LA CIRCULAIRE AUX J'HÉFETS
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Ce systcmo était ué de circonstances fortuites et j'ai pu en inrti(iuer l'oilgine. J'ai rappelé qu'en 1900, à l'époque où le ministre de la guerre a pris le pouvoir, on s'est deraand(^ par quel procédé on pourrait se procurer des renseignements — sur l'armée seulement, retenez-le bien.
On a essayé d'un autre système; on a employé, je vous l'ai déjà dit, des commissaires spéciaux, des agents de la sûreté qu'on envoyait dans les départements pour s'enquérir de l'attitude, de la conduite politique de certains officiers.
J'ai eu entre les mains les rapports de ces agents; ils portent sur un général, neuf colonels et deux commandants. On ;i (Im renoncer à ce système, bien que les missions aient été remi)lies avec une. |)arfail(' honnêteté, i)arce (jue les agents qu'on envoyai! sur place étaient obligés, pour obtenir les renseignements recherchés, de s'adresser un peu au hasard k différentes personnalités, d'aller chercher ces renseignements dans les lieux publics, dans des conversations particulières, dans les cafés. [Exclamatlom au centre et a droite.)
Où vouliez-vous qu'on allât autrement? L'agent qui nrrivait ne connaissait pas la localité, les personiuss; il se renseignait un peu partout, et c'est par suite d'une conversation fort indiscrète, tenue dans un café, qu'au ministère de l'inliirieur on s'est décidé à ré|)udier le système. Mais dans les rappoi'ts (lue j'ai eus entre les mains on trouve cette phrase qui justifie pnrfaitement bien ce que j'ai dit moi-même des délégués administratifs ou des correspondants : « Les renseignements émanent de personnes autorisées dont la fidélité aux institutions républicaines et la discrétion s(nil à l'abri de tnut soupç^tn. »
SUR LES RENSEIGNEMENTS POI.ITinUES 4^7
La discrétion n'a pas toujours été à l'abri drioui rcpioclK". Il s'est produit un fait des plus fâcheux, et l'on a couix- cdiut à la mission donnée aux agents de la sûreté. {lufeDiipiion^ sur divers bancs.)
Le système actuel, longttîmps expérimenté, n'offre, quoi qu'on en ait dit, aucun inconvénient, si le préfet, si le souspréfet, comme c'est leur devoir, savent choisir leurs délégués et leurs correspondants. Ils en répondent sous leur propre responsabilité, et je me deuiande vainement, à moins que vous n'ayez l'intention de désarmer l'administration centrale, quels autres moyens vous prétendez employer pour lui procurer les renseignements qu'il lui importe de connaître. Ah ! vous ne voulez pas, ah ! M. Millerand ne voulait pas — tout à l'heure il l'a dit expressément — qu'on allât au-delà du souspréfet : mais je lui demande comment il fera que le sous-préfet connaisse assez les 20.000. 30.000, 40.000 habitants de son arrondissement pour pouvoir renseigner ses supérieurs. A l'extrême muche. — Et quelquefois les 100.000 habitants. M. LE PRÉsmENT DU CONSEIL. — Parfaitement ! La vérité, messieurs, c'est qu'on redoute la lumière pour les fonctionnaires ou pour les aspirants aux fonctions publiques qui nourrissent des sentiments hostiles à la République. {Applaudmements à l'extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.) La vérité, c'est que lorsque nous réprouvons un système que nous trouvons répréheusible, lorsque nous voulons un système fait de responsabilité et d'honnêteté... {Exclamations au centre et à droite. — Applaudissements à gauche et à l'extrême gauche), nous rencontrons devant nous l'objection facile ([ui consiste à dire: « Mais ceux qui vous ren-
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