‹ Une dispute grammaticale en 1842Chapitre 8 sur 17 · L’AUTEUR DU “MANUEL · texte numérisé non relu

L’AUTEUR DU “MANUEL

Défense de l’auteur du “ Manuel”

Aux remarques sur la prononciation de la diphtongue oi, publiées dans votre feuille de samedi dernier \ permettez que l’auteur du Manuel des difficultés de la langue française, oppose les observations suivantes:

L’auteur des Remarques prétend que Duvivier et Gattel diffèrent sur la prononciation de la diphtongue oi: que le premier suit celle de l’Académie, tandis que le second enseigne une prononciation usitée seulement dans le midi de la France. L’auteur du Manuel croit cette assertion erronée, et il en fournit la pieuve en mettant en regard les passages où ces auteurs traitent de cette prononciation.

1 Extrait des Remarques sur le Manuel des difficultés, etc.’, publiées le 23 avril dernier dans la Gazette française de Québec.

-DüVTVIER Gattel

donne à la diphtongue oi admet aussi trois différentes trois sons qu’il désigne articulations de la diphtoncomme suit: ouè ou è; oua gue oi, qu’il figure ainsi: oè, bref, et oua long, mais il oa et oua. Mais il prévient le ajoute que cette diphton- lecteur que les nuances de gue a d’autres sons qu’il ces sons sont si difficiles à est difficile de représenter saisir, qu’il a jugé qu’il par écrit. était plus convenable de

toujours désigner la prononciation de cette diphtongue par oa, en affectant l’a d’un accent circonflexe lorsque le son devait être plus fortement appuyé.

Il est donc évident que Duvivier et Gattel sont d accord pour le fond, et que tout au plus ils différeraient d’opinion sur quelques distinctions subtiles, qui n’affecteraient nullement la règle générale [sujette à quelques rares exceptions]. fournie par le Manuel.

Mais comme il est à craindre que la logique de ce 1 aisonnement ne soit pas sentie par tous nos grammairiens, l’auteur du Manuel l’abandonne, poui s attacher a un fait qui parlera plus haut que tous les arguments possibles, à un fait qui portera la conviction dans toutes les intelligences, et que voici :

u Messieurs Noël et Chapsal, est-il dit dans le Troisième Article”, figurent la diphtongue 01. . . comme on la prononce dans le midi de la lance, et non pas comme on la prononce à Pans.

S’il fallait admettre cette assertion, il s’ensuivrait un étrange phénomène dans les annales de la littérature; car il en résulterait, ni plus ni moins, que Noël et Chapsal auraient imposé à l’Université, et par conséquent à la France entière, la prononciation de la diphtongue oi, telle qu’usitée dans le midi de la France!!! Et la preuve? dira-t-on — La preuve est dans le fait que le dictionnaire de Noël et Chapsal a été mis au rang des livres classiques par l’Université; qu’il a été adopté par les Ecoles militaires, et qu’il a été autorisé par la Maison royale de Saint-Denis, l’un des plus beaux établissements d’éducation de la France. De plus la grammaire de Noël et Chapsal, qui est arrivée à sa 32e édition, a été mise également au rang des livres classiques, et adoptée pour les Ecoles militaires: enfin, M. Noël, l’un des auteurs, est depuis nombre d’années, Inspecteur général de l’Universite. Et Ion diia, en présence de ces vérités, que la prononciation de la diphtongue oi, telle que figurée dans le dictionnaire de Noël et Chapsal, n est pas en harmonie avec celle de 1 Université, qui est aussi celle de l’Académie!

L’auteur du Manuel a eu, pendant un séjour de six mois à Paris, l’avantage d’entendre les Berryer, les Mauguin, les Lafitte tonner du haut de la tribune à la Chambre des Députés: il a pu admirer le talent des plus célèbres prédicateurs de la grande Métropole, et souvent il

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