‹ Une deuxième campagne laïque, vers la séparationChapitre 51 sur 71 · I.A ClIUUIl.AIlii: AII\ PKÉFETS · texte numérisé non relu

I.A ClIUUIl.AIlii: AII\ PKÉFETS

ri'comnKMil cnTs pour roiisoifjiiorsecrc'tcniciit l'admiiiislration et le Goiiverriemciil . . . »

M. AunifiiEit. — C.'rsl bien l;'i votre styli» ! {Rirex au fciitrr. — Bridl.)

M. LE PRÉSIDENT DU CO.NSEII,. — « ... îllOFS qUO de lOIlt

temps ils ont été légalement et otTiciellemenl nommés pour le représenter dans toutes les communes. {Interruptions sur divers bancs.)

A droite. — (l'est vous qui avez dicté cette lettre-là!

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — <i ... Eu etTet. depuis que le suffrage universel existe, le préfet nomme un délégué par commune pour le représenter dans les commissions de revision des listes électorales, et ce droit loi a été de nouveau attribué par la loi du 7 juillet 1874. Des délégués doivent également être nommés pour représenter l'administration dans les commissions des hospices et des bureaux de bienfaisance [Mouvements divers), dans les bureaux d'assistance, dans les commissions scolaires, etc.. »

A droite. — Trop de zèle !

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. «... Jc m'applique, pour ma part, à ne donner le mandat de représenter mon administration qu'à des hommes présentant toutes garanties d'honorabilité et de dévouement aux institutions républicaines. C'est à ces délégués, qui ont toute ma confiance, que je m'adresse lorsque j'ai besoin d'être exactement renseigné dans les communes où les municipalités sont connues comme hostiles à la République, et cette manière de procéder, qui a été d'ailleurs employée sous tous les régimes, me paraît la seule possible pour sauvegarder les droits du pouvoir central. »

SUR LES RENSEIGNEMENTS POLITIQUES 4o3

.4 (iroite. — Signé : Yadecard !

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — MessieuFs, cB rapport porte l;i signature d'un homme que beaucoup d'entre vous connaissent, que tous ceux qui le connaissent apprécient, et que vous apprécierez encore plus, quand vous saurez que c'est le préfet du département qui avait envoyé au wSénat M. Waldeck-Rousseau : c'est le préfet de la Loire. [Exclamations et rires sur divers bancs au centre.)

M. Jean Godet. — C'est même M. Waldeck-Rousseau qui l'a nommé préfet de la Loire !

M. LE PRÉSIDENT- DU CONSEIL. — Messleurs, si j'ai choisi ce rapport parmi tant d'autres, c'est que personne parmi vous ne pourra croire, j'imagine, que le préfet de la Loire n'interprétât pas très exactement les intentions du Gouvernement de M. Waldeck-Rousseau. {Bruit.)

M. RouBY. — C'est le meilleur ami de M. Leygues !

M. Le Hérissé. — C'est un ami de tous les Gouvernements!

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Enfin, messleurs, je lirai un dernier rapport, qui ne fait que confirmer les rapports précédents :

« Je n'avais — écrit le préfet — pour obéir aux prescriptions de votre circulaire, qu'à suivre sans les modifier en aucune sorte les traditions créées par mes honorables prédécesseurs dans le département que j'administre. Lorsque mes prédécesseurs et moi-même avions à fournir des renseignements confidentiels sur l'attitude d'un fonctionnaire, sur .sa conduite politique, sur la confiance qu'il inspirait aux populations, ou bien quand nous avions à renseigner le Gouvernement sur les aptitudes et les opinions politiques d'un ran-

454 I>A CIKCULAIHE AUX l'BÉFETS

(lid.it ;i tint' loncliou publiqiio. nous nous ndressions dans chaqu(^ canton, dans chaque groupe de coinnuines ou dans chaque connnuue à une personnalité réputée pour son honorabilité, pour sa droiture et pour sa fidélité à la Républifiue. Le plus souvent, cette personnalité détient un mandat électif de conseiller général, de conseiller d'arrondissement ou de maire. Mais il arrive souvent que, dans les localités encore inféodées au\ i)ailis liostiles, cette personnalité, que vous avez apjtelée vous-mènic un « coirespondant », est privée de tout mandat électif.

<. .Te dois d^iclarer d'ailleurs (lue.je n'ai jamais vu appli(|U(;r une autre méthode. J'ai été, après le 16 mai, de 1877 à 1881, chef de cal)inel iU\ piéfet et j'ai vu pratiquer' ce système. Lorsque j'ai été nonmié secrétaire général, mon préfet n'accordait égalenienl s;i couliance, à l'exchrsiou des mair-es r'oyalistps. qu'il des rvpultiicaius exempts di^ toute fonction adminjsliatixe. Me confor'm.iiit a de telles traditions, j'ai api)li(|iie i>lus parliculièi-emenl celte méthode dans les dei)ar-lements que j'ai administrés à des epocpies où les sièges («lectifs étaient occupés eu majorité par des réactionnaires.

'< J'ai donc la satisfaction de vous déclarer, monsieur le président du conseil, que les prescriptions de volii^ ciiculairc lie sauraient lieii innovei' dans mon déj)artemeiit. >-

L'auteui' de ce rappt;rl est M. Lutaud, préfet de la Gironde. \ Mo H ve m e n ts d i ve > .s . )

M. Chai'mkt. — Je pense (|ne les r'adicaux de Toulouse et les sdcialisles de Mar'seilie xcnoni a\ec i)laisir' M. le pr'ésisenl du conseil s'al)riter' (leiricre l'autornté de M. Lutaud, cli;is;*e de Maisriiic |»(iin a\oir ((iiiiballu le iiiiiiislare Combes,

SUR LES RENSEIGNKMEiNTS POLITIQUES 4o5

[Applaudissements au centre et à droite. — Applaudissements ironiques à l'extrême gauctie.)

M. Albert TouriMer. — A uns l'ortiliez l'argument du présideut du couseil!

M. SiMYAN. — Évideinrac'ul ! 11 est d'autant moins suspect!

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL.— Je u'al Qu'uu mot à répondre à M. Chaumet : c'est que je n'ai besoin d'être couvert par personne; je couvre mes fonctionnaires quand je le dois, et les désapprouve, quand il lé faut. C'est toute la réponse que je veux faire.

Messieurs, après ces lectures, qui vous paraîtront cou\ aincautes (Exclamations et rires ironiques au centre et à droite), après ces lectures qui prouvent tout au moins que le système formulé dans ma circulaire n'est que la reproduction exacte d'un système en vigueur depuis vingt-cinq ans, j'aurais le droit de me demander, sous forme d'hypothèse, si c'est une pièce sérieuse ou une comédie qui se joue en ce moment-ci. {Vifs applaudissements à l'extrême gaucfie et sur divers bancs à gauche.)

Si c'est une pièce sérieuse, je dénie aux interpellateurs le droit de remplir le rôle qu'ils ont tenu à cette tribune. Si c'est une comédie, je la livre à l'appréciation de cette Assemblée. (Très bien! très bien! sur les mêmes bancs.)

Le système que j'ai consacré par ma circulaire est destiné à remplacer celui que nous avons tous condamné. (Très bien t très bien t sur les mêmes bancs,)

M. LE LIEUTEXANT-COLONEL DU HaLGOUET. — MaiS qUC VOUS

avez employé.

M. DE Largentaye. — Alors on désavoue Vadecard?

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