Eclairez à Monsieur ne se dit plus
Selon l’Académie, Landais, Gattel, Rolland, etc., et c cetera ou etc., signifient et. les autres personnes, et les autres choses. Pierre, Jean, Paul, etc. Il y a dans son laboratoire, toutes sortes d’ustensiles, des fourneaux, des cornues, des creusets, etc.
Au mot Exclure. — L’auteur annonce que le participe passé d ’ exclure est exclu, exclue, ou exclus, excluse, et il ajoute que ce dernier participe est peu usité. Selon 1 Académie, on disait autrefois, exclus, excluse: on ne peut donc plus le dire actuellement. M. Landais prétend que l’on ne devrait plus tolérer, dans la langue française, le participe exclus, excluse .
Prononciation du P. — L auteur dit . F final ne se fait pas sentir dans œuf frais, œuf dur, œuf pourri, bœuf gras, bœuf sale, cerf, cerfs, etc. Cette prononciation est loin d’être con¬
forme à celle de l’Académie. Pour s en convaincre, il suffit d’observer que dans la dernière édition de son dictionnaire, elle prévient que f final se prononce presque toujours, même devant une consonne, et elle indique avec le plus grand soin les mots où cette lettre ne se fait pas sentir, soit au singulier, soit au pluriel.
p Autrefois l'on écrivait exclus, excluse, ot 1 on no se sert plus maintenant que d’exclu, exclue. Il en va ainsi de conclu, conclue.
[ IOI ]
Ainsi lorsque l’Académie ne s’explique point sur la prononciation de / final dans quelques mots, elle annonce suffisamment, par son silence, que cette lettre doit se faire sentir, soit au singulier, soit au pluriel. Ceci posé, il suffit de parcourir la dernière édition du dictionnaire de l’Académie pour se convaincre i°. que dans les deux mots bœuf et œuf, f final ne se fait sentir qu’au singulier, et qu’il ne se fait point entendre au pluriel ; et qu’ainsi on doit prononcer un bœuf, du bœuf salé, un œuf, un œuf frais, des beû, des eû. L’Académie n’admet d’exception que dans ce qu’on appelle, à Paris et dans quelques autres villes de la France, le bœuf gras, que l’on prononce le beû gras. — 2°. que / se fait sentir dans neuf (qui est fait depuis peu) et dans veuf, même au pluriel; et qu’ainsi on doit prononcer un habit neuf, des habits neufs, un veuf, des veufs. — 30. que f se fait sentir dans cerf (bête fauve) et dans serf (qui 11’est pas libre,) tant au singulier qu’au pluriel; l’Académie n’excepte que cerf-volant ; elle prononce cer-volant. — 40. que dans nerf, f ne se fait sentir qu’au singulier, et qu’ainsi on doit prononcer un nerf, des ner; l’Académie n’excepte que nerf-de-bœuf, et nerf-de-cerf, dans lesquels on ne fait entendre f que dans bœuf et dans cerf.
Il est juste cependant de faire observer ici que plusieurs grammairiens célèbres prétendent que / final ne doit point se faire sentir au plu-
riel dans neuf (fait depuis peu), dans cerf, serf et nerf.
Au mot Hier. — “ L’usage, dit l’auteur, veut , que l’on dise hier-matin et non hier au matin ; hier au soir et non hier-soir. ”
L’Académie et Landais disent également, hier-matin et hier au matin.
Au mot Malgré que. — “ Malgré que, dit l’auteur, employé dans le sens de quoique, a vieilli et n’est plus français. Ainsi ne dites pas, il sort malgré qu’on le lui défende: dites, quoiqu’on le lui défende. ”
L’Académie, Landais et les grammairiens modernes ne sont pas parfaitement d’accord sur ce point avec l’auteur du Manuel, et tous conviennent que la conjonction malgré que peut s’employer avec le verbe avoir et le subjonctif : malgré qu’il en ait, nous savons de quoi il s’agit.
Au mot Massacrant. — “ Ce mot, dit l’auteur, ne se trouve dans aucun dictionnaire. On doit donc éviter de dire, cet homme est aujourd’hui d’une humeur massacrante, etc. ”
Quoi qu’en dise l’auteur, ce mot se trouve dans l’Académie, dans Boiste et dans Landais : il est aujourd’hui d’une humeur massacrante. “ L’Académie, ajoute Landais, ne donne que le féminin de cet adjectif. Il est vrai que le masculin est peu en usage. ”
Cette locution est familière 1.
Au mot Moucher. — “ Moucher n’est jamais neutre, dit l’auteur, ainsi il ne faut pas dire : je mouche, mais je me mouche beaucoup. ” On trouve dans l’ Académie : si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé; il ne mouche presque point, etc. Landais donne pour exemples de moucher pris d’une manière absolue: je mouche beaucoup, je ne mouche guère 2.
Au mot Nouveau. — “ Nouveau, dit l’auteur, employé comme adverbe, est invariable; des enfants nouveau-nés. Il ne s’emploie jamais adverbialement avec un substantif féminin. Ainsi ne dites pas : une fille nouveau née, mais une fille nouvellement née.” L’Académie, (verb. nouveau-né) dit: dans cet adjectif composé, nouveau est pris adverbialement, des enfants nouveau-nés, une file nouveau-née.
Aux mots Numéro, Folio, Recto, Duo, etc. — “ Les mots empruntés du latin, dit l’auteur, ne prennent pas d’s au pluriel; factum est excepté ; on dit des facturas. ”
1. Le mot massacrant se trouve dans Larousse et dans Hatzfeld. Il est familier.
2. Moucher est verbe transitif et intransitif. Ex. Mouche ton nez, il mouche du sang, mouche la chandelle. Signifiant moucharder, espionner, il est intransitif.
L’Académie écrit numéros au pluriel ; cette orthographe est conforme à l’usage actuel. Elle écrit aussi, Duos, trios, zéros au pluriel. L’usage n’est point uniforme sur l’orthographe de ces derniers mots \
Au mot Payer. — L’auteur décide à la fin de cet article, page 86, que les trois personnes du singulier, et la troisième personne du pluriel du présent du subjonctif du verbe croire, que je croie, que tu croies, qu’il croie, qu’ils croient, doivent se prononcer que je croa, que tu croa, qu’il croa, qu’ils croa, et non pas, que je croi, que tu croi, qu’il croi, qu’ils croi, comme on les prononce à Paris, et comme les personnes instruites les prononcent en Canada. Nous reviendrons sur cet article lorsque nous parlerons de la diphtongue oi, verb. prononciation.
Au mot Pémina. — “ Le pêmina que le vulgaire nomme pinbina, dit l'auteur, est l’obier du Canada. Le peuple appelle aussi pinbina son fruit. C’est à tort, parce que la baie que porte le pémina, n’a pas de nom en français. ”
Il en est du pémina (la viorne édule du Canada), comme du cacis, ou cassis (groseillier à fruit noir) ; du bluet du Canada, (espèce d’airelle particulière à l’Amérique Septentrionale) ;