Numéro, folio, recto, duo, prennent un s au pluriel
Voir Hatzfeld. ' «
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des atocas, etc., dont les fruits portent le même nom que les arbustes ou les arbrisseaux qui les produisent.
Au mot Prononciation. — L’auteur du Manuel dit : “ L’articulation vicieuse de la diphtongue oi, si fréquente chez nous, doit attirer l’attention sérieuse de l’instituteur; ou plutôt devons-nous dire, sa conscience est grevée à cet égard d’une immense responsabilité envers ses élèves et la société. ”
Voilà, il faut l’avouer, une décision un peu sévère et bien tranchante. Elle mérite une attention particulière. Voyons si elle est aussi bien fondée qu’elle devrait l’être. Pour mieux l’examiner, il ne sera pas inutile de se rappeler qu’il y a trois systèmes de prononciation bien marqués en France: celui de la capitale, qui est vraiment celui de l’Académie, et que MM. Lévizac, Duvivier, Catineau, Boiste, Landais, à quelques exceptions près, tout au plus, et plusieurs autres grammairiens célèbres, ont adopté dans leurs ouvrages; celui du midi de la France, que l’on trouve particulièrement dans MM. Férand, Gattel, Noël et Chapsal, Rolland et que les Lyonnais prétendent être le meilleur : et enfin celui du nord. Comme ce dernier système n’a rien de particulier par rapport à la diphtongue oi, il n’en sera nullement question ici.
Examinons maintenant s’il est bien certain que les instituteurs canadiens s’ exposent a gre-
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ver leur conscience d’une immense responsabilité envers la société, lorsque, par ignorance ou par préjugé, ils négligent de faire contracter à leurs élèves l’habitude de prononcer, moa, toa, soa, (moi, toi, soi,), droa, froa, foa, (droit, froid, foi), j’emploa (j’emploie), j’aperçoa (j’aperçois), je boa, (je bois), tu broa, (tu broies), du verbe broyer, etc.
Pour résoudre cette question en toute sûreté de cause, il suffira de bien constater, par quelques-uns de nos plus célèbres grammairiens et de nos meilleurs lexicographes français, comment on prononce la diphtongue oi dans les classes lettrées de Paris. C’est ce que l’on va faire, en commençant par M. Duvivier.
\ La diphtongue oi, dit cet excellent grammairien, n’a pas toujours le même son. Le son le plus naturel est celui que l’on suit en grec, où 1 on fait entendre Y o et l’i, comme dans voiielle, roi-ïaume. Mais elle a encore d’autres sons qu’il est difficile de représenter par écrit, et qu’on doit apprendre d’un maître habile. Ce sont cà peu près, i°. celui de Voué où l’è a un son ouvert, a, loi, foi; 2°. celui de Voua, mois, fois;
1 ou dans ces deux cas est prononcé très rapidement; et 3°. enfin, celui de Voua, prononcé moins rapidement et plus fort: bois. — On prononce loué, fouè, moua, poua, boua.
Dans les mots ou oi est suivi d’un e muet final, il paraît rendre un son un peu plus ouvert que quand il n en est pas suivi. La prononcia-
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tion de soie, voie n’est pas la même que celle de soi, toi; mais cette nuance de son ne peut pas être aisément fixée. (Tome I, page 25.)
On pourrait demander à l’auteur du Manuel pourquoi il a inséré dans ce passage les mots figurés voa-ïelle, roi-ïaume, sans en prévenir le lecteur? Etait-ce pour donner à entendre que la prononciation de Duvivier est la même que la sienne?
Il est inutile de citer ici Eévizac, parce que tout le passage que l’on vient de transcrire est textuellement tiré de sa grammaire, tome Ier page 64.
Voilà donc deux célèbres grammairiens fort attachés aux principes et à l’opinion de l’Académie, qui sont loin de condamner notre manière de prononcer la diphtongue oi en Canada.
Parcourons maintenant quelques-uns de nos dictionnaires français où l’on a figuré la prononciation. Citons d’abord celui de Catineau.
Dans ce dictionnaire la diphtongue oi n’est représentée par oa que dans quelques monosyllabes, tels que pois (légume), bois, mois, (la douzième partie de l’année), etc., qui y sont figurés poa, boa, moa. Dans les autres mots, la diphtongue oi est figurée par oè ; ainsi, selon ce lexicographe, on doit prononcer, moè, toè, soè, (moi, toi, soi) ; cro-ère, (croire), je croè; boère, (boire), tu boè; emploè-ié, (employer), j’emploè, etc. — L’auteur du Manuel conviendra aisément, sans doute, que c’est ainsi que
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les personnes instruites prononcent la diphtongue oi en Canada.
Voyons maintenant comment un de nos meilleurs lexicographes français, le savant M. Boiste, prononce la diphtongue oi. On sait que ce célèbre grammairien, qui, selon l’expression de M. Nodier, aimait à s’ ac ad émiser, n’a établi son système de prononciation que sur celui de la capitale (Paris), dans laquelle il est né, et où il a vécu dans le sein de la classe lettrée. On sait de plus qu’il n’a publié ce système qu’après l’avoir soumis à l’oreille et à la critique des personnes les plus capables d’en juger, dans la capitale. (Préface de la 9e édition de Boiste par Messieurs Nodier et Louis Barré; Paris, 1839). On peut donc être assuré que la prononciation de la diphtongue oi, telle qu’elle est figurée dans cette édition de Boiste, est conforme à celle de Paris. Or, dans cette édition la diphtongue oi n est figurée par oa que dans quelques monosyllabes, comme bois, mois, pois, trois, et dans quelques dérivés de ce dernier, comme troisième, troisièmement , etc. Dans tous les autres mots, la prononciation de oi, est figurée par oè, Forts de cette autorité, les instituteurs canadiens peuvent donc en toute sûreté de conscience continuer à apprendre à leurs élèves à prononcer vo-ère, bo-ère, cro-ère, mo-è to-è, dro-è, etc., nonobstant clameur de Haro.
La bonne foi exige que l’on déclare ici que
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l’auteur du Dictionnaire général et grammatical des dictionnaires français, M. Landais, un de nos meilleurs lexicographes modernes, figure par oa la diphtongue oi, lorsqu’elle est immédiatement suivie de r. Ainsi ce savant veut que l’on prononce gloare {gloire), mémo are {mémoire), je boarais {je boirais), il croarait {il croirait), etc.
Dans presque tous les autres mots, M. Landais prononce la diphtongue oi à très peu de chose près comme M. Boiste. Sans prétendre condamner cette prononciation de M. Landais, nous ne balancerons pas à préférer celle de M. Boiste parce qu’elle est plus uniforme et moins sujette à des exceptions, et qu’elle est parfaitement conforme à la manière dont les personnes instruites prononcent la diphtongue oi en Canada.
Mais, dira-t-on, Messieurs Férand, Gatel, Noël et Chapsal, et Rolland désignent la prononciation de la diphtongue oi par oa ou par oua; ne doit-on pas inférer de là que pour ne pas s’écarter des principes établis par ces grands maîtres on doit éviter de donner le son de Vè ouvert à cette diphtongue, et se garder de prononcer moè, toè, droè, je croè, j’emploè, etc. ?
Pour admettre cette conséquence comme rigoureusement vraie, il faudrait prouver que la prononciation de la diphtongue oi figurée par les savants estimables que l’on vient de citer, est conforme à celle de Paris. Or c’est ce que l’au-
teur du Manuel ne pourra jamais prouver: il en conviendra lui-même d’après les courtes observations que nous allons faire sur chacun de ces lexicographes, en commençant par l’abbé Férand.
Cet homme modeste n’est demeuré à Paris que passagèrement pendant son noviciat chez les Jésuites. Il fut envoyé de là à Besançon où il professa les éléments de la langue latine et la rhétorique pendant plusieurs années. Lorsque son ordre fut supprimé, il se retira dans le Comtat-Venaissin, d’où il obtint la permission de revenir dans sa patrie. Il se retira alors à Marseille, où il est mort en 1807.
Il a publié son Dictionnaire grammatical de la langue française à Avignon, et son Dictionnaire critique de la langue française, à Marseille. D’après toutes ces circonstances, il n’est pas surprenant que la prononciation du midi de la France se fasse sentir dans la plupart de ses observations grammaticales.
Je viens maintenant à l’abbé Gattel. Ce savant lexicographe est né à Lyon, où il a fait ses premières études. Il n’est demeuré à Paris qu autant de temps qu’il lui en a fallu pour y terminer ses études, y faire son grand séminaire et y donner des conférences de théologie pendant une année au Séminaire de Saint-Sulpice. Il a passé le reste de sa vie à Lyon et surtout à Grenoble, où il est mort en 1812. La piemière édition de son Nouveau Dictionnaire