LA RENAISSANCE
humanités divinisées. Toutes les splendeurs de Tunivors s'étalent, devant nos yeux, dans le vol foudroyant qui nous emporte de constellation en constellation. D'un regard enivré, nous embrassons le prodigieux tourbillon des mondes. Passant des jeunes soleils d'une blancheur éclatante aux vieux soleils d'un rouge plus ou moins assombri, nous voyons se dérouler la gamme multicolore de tous les joyaux de l'écrin flamboyant.
Et quelle variété inouïe dans ce panorama dontja beauté affole et transporte. Nous en avons déjà parlé ; mais se lasse-t-on de redire ces magnificences ?
Voici des mondes dont les jours s'éclairent d*un soleil rose, tandis qu'un autre soleil plus pûle et de teinte verte leur fait des nuits d'émeraude. En voici d'autres où resplendit le double éclat de deux soleils différents, rivalisant entre eux et mêlant dans le iflême ciel leurs lueurs fulgurantes, alors que les nuits de ces mondes fantastiques sont annoncées par un crépuscule d'or, puis terminées par une aurore bleue (i).
Combien d'autres encore où éclatent des tonalités lumineuses absolument invraisemblables, — spectres de prismes inconnus, irradiations inouïes de soleils dont les teintes, fondues ou luttant entre elles, remplissent les horizons des flammes de leurs incendies.
Et c'est là notre domaine ; là aussi notre champ de travail, c'est-à-dire l'école où se parachève notre éducation. Sous l'inspiration de nos conducteurs spirituels, nous apprenons à connaître tous les merveilleux rouages de l'organisation cosmique.
Que notre apprentissage soit long, qu'importe ? Les
(l) Le Père Secchi, les Étoiles.
siècles sont à nous et à travers ces siècles se poursuivra la progression. De cycle en cycle, nous monterons suivant la hiérarchie divine ; et quand, après d'autres existences en de nouvelles stations échelonnées, nous serons devenus dignes d*étre les collaborateurs des délégués d*en haut, dans Toeuvre auguste du gouvernement de Tunivers, lorsque nous arriverons à pouvoir contempler de près les Esprits glorifiés, rayons vivants du Dieu des dieux dont la splendeur souveraine fait pâlir les soleils... Eh bien ! alors, nous serons arrivés à cette cime lointaine qui du bas-fond des existences nous paraissait inaccessible, à cet idéal rêvé, pressenti, entrevu par instants — nous aurons enfin conquis notre immortalité.
La voilà, cette vie céleste que peut à peine concevoir notre entendement infirme, mais dont les Esprits désincarnés nous racontent les prodigieuses péripéties. La voilà telle que nous la démontrent la loi des analogies et l'enchaînement des concordances dans l'économie de ce plan divin que nous avons essayé d'indiquer, bien faiblement hélas ! incapables que nous sommes d'exprimer Tinexprimable.