très bien! très bien ! et rires: à gauche et à l'e.vtrème gauche.)
La Chambre dira si elle veut permettre au Gouvernement de poursuivre son œuvi'e républicaine en procédant par les moyens réguliers, les seuls qu'il ait employés jusqu'ici. (Exclamations ironiques au centre et à droite.)
J'ai mis de côté, en les condanmant. les procédés qui ne me paraissaient pas réguliers: pour tout le reste, le Gouvernement a procédé de la façon la plus n'gulii're. en s'adressant aux préfets et aux chefs de corps pour contrôler tous les renseignements.
M. LE LIEUTENANT-COLONEL RoiSSET. — NOU !
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — NoUS aVUUS COUtrÔlé ICS
mille faits qui sont venus à notre connaissance, quand ils nous ont paru dignes d'examen, et c'est par là que nous avons pu acquérir la certitude que l'armée s'inspirait de plus en plus du sentiment de dévouement aux institutions démocratiques. C'est par là que nous espérons la fortilier encore dans ce sentiment.
372 l'affaire dite « des fiches.»
La Chambre dira si ello veut que celte année partage d'une manière définitive et complète des aspirations communes à toute la nation ou si elle \eul la liNn^r aux hasards d'un changement de cabinet. [Vifs apiilaxdixncmi'nts. à l'extrême gauche et à ganctie.)
Par 279 voix contre 277, la Chambre repoussa l'ordre du jour pur et simple et accorda ensuite, par 286 voix contre 276, la priorité à l'ordre du jour de MM. Bienvenu-Martin, Berteaux, Jaurès et Thomson :
« La Chambre, convaincue que le devoir de l'État républicain est de défendre contre les influences de l'esprit de caste et de réaction et par les moyens de contrôle réguliers dont il dispose les fidèles et courageux serviteurs de la République et de la nation, compte sur le Gouvernement pour assurer dans le recrutement et l'avancement des officiers, avec la reconnaissance des droits, des mérites et des services de chacun, le nécessaire dévouement de tous aux institutions républicaines, et. repoussant toute addition, passe à l'ordre du jour. »
A la suite des voies de fait dont M. Syveton, député nationaliste, se rendit coupable sur la personne du général André, ministre de la guerre, cet ordre du jour réunit lunaniraité des républicains et fut voté par 343 voix contre 236.
(lO NOVEMBRE I904)
Dès le 29 octobre 1904, M. Combes avait remis à la commission de la séparation des Églises et de l'État un texte, contre-projet gouvernemental au projet élaboré par elle, sous l'inspiration principalement de son rapporteur, M. Aristide Briand, député de la Loire.
Le 10 novembre, M. Grosjean demanda à interpeller sur « la portée et le caractère législatif du texte présenté par le Gouvernement ». M. Rabier, député républicain du Loiret, fit une demande analogue.
Les nationalistes et les progressistes, avec M. Thierry, prétendaient que des divisions existaient dans les plus hautes sphères gouvernementales, que janviis M. Combes n'obtiendrait la signature du chef de l'État, et que c'était là l'obstacle au dépôt d'un projet régulier.
M. Combes répondit en déposant sur le bureau delà Chambre, aux acclamations des gauches, un projet de séparation qui fut renvoyé à la commission (1;.
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — MessieuFs, l'iiisistauce de M. Thierry et le langage de M. Grosjean m'obligent à présenter quelques très brèves et très simples observations.