INTERPELLATION LHOPITEAU SUR LA POLITIQUE GÉNÉRALE
(l3 ET l4 JANVIER 1905)
Dès la rentrée des vacances du 1" de l'an, la Chambre devait procéder à l'élection de son président.
M. Henri Brisson, président sortant, semblait ne devoir rencontrer aucun opposant parmi les républicains. Sa haute impartialité et sa ferme conviction républicaine, attestées par de longues années d'inappréciables services, le désignaient sans conteste à la présidence.
Une coalition des voix de la droite et du centre, unies à celles des dissidents avoués ou honteux, amena au fauteuil, contre M. Brisson, l'ancien gouverneur général de l'Indo Chine, M. Paul Doumer.
M. Combes comprit que les défaillances individuelles, se greffant sur des animosités personnelles, pouvaient compromettre le sort des réformes promises par le Gouvernement et attendues avec une légitime impatience par la démocratie.
Aussi, l'interpellation sur la politique générale, déposée par M. Lhopiteau, lui servit-elle surtout, en montrant l'œuvre accomplie et celle qui restait à faire, à grouper autour de ce programme de réformes une majorité de gauche, qui rendît possible la constitution d'un ministère nouveau s'appuyanl sur
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les mêmes groupes, et capable de réaliser tout au moins la plus capitale des réformes préparées par son Gouvernement : la Séparation des Églises et de l'État (l).
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL, ministre (le l'intérieur et des cultes. — J'épargnerai à la Chambre la fatigue d'un long discours ; son esprit, dans les circonstances présentes, comme le mien d'ailleurs, ne s'en accommoderait guère. Ce n'est même pas un discours que j'apporte à cette tribune, ce sont quelques déclarations assez courtes, qui auront du moins le mérite d'être très nettes.
Et d'abord, messieurs, j'écarterai de ce débat de politique générale les questions relatives à ce qu'on appelle la délation. (Exclamations au centre et à droite.) Le Gouvernement s'en est exptiqué plusieurs fois à cette tribune ; il a frappé, vous ne l'ignorez pas, d'une réprobation non douteuse (Exclamations sur les mêmes bancs) le système de renseignements inauguré en 1901 au ministère de la guerre.
M. Germain Périer. — Mon conducteur des ponts et chaussées, qui envoie des fiches, est toujours à Autun ! (Très bien! très bien! au centre.)
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL.— lia fait plus que condamner ce système : il a répudié pour jamais les notes secrètes. En réponse à une question qui m'était posée, j'ai dit expressément que ce sont surtout les notes secrètes politiques qui devraient être bannies du dossier des fonctionnaires.
Mais, quant aux cas particuliers, le Gouvernement a pensé et il pense toujours qu'il y aurait de l'injustice à ne pas les