‹ Une drôle de maisonChapitre 5 sur 9 · EN REGARDANT CHRZ I.E VOISIN · texte numérisé non relu

EN REGARDANT CHRZ I.E VOISIN

Jolielte prétend que j'ai beaucoup de talent, que si je le voulais je pourrais gagner le double de ce qu'on me donne à l'atelier... Mais je n'ai pas d'ambition, moi... je ne veux pas changer de patron... le nôtre demeure près d'ici... Je ne veux pas changer de logement... Oh! jamais!... ma petite chambre me plaît tant maintenant!... Joliette se moque de moi, elle a deviné une partie do mon secret... Mon Dieu, est-ce ma faute, si je ressens pour ce jeune homme un sentiment que je n'avais jamais éprouvé?... Cela m'agite... cela me rend tout autre que je n étais, c'est vrai, et malgré cela je ne me répons pas de ne plus être indifférente comme autrefois... Ce sentiment que j'éprouve ne me rend pas malheureuse!... Autrefois je m'ennuyais souvent, à présent je ne m'ennuie jamais ! N'importe oij je suis j'ai une pensée, une image qui me suit partout ! Oh ! c'est bien gentil cela... je ne suis plus jamais seule... il est toujours avec moi... One serait-ce donc s'il m'aimait!... Ah! je n'ose pasm'arréter à cette idée... ctro aimée de celui qu'on chérit, ce doit être le paradis sur la terre... Et pourtant j'entends beaucoup de ces demoiselles parler de leur bon ami, avec qui elles passent tous leurs dimanches, et elles n'ont pas l'air d'avoir été dans le paradis.

« Probablement toutes les femmes n'aiment pas de la même manière ! .. . La preuve, c'est qu'à l'atelier ces demoiselles passent leur temps à se raconter leurs amours, et que mou plus grand bonheur, à moi, est de ne point parler do ce que j'éprouvo, et de garder

Page 1