‹ Une échappée sur l'infini, vivre - mourir - revivreChapitre 30 sur 44 · PIIÉNOMI^NES DE TÉLÉPATHIE · texte numérisé non relu

PIIÉNOMI^NES DE TÉLÉPATHIE

La Société pour les recherches psychiques de Londres s'est occupéeprincipalement, jusqu'à ce jour, d'un ordre de phénomènes qu'elle appelle les « hallucinations véridiques» et pour lesquels elle a créé un mot nouveau, tiré du grec, télépathie (sensation ou souffrance à distance).

En voici quelques exemples.

« Le 10 février 1874, écrit M. Oxon dans l'un de ses ouvrages (1), nous fumes attirés pat* un triple frappement tout particulier sur la table, et nous reçûmes com-

(1) Spirit iilcntity.

munîcation d'un récit circonstancié — avec les âges précis el les petits noms — de la mort de trois peliis êtres, enfants du même père à qui ils avaient été enlevés subitement. Nul de nous n'avait connaissance de ces noms qui étaient peu communs. Ces enfants étaient morts dans un pays éloigné, Tlnde, et quand le message nous fut envoyé, nous n'avions aucun moyen d'information qui pût nous permettre de vérifier les faits. Ils le furent cependant.

« Le 28 mars de la même année, je fis la connaissance de M. et M""^ Wats. Notre conversation roula principalement sur l'évidence des phénomènes psychiques et je racontai le fait plus haut mentionné. M'"® Wats fut très frappée de ce récit qui correspondait avec une triste histoire qu'elle avait entendu raconter chez une M""^ Leaf. Il s'agissait d'un gentleman résidant dans l'Inde qui, dans un court espace de temps, avait perdu sa femme et trois enfants. Renseignements pris par M*"^ Leaf, il se trouva que toutes les indications données par le message étaient d'une exactitude absolue. »

Un fait analogue s'est passé tout récemment à Paris, dans une séance d'expérimentation où se trouvait M. Jules Baissac qui nous fit le récit suivant que j'ai entendu de mes oreilles (c'est M. Eugène Nus qui parle) :

« Le 7 mai de cette année, 1890, on a eu l'idée, à la maison, de faire parler la lourde table de mon cabinet de travail. Nous nous sommes rangés autour de la table, ma femme, un de mes fils, un parent de la famille et deux dames de nos amies.

(( Après une application de nosmains ayant à peine duré cinq minutes, la table a d'abord frémi, puis fortement

craqué, et finalement s'est dressée à plusieurs reprises sur Tun de ses quatre pieds.

— Qui est là ? demanda mon fils, et voici la réponse obtenue :

Louis Constant, originaire de la Charente, près de Limoges, soldat mobilisé, mort à vingt-sept ans, dans un combat des premiers jours de décembre 1870.

« Or, comme j'ai au ministère de la Guerre mon bureau à côté des archives administratives, mes enfants m'ont demandé de rechercher les cartons des soldats morts en 1870.

*.( Je laissai passer huit jours, puis, sur les instances réitérées de ma famille, je priai l'employé chargé du service des archives de me montrer le carton du nommé Constant, décédé en 1870, et voici le texte même de l'acte que j'y ai lu de mes propres yeux : — Constant, Louis, né à Saint-Coutant, canton dé Champagne-Mouton (Charente), né le 3 août 1843, mobilisé en novembre 1870, tué le 8 décembre 1870 au combat do Josnes.

« Aucun de nous n'avait jamais entendu parler de ce Constant, ni ne se doutait qu'il eût jamais existé. »

Par quel procédé, poursuit Eugène Nus, et à quel propos, l'inconscience, l'hémi-conscience ou quelque état que ce soit de conscience obscure, logé dans les hémisphères cérébraux de M. Baissac et de ses convives, a-t-il apporté dans cette table l'extrait mortuaire de ce dauvre diable de mobilisé ? Quel groupe d'images a pu s'y condenser, pour former dans le cerveau de l'un des assistants cette personnalité réelle de Louis Constant, né dans la Charente ?

Il y a là, pour la moderne psychologie, matière à un

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supplément d'informations, en attendant que de nouvelles énigmes lui soient posées par ce fantasque phénomène qui semble se jouer de la science.

Un colonel, dans une réunion d'amis, voit tout à coup devant lui un cercueil ouvert dans lequel est couchée une de ses sœurs, pour lacjuelle il avait une affection profonde. Le colonel était alors dans une ville de Birmanie. Sa sœur était en Angleterre. Il ignorait qu'elle cul été malade. Il apprit quelque temps après qu'elle était morte, en elTet, au moment même où il l'avait vue couchée dans son cercueil.

Au cap Horn, un matelot monté dans les vergues pour carguer une voile voit tout à coup, au milieu de la rafale, sa fiancée vêtue d'une robe blanche flottante qui plane vers lui, poussée par le vent. A son retour en Angleterre, il ai)prend qu elle est morte au moment même où elle Un était apparue.

Un contremaître maçon travaillait assez loin de sa (l(Mneureetn'y revenait que chaque soir. Un jour, il sent un violent désir de rentrer. Il essaie de n'en pas tenir compte. Mais, de minute en minute, le désir devient plus véhément. Enfin, ne pouvant plus résister, il quitte son travail et court chez lui. Il frappe à la porte, une sœur de sa femme vient lui ouvrir et toute surprise s'écrie : Comment avez-vous su? — Su, quoi? — Ce qni est arrivé. — Mais je ne sais rien. — Alors pourquoi venezvous ? — Je ne puis le dire, une force me poussait ; mais qu'y a-t-il ?

Et on lui apprend que sa femme avait été renversée

CHOSfiS ETRANGES

par un cab, sérieusement blessée, il y avait pi heure, et que. depuis ce moment, elle n'avait ■ l'appeler auprès d'elle, par les cris tes plus déi

Un étudiant, un soir, se sent tout à coup esirt malade, flévreuï, tremblant, sans cause appa va clien: un ami qui s'exclame à sa vue, lui sert d apporte un trictr-ac pour le diilraire. Impos jouer. Le malaise dure plusieurs heures, puis calme revient. Il rentre che^ lui, se couche. L main i| était guéri. Dans l'après-midi, il reçoit u lui annonçant que, la veille, son fr^re jumeau t il l'heure où il lui avait semblé qu'il allait mo même.

« Des milliers de récils, venus de loutc racontent des choses analogues. Les détails s fèrent. Les uns n'ont enlendu que la voix du qui les appelait ; d'autres ont vu devant eux l'a parent leur annonçant sa mort. Tanliït ces Irép trépassants se présentent dans le costume qi talent lorsque vous les avez connus; tantôt il ralssent comme des fantômes enveloppés du suaire ; d'autres fois, on les voit sur leur lit fun dans une bière, à l'église, enlourée des appare mort.

<i Uu'est-ce à dire ? Si c'est le sujet qui s'impr lui-même par des inquiétudes éprouvées sur le s personne qui lui apparaît, l'hallucination est p subjective, tout en se trouvant véridique. Mais, f ture arrive, comme dans le cas du colonel ou du alors que vous n'avez aucun souci de l'ab

que vous ne songez même pas à lui, il est difficile de ne pas supposer que l'avertissement vient de la personne mourante dont la pensée franchit l'espace et- va frapper l'appareil sensitif de Tétre ou des êtres qui sont l'objet de ses préoccupations dernières.

« Quoi qu'il arrive de ces questions mytérieuses, des discussions qu'elles provoquent et des divergences d'opinions adverses, il en résultera toujours ceci : l'existence reconnue, constatée, de forces psychiques indépendantes de la matière et fournissant à la doctrine spiritualiste des éléments nouveaux dont on pourra discuter les conséquences, mais qu'il est désormais impossiblade remettre en question. »

LKS COMMUNICATIONS n*0UTRE-T0MBE

Certes il y en a de médiocres, d'insignifiantes, d'emphatiques ou parfois d'incompréhensibles, dans les recueils qu'en ont faits les auteurs spéciaux ; mais il y en a aussi de fort belles et particulièrement instructives ou curieuses.

D'où viennent ces différences ? La raison en est bien simple. Une faut pas oublier que, parmi les Esprits lumineux qui flottent sur la terre et nous entourent de leurs légions, il s'en trouve d'autres, vulgaires, grossiers ou pervers qui n'ont abdiqué ni leur incapacité, ni leur vanité, ni leurs dispositions malfaisantes, ni leur criminelle perversité. C'est par la vanité surtout que se font remarquer les plus légers, les plus incapables d'entre eux. L'une des ineptes plaisanteries qu'ils ne se lassent pas de répéter, c'est de signer de noms illustres Jeurs élucubrations les plus plates. Ces piètres loustics d* outre"

CHOSES ÉTTtAKGES 321

lombe Irouvent du meilleur goût de s'appeler S ''

saint Louis, Pascal ou Lamennais. De là ces éco quiproquos qui revoltenl ou scaudalisent les li nou prévenus.

« Le caraclère habituel des communications, nous dans une remar(|uable brochure du D' E dont il sera question plus loin, leurs qualités ( dérauts s'expliquent Tacilement.

' « Tout dans la nature se modifiant par trai insensibles, il ne saurait y avoir pour les êtres pi de transrormations considérables de leur situatioi la mort.

<( Les désincarnés ne sont certainement pas trè renis de ce qu'ils étaient de leur vivant, d'ap principes mêmes de la doctrine évoiutionniste.

H Cela est surtout vrai pour les esprits d'ordre i de beaucoup les plus nombreux.

<i Les Esprits arriérés, loin d"étre supérieurs dernière incarnatioti, subissent parla perte de leu matériels un obscurcissement psychique mon pouvant aller jusqu'à une demi-inconscience.

" Seuls les' Esprits élevés jouissent d'une con très étendue synthétisant la somme des progrès dans de nombreuses incarnations et sont après 1 au-dessus- de l'une quelconque des personnalité ont successivement constituées.

<' Seulement ces Esprits supérieurs sont éloig l'humanité terrestre dans laquelle la plupart ne dront pins et peuvent très difficilement ou pas c se mettre en rapport avec nous.

< Noua savons qn'un désincarné ne peut semai dans le champ matériel qu'en agissant «ler unorgi

vivant on par U7i organisme vivant. Dans le premier cas (suggestion sur le médium), la capacité psychique de l'Ksprit sera forcément limitée dans une proportion considérable par la capacité psychique du médium. Dans le deuxième cas, l'Esprit, subissant une véritable réincarnation relative, sera soumis aux conséquences fatales plus ou moins atténuées de la réincarnation normale : c'est-à-dire robscurcissement de la conscience. Le désincarné ne peut rentrer dans le champ matériel, soit pour une réincarnation, soit pour une communication momentanée avec nous, sans subir plus ou moins la loi formelle de l'oubli.

c Après cet examen de la situation des désincarnés, on comprend que les communications reçues ne. peuvent pas être différentes de ce qu'elles sont. Et quant à la fréquence des communications inférieures ou peu élevées, elle est.inévila])le.

« Concluons donc que toutes les objections faites si légèrement au spiritisme à propos du contenu intellectuel des communications, des obscurités, des banalités, des mensonges ou des contradictions qu'elles renferment — toutes ces ol)jections ne sont pas rationnelles.

« Il n'en est pas moins vrai, empressons-nous de l'ajouter, que l'on obtient parfois en revanche des communications très élevées révélant des connaissances et une intelligence supérieures à celles du médium ou des assistants. Elles peuvent alors nous donner des renseignements inattendus, des conseils précieux et même jusqu'à des prévisions de l'avenir. »

Commençons la série parcelle de JeanReynaud, l'éloquent précurseur, on le sait, du spiritualisme mor-

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derne (Communicalion spontanée faite à la Société spirile de Paris);

« Mes amis, que cette nouvelle vie est magnifique ! C'est une sorte de torrent lumineux qui entraîne, dans sa course immense, les ûmes ivres de l'infini. Après la rupture de mes liens charnels, devant mes yeux se sont étendues les splendides merveilles des hori/ons nouveaux qui m'entourent. .

(( Ma mort a été bénie. Mes biographes la jugent piH»maturée. Aveugles ! Ils regrettent quelques écrits, nés de la poussière, que j'aurais pupublier encore, et ils ne comprennent pas combien le bruit — petit bruit -^ qui se fait autour de ma tombe mi-close est utile pour la sainte cause du spiritisme. Mon œuvre élait finie ; j'avais atteint ce point culminant où l'homme a donné ce qu'il avait de meilleur et où il ne fait plus que recommencer. Ma mort a ravivé l'attention des lettrés et la ramène sur mon ouvrage capital qui touche à la grande question spirite qu'ils aiïecteut de méconnaître et qui bientôt les entraînera. »

Puis dans une autre communication :

« Qui vous dit que ma mort n'est pas un bienfait pour le spiritisme, pour son avenir, pour ses conséquences? Avez-vous remarqué la marche que suit le progrès, la route qu'a prise la foi spirite ? Dieu atout d'abord donné des preuves matérielles : danse des tables, coups frappés, phénomènes de louK^s sortes ; c'était pour appeler l'attention ; c'était une préface amusante. Il faut aux hommes des preuves palpables pour croire. Maintenant c'est autre chose. Après les phénomènes matériels Dieu parle à l'intelligence, au bon sens, à la raison. Ce ne sont plus des tours de force, mais des choses ration-

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nollcs qui vont maintenant convaincre et rallier même les incrédules les plus opiniâtres. Et ce n'est encore que le commencement. Prenez note de mes paroles : toute une série de faits intelligents, irréfutables, vont se succéder et le nombre des adeptes, déjà si grand, va s'augmenter encore. C'est aux intelligences d'élite, aux sommités de l'esprit, du talent et de la science, que Dieu va s'adresser. Cela va être comme un ravon lumineux, comme un irrésistible courant magnétique qui va s'élargir sur la terre et poussera les plus récalcitrants à la recherche de l'infini. »

Autre évocation à Bordeaux :

« Je me rends avec plaisir à votre appel. Oui, vous avez raison, le trouble spiriie n'a pour ainsi dire point existé pour moi (ceci répondait à la pensée du médium). Exilé volontaire sur votie tei»re, où j'avais reçu pour mission de jeter la première semence sérieuse des grandes vérités qui enveloppe le monde, j'ai toujours conservé le souvenir de la pairie et me suis vite reconnu au milieu de mes frères.

« Le médium. — Bien que beaucoup d'Esprits aient déjà raconté leurs premières sensations au réveil, voudriez- vous me dire ce que vous avez éprouvé en revenant à vous et comment s'est opérée la séparation de votre Esprit et de votre corps ?

« Jean UeijnamL — Comme pour tous. J'ai senti s'approcher le moment de la délivrance ; mais, plus heureux que tant d'autres, je n'en ai point éprouvé d'angoisses, parce que j'en connaissais les résultats, quoiqu'ils fussent encore plus saisissants que je ne le pensais. Le corps est une entrave pour les facultés spirituelles et, quelles que soient les lumières que l'on ait conservées,

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elles sont loujours plus ou moins éloutFécs par le conlact de la matière.

« Je me suis endormi, espérant un heureux réveil ; le sommeil a été court, Fadmiration immense ! Les splendeurs célestes déroulées à mes. regards brillaient de tout leur éclat incomparable. Ma vue émerveillée plongeait dans les immensités de ces mondes dont j'avais affirmé l'existence et l'habitabilité. C'était un mirage qui me révélait et me confirmait la vérité de mes croyances. L'homme a beau se croire sûr, quand il parle, il y a souvent au fond de son cœur des moments de doute, d'incertitude. Il se méfie, sinon de la vérité qu'il proclame, du moins parfois des moyens imparfaits qu'il emploie pour la démontrer. Convaincu de la vérité que je voulais faire admettre, j'ai eu souvent à combattre, contre moimême, contre le découragement de voir, de toucher, pour ainsi dire, la vérité, sans pouvoir la rendre palpable à ceux qui auraient tant besoin d'y croire pour marcher résolument dans leur voie. *

a Le médium, — De votre vivant, professiez-vous le spiritisme ?

« Jean Reynaud,^ — Entre professer et pratiquer, il y a une certaine différence. Je pratiquais, mais ne professais pas. Tout homme peut être spirite qui croit à son ame immortelle, à ses réexistences, à sa marche progressive incessante, aux épreuves terrestres, sortes d'ablutions nécessaires à la purification ; j'y croyais, j'étais donc spirite. J'avais compris l'erralicité, ce lien intermédiaire entre les incarnations successives, ce purgatoire où l'Esprit coupable se dépouille de ses vêtements souillés, oii l'Esprit en progrès tisse avec soin la robe qu'il va porter de nouveau et qu'il veut conserver pure. »

Nous allons citer une aulre communication de Jean Heynaud ; mais quelques explications préalables &ont nécessaires.

Dans une des séances de la Société spînte de Paris, où Ton avait discuté la question du « trouble » qui suit généralement la mort, un Esprit, Esprit pervers et endurci auquel personne n'avait fait allusion, se manifesta spontanément, par l'étrange communication suivante:

Disons tout d'abord que cet Esprit était celui de Lapomnieray, triste héros d'une cause célèbre et dont le procès a fait grand bruit il y a quelques années.

« Qwe parlez-vous de trouble ; pourquoi ces vaines paroles ? Vous êtes des rêveurs et des utopistes. Vous ij^norez absolument les choses dont vous prétendez vous occuper. Non, le trouble n'existe pas, sauf peut-être dans vos cervelles. Je suis aussi parfaitement mort que possible et je vois clair en moi, autour de moi, partout!...

« La mort est une terreur, un châtiment, un désir, suivant la faiblesse ou la force de ceux qui la craignent, la bravent ou l'implorent. Pour tous, elle est une amère dérision !

« La lumière m'éblouit et pénètre comme une flèche aiguë la subtilité de mon être (1)..^ On m'a châtié par les ténèbres de la prison et on a cru me châtier par les ténèbres du tombeau, ou par celles que rêvent les superstitions catholiques. Eh bien ! c'est vous qui subissez l'obscurité et moi, le dégradé social, je plane au-dessus

(l) Hots. caractérisliques. Il reconnaît par là que son corps est fluidique et pénétrable à cette lumière odieuse qui le perce comme une flèche aiguë.

CHOSES ÉTIt*;<CES

devons... Je veus rester »toi.' Fort par la peu dédaigne les avertissemenis qui résonnenl auto moi. Je vois ciftir... Qu'est-ce qu'un crime? Un a. crime existe partout. Quand il est exécuté pardesi d'hommes, on le glorifie ; dans le particulier, lionni. Absurdité !

t Je ne veux pas être plaint... Je ne demande Je me suffis et je saurai bien lutter contre cette oi tumière! >■

Jean Keynaud, évoqué ù ce sujet, a répondu communication suivante :

» La justice humaine ne fait pas acception de vidualité des êtres qu'elle châtie ; mesurant le cri crime lui-même, elle frappe indistinctement ceu l'ont commis et la même peine atteint les coupable distinction de sexe, d'éducation ou de personnalil

La justice divine procède autrement : les pun qu'elle ïnftige correspondent au degré d'avancemei êtres qui en sont frappés. L'égalité du crime ne c tue pas l'égalité des coupables. Deux hommes dit au même chef peuvent être sépares par la distauc épreuves qui plongent l'un dans l'opacité inlellec des premiers cercles initiateurs, tandis que l'autr les a dépassés, possède la lucidité qui aflranchit 11 du trouble. Ce ne sont plus alors les ténèbres qu tient, mais l'acuité de la lumière spirituelle ; elle i perce l'iQtelHgence terrestre et lui fait éprouver goisse d'une plaie mise à vif.

H Les êtres incarnés que poursuit la représen' maténelle de leurcrïme subissent le choc del'ëlecl physique ; ils souffrent par leurs sens ; ceux qui

déjà démalérialisés par TEsprit ressenleni une douleur "bien supérieure qui anéantit dans ses flots amers le souvenir des faits, pour ne laisser subsister que la vision persistante de leurs causes. »

Communication de M. Jobard, ancien directeur du musée de l'Industrie de Bruxelles, président honoraire de la Société spirite de Raris, savant original, esprit prime-sautier et rempli d'imagination.

On se proposait de l'évoquer le 8 novembre lorsqu'il prévint ce désir en donnant spontanément la communication suivante :

« Me voici, moi que vous alliez évoquer. Je veux d'abord von» raconter mes impressions au moment de la séparation de mon âme. J'ai senti un ébranlement inouï; je me suis rappelé tout à coup ma naissance, ma jeunesse, mon âge mûr ; ma vie entière s'est déroulée devant moi. J'étais libre, mon cadavre était là gisant, inerte. Ah ! quelle ivresse de dépouiller la pesanteur du corps l Quelle ivresse d'embrasser et de posséder l'espace î

« Ne croyez cependant pas que je sois devenu tout à coup un élu du Seigneur ; non, je suis parmi les Esprits qui, ayant un peu retenu, doivent encore beaucoup apprendre. Je n'ai pas tardé à me souvenir de vous, « mes frères d'exil », et je vous l'assure, toute ma sympathie, tous mes vœux vous ont enveloppés.

« J'ai vu la splendeur, mais je ne puis la décrire. Je me suis appliqué à discerner ce qui était vrai dans les communications, prêt à redresser toutes les assertions

erronées, prêt enfin à être le « chevalier de la véiilé » dans l'autre monde, comme je Tai toujours été dans le vôtre.

« Le médium, — Veuillez nous dire à quelle place vous êtes au milieu de nous et comment nous vous verrions si nous pouvions vous voir ?

« Jobard. — Je suis près du médium ; vous me verriez sous l'apparence du Jobard qui s'asseyait à voire table, car vos yeux mortels non dessillés ne peuvent voir les Esprits que sous leur apparence mortelle.

« Cette place, je l'occuperai souvent et à votre insu même, car mon Esprit habitera parmi vous.

« Le médium, — Les conditions dans lesquelles vous êtes au milieu de nous vous semblent-elles étranges ?

i< Jobard. — Non, car mon esprit désincarné jouit d'une netteté qui ne laisse dans Tombre aucune des questions qu'il envisage.

« Je me rappelle mes existences antérieures et je trouve que je suis amélioré. Je vois et je m'assimile ce que. je vois. Lors de mes précédentes incarnations, Esprit troublé, je ne m'apercevais que des lacunes terrestres. »

« Le médium, — Vous souvenez-vous de votre avantdernière existence, de celle qui a précédé M. Jobard ?

a Jobard. — Dansmon avant-dernière existence, j'étais un ouvrier mécanicien l'ongé par la misère et le désir de perfectionner mon travail. Or, «j'ai réalisé, étant Jobard, les rêves du pauvre ouvrier », et je loue Dieu dont la t)onté infinie a fait germer la plante dont il avait déposé la graine dans mon cerveau.

« Le médium, — Vous êtes-vous déjà communiqué ailleurs ?

330 UNE ÉCHAPPÉE SUR l'iNFIM

« Jobard. — liarement. Dans beaucoup d'endroits, u» Esprit à pris mon nom. Ma mort est si récente que j'appartiens encore à certaines influences terrestres. Lorsqu'un homme un peu connu quitte la terre, il est appelé de tous côtés ; mille Esprits s'empressent de revêtir son individualité, c'est ce qui est arrivé pour moi, en plusieurs circonstances.

« Le médium. — De votre vivant, vous partagiez l'opinion qui a été émise sur la formation de la terre par l'agglomération de quatre planètes qui auraient été soudées ensemble. Etes- vous toujours dans cette croyance ?

« Jobard. — Non ; c'était une erreur. Les nouvelles découvertes géologiques prouvent les convulsions de la terre et ses formations successives. La terre, comme les autres planètes, a eu sa vie propre, et Dieu n'a pas eu besoin de ce grand désordre et de cette agrégation de planètes.

u Le médium. — Vous pensiez aussi que les hommes peuvent demeurer en catalepsie pendant un temps illimité et que le genre humain a été apporté de cette façon sur la terre 1

u Jobard. — Illusion de mon imagination qui dépassait toujours le but. La catalepsie peut être longue, mais non indéterminée. Traditions, légendes grossies par rimagination orientale : J'ai beaucoup souffert en repassant les illusions dont j'ai nourri mon esprit. J'avais beaucoup appris, mais, je dois l'avouer^ mon intelligence, prompte à s'approprier ces vastes et diverses études, avait gardé de ma dernière incarnation l'amour du merveilleux et du compliqué, puisé dans les imaginations populaires.

u Je me suis encore peu occupe d<\s (]uestioris purement

CHOSES ÉTRA^'GES 331

intellecluelles dans le sens où vous le prenez. Comment le pourrais-je, ébloui, entraîné comme je le suis par le merveilleux spectacle qui m'entoure ? »

Après quelque temps de recueillement, M. Jobard à pris rang parmi les Esprits qui travaillent activement à la rénovation sociale, en attendant son prochain retour parmi les vivants pour y prendre une part plus directe.

Depuis celte époque, il a souvent donné à la Société de Paris, dont il lient à rester membre, des communications d'une incontestable supériorité, sans se départir jamais de Toriginalité ni des spirituelles boutades qui faisaient le fond de son caractère et le font reconnaître avant qu'il ait donné sa signature.

Nous pourrions multiplier ces citations curieuses, car c'est par milliers qu'elles ont été recueillies.

Et toutes, qu'elles aient été faites dans telle ou telle ville d'Europe, d'Asie ou d'Amérique, toutes nous répètent les mêmes témoignages concernant les sensations divines dont sont pénétrées les âmes que la désincarnation affranchit des répugnantes attaches de la matière.

C'est toujours le même cri de triomphe qu'elles poussent invariablement, à l'heure bénie où retombent les chaînes. — Écoutez-les, ces chants de délivrance :

M. Sanson, ancien membre de la Société spirite, mort en 1862 :

« Je suis Esprit ; ma patrie, c'est l'espace, et mon avenir, c'est le Dieu qui rayonne dans l'immensité. Plus

332 UNE ÉCHAPPÉE SLR l'iNFINI

de douleur ; la jeunesse^ la force et la vie dans ce monde merveilleux où tout est joie, gloire et grandeur I

u Lorsque j'ai pu revenir à moi, je suis demeuré tout ébloui. Je me suis vu entouré de nombreux amis, d'Esprits protecteurs qui m'entouraient et me souriaient. Guéri de toute misère, délivré de toute souffrance, ardent, infatigable, je m'élançai à travers les espaces où ce que je voyais n'a de nom dans aucune langue ! »

M. Samuel Philippe mort en 1862 :

« Bien qu'ayant cruellement souffert dans ma dernière maladie, je n'ai point eu d'agonie. Lamort est venue à moi comme un sommeil, sans lutte, sans secousse, sans douleur. Oh I si les hommes comprenaient ce qu'est la vie future, quelle force, quel courage celaleur donnerait!»

Le D' Demeure mort à Albi en 1865 :

<( Heureux ! Ah, certes ouï, je le suis ! Plus de vieillesse, plusd'infirmito ; mon lamentable corps n'était qu'un déguisement imposé. Je suis jeune et beau, beau de cette éternelle jeunesse des Esprits dont les rides ne plissent jamais le visage et dont les cheveux ne blanchissent jamais. Comme l'oiseau, je traverse l'espace ; je contemple, je bénis, j'aime et je m^incline, atome, devant la grandeur, la sagesse, la science de notre Créateur et devant les merveilles qui m'entourent. Oh ! qui jamais pourra dire les splendides beautés du monde des élus, raconter les cieux, les terres, les soleils, leur rôle dans l'harmonie universelle ? >

jy|me veuve Foulon, artiste peintre, morte en 1865 : « H n'y a que trois jours que je suis morte et je sens

CHOSES Ï'TRANGF.S

que je suis anJste. Mes uspiiaiious vers luit beauté dans l'art n'étaient que l'intuition de fac^ j'avais acquises dans d'autres existences et qui développées dans ma dernière vie terrestre. Mais j'ai à faire pour reproduire un chef-d'œuvre d grandes scènes de la région de ta lumière î ceaux, des pinceaux I et je prouverai au monde spirite est le couronnement de l'art païen, de 1' tien qui périclite et qu'au spiritisme seul est ré gloire de le faire revivre dans tout son éclat, s pi onde déshêi'ité.

1. J'ai souffert, mais mon Esprit a été plus foi souffrance du dégagement. Après le « suprême je suis tombée en syncope, n'ayant nulle consc mon état, dans une vague somnolence qui n'él sommeil du corps, ni le réveil de l'âme, puis, s ce loDg évanouissement, je me suis réveillée au i frères que je ne connaissais pas. Ils me pro( leurs soins, leurs caresses et me montraient d paceunpoÎDtlumineux qui ressemblait à une et taine. << C'est là que tu vas aller avec nous, me ils, (u n'appartiens plus à la terre. » Alors, je souvenue, je me suis appuyée sur eux, et, ei gracieux nous élançant vers les sphères incoi l'on est sûr de trouver le bonheur, nous si montés... et l'étoile grossissait toujours, i

Un médecinrusse :

<' Ce que vous appelé?: le dernier momi rien. Je n'ai ressenti qu'un craquement très co me suis trouvé débarrassé de ma misérable 4 J'ai eu le bonheur de voir une quantité d'amis

334 im: k(:hapiȎe sir l*i>fim

ma rencontre et me souhaiter la bienvenue. J'habite l'espace, mais que de degrés dans cette immensité 1 Que d'échelons à cette échelle de Jacob qui va de la terre au ciel, c'est-à dire de l'avilissement de votre incarnation terrestre, jusqu'à l'épuration complète de l'âme ! L*on n'arrive là où je suis qu'à la suite de nombreuses éj)reuves, c'est-à-dire d'incarnations nouvelles ; mais, sachez-le, c'est déjà une immensité de bonheur que de savoir que l'on peut s'élever infiniment. »

La conucsse Paula, jeune, J)clle, riche et d'illustre^ naissance, morte en IH^il :

« Oui, je suis heureuse, je le suis au delà de tout ce (|uon peut exprimer et pourtant je suis encore loin du dernier échelon. J'étais cependant parmi les heureux de la terre. Jeunesse, santé, fortune, hommages, j'avais tout ce qui constitue la félicité sur la terre ; mais qu'estce que ce bonheur auprès de celui que l'on goûte en ces nîgions célestes ? Que sont vos fêtes les plus splendidcs, auprès de ces assemblées d'Esprits resplendissant d'un éclat incomparable? Que sont vos palais dorés, auprès de ces éblouissantes demeures aériennes qui, dans les champs de l'espace, feraient pâlir les arcs-enciel ? Que sont vos promenades et vos voyages, auprès de ces sillages à travers l'immensité, plus rapides que l'éclair ? Que sont vos horizons bornés et nuageux, auprès de ces grandioses profondeurs où se meuvent les mondes sous la main directrice du Tout-Puissant? Que sont enfin vos plus admirables concerts, auprès de ces harmonies ineffables où vibrent toutes les fibres de l'ame, dans les fluides frissonnants de Téther?,.. Et que vos plus grandes joies sont insipides et tristes, compa-

CHOSES ÉTIIANGKS

rées aux sensations exquises d'un bonheur don effluves inondenltout l'èlre, sans mélange d'inquié d'appréhension, de soulTrance, parce qu'ici tout re l'amoup, la contiance, la sincérité.

Cl Et nulle passivité dans ce bonheur incessant, éteraellemeai varié. Point de concert perpétuel, de fêtes inutiles, point de béate et monotone conter tion. Non, c'est le mouvement, c'est L'activité, c'e vie !

« Chacun a sa mission à remplir, ses protégés à : ter, ses amis de la terre à visiter, des Ames soulTr à consoler, des rouages de la nature à diriger ; o non d'une rue à l'autre, mais d'un monde à un ai on se sépare pour se rejoindre, on se disperse poi retroBver à tel rendez-vous désigné, l'on se concerte s'assiste, l'on s'associe pour les œuvres difficiles, ' travail avance et la grande œuvre s'accomplit.

Cl Ce n'est point sans luttes ni sans douleurs qi suis arrivée au l'ang que j'occupe dans la vie spirilv Ma dernière station terrestre a «'■lé douce et heun mais pendant combien d'existences ai-je dû passer les plus dures épreuves que j'avais volontairement t

« Travailleurs, j'ai connu vos misères; comme j'ai eu faim, j'ai eu froid, j'ai pleuré, j'ai souflèrt... j'ai vaincu, parce que mon âme s'est fortifiée l'épreuve. »

Amoine Costeau, membre de la Société spiriti Paris, inhumé le 12 septembre 1863, au cimelière M martre, dans ta fosse commune. — C'est au cime même que fut faite l'évocation. C'est sur le bord d

336 UNE ÉCHAPPÉE SL'H l'iNFINI

fosse que le médium écrivit sous la mystérieuse

dictée...

Et ce fut une scène saisissante que d'entendre ce mort — non moins vivant que ses auditeurs — leur parler dans un silence où les cœurs cessaient presque de battre et où les assistants, tout pales, écoutaient en frissonnant cette suprême voix du sépulcre. Et par delà la tombe, cette voix disait : .

« Merci, mes amis ! La terre va recevoir mes restes ; mais, vous le savez, sous cette poussière, mon âme ne demeurera pas ensevelie ; elle va planer dans l'espace, puis s'élancer vers Dieu, car je vis de la vraie vie, de la vie étemelle.

« Mon convoi, convoi du pauvre, n'est pas accompagné par un public nombreux ; d'orgueilleuses manifestations ne seront pas faites sur ma tombe et cependant, amis, croyez-moi, la foule immense ne manque pas ici, car les bons Esprits nous entourent. Je n'ajoute plus qu'un mot: la mort c'est la vie î »

M"*® Anaïs Gourdon, morte en novembre 1860 :

« Je suis heureuse ; j'espère, j'attends, j'aime ; les cieux n'ont pas de terreur pour moi, j'attends avec confiance et amour que les ailes blanches me poussent, c'està-dire que j'entends devenir pur -Esprit et resplendir comme les messagers célestes qui m'éblouissent. Que ces chers êtres qui me pleurent ne m'attristent plus par la vue de leurs regrets, puisqu'ils savent que je ne suis pas perdue pour eux ; que ma pensée leur soit douce, légère et parfumée de leur souvenir. J'ai passé comme une fleur, et rien de triste ne doit subsister de mon rapide passage. »

CHOSES ÉTHAKGF.S

M. Van Durst, mort à Aovers en 1863, ù l'âg quatre-vingts ans :

« S'éveiller dans un nouveau monde ! Plus de i malériel, plus de vie terrestre, la vie immortelle t d'hommes charnels autour de moi, mais des fo légères, des Esprits qui glissent, tournent autou vous et que vous ms pouvez tous embrasser du re, car c'est dans t'intini qu'ils flottent I Avoir devun l'espace et pouvoir le franchir d'un coup d'aile., nouvelle, vie brillante, vie de jouissances ineffable:

El c'est ainsi, toujours et partout, que monte le ciel, ivre d'une allégresse débordante, l'éteme sanna de la délivrance I

Autre communication, originale s'il en fût, obi par une dame. Ces vers lui furent dictés, au momei parut la nouvelle intitulée Spirite de Théophile Gau - Au tour leste de ces sirophes élégantes, l'ot devinerait l'auteur, alors même qu'elles ne ser pas signées; mais elles le sont.

Me voici reveuu. Pourlant j'avais. Madame, Juré sur mes grands dieux de ne jamais rimer. C'est un irisie niéiier que de faire imprimer Les œuvres d'un auteur réduit à l'élal d'àme.

J'avais fui loin de vous, mais un Esprit chorman Bisque en parlant de noua d'exciter le sourire ! Je pense qu'il eu sait bien plus qu'il D'en veut di Et qu'il a quelque pan trouvé sou revenant.

338 im: iU:hai'i>j:k si « l'infkm

Un reveiiaiil ! vraiment €ola parail élrange. . Moi-nu*' me, j'en ai ri quand j'étais ici-bas. Mais lorsque j'afiiimais que je n'y croyais pas, J'aurais, comme un sauveur, accueilli mon bon ange.

Que je l'aurais aimé, lorsque, le front jauni. Appuyé sur ma main, la nuit, dans la fenêtre, Mon esprit, en pleurant, sondait le grand peut-être Kn parcourant au loin les cliamps de Tiniini!

Ami, qu'espérez-vous d'un siècle sans croyance? ^)iiaiKl vous aurez pressé voire fruit le plus beau, L'iioinine iréhiu liera toujours sur un tombeau, Si pour le soutenii il n'a plus d'espérance.

Mais ces vers, dira-t-on, ils ne sont pas de lui. Que m'imjM)rle, après loul, le blâme du vulgaire ? Lors(|ue j'élais vivant, il ne m'occupait guère, A plus forle raison, ou rirais-je aujourd'hui.

Alfred de Musset.

Nous ])oii prions cloie ici la série de ces conimunicalions étranges ; mais voicîi qu'un ouvrage sensationnel, s'il en lut, nous en fournit bien d'autres et non moins extraordinaires (1).

Nous ne pouvons résister au désir d'en citer quelquesunes choisies parmi les plus originales — en les résumant quel(|uefois.

Chose curieuse à remarquer, la plupart de ces messages d'outre-tombe sont signés par des grands prêtres de l'Inde antique. L'un d'eux se désigne Itii-mème sous le nom d'Oriental.

[l)La Surrie;Ec/tos de CAu-dvlà publiés par RuOna Noeggerath (Librairie des Sciences psychiques).

CHOSES i:trangks 339

Nos frères de l Au-delà.^ — « Après avoir quitté leur enveloppe corporelle, les extra-terriens, quelque élevés (ju'ils soient et même à cause de leur grandeur dame, sont affligés de la douleur de ceux qui les ont perdus. Ils ne peuvent se résoudre à quitter ces chers aimés qui les pleurent et, à ce moment, s'ils peuvent se communiquer, ils y consacrent toutes leurs forces. C'est avec une joie enthousiaste qu'ils vous prouvent qu'ils ne sont pas perdus pour vous, qu'ils pensent à vous et qu'au delà de la tombe on aime mieux que dans votre monde. Dans l'avenir, lorsqu'il y aura des médiums dans chaque famille, les disparus se révéleront immédiatement après Lîur mort terrestre et ils ne quitteront leurs aimés qu'après les avoir consolés eF fortifiés. »

(Un grand prêtre de l'Inde antique.)

C'est là-haut qu'il faut regarder, — « Lorsque vous mourez à la terre, pour renaître dans l'espace enchanté oii nous vivons, oh I ne regardez pas derrière vous ! Dans cet instant critique, on e.st^ parce qu'on est toujours. Votre sommeil périodique de chaque nuit est institué par la divine harmonie pour vous habituer a quitter ce qui n'est qu'une demeure passagère. A mesure que vos yeux corporels deviendront immobiles, sans regards et se refroidiront dans leurs orbites, les yeux de votre âme lèveront leurs paupières et vous reviendrez à la véritable lumière, vous serez libres, vous reprendrez toutes vos facultés, et c'est alors que vous serez (/oie6/t* ; ici, la statue glacée qui vous représente mort et vous, l'être vivant, «

(Liana, grand prêtre indien).

340 LNE ÉCHAPPÉE SUR l'iNFINI

Esprits attardés. — « Les désincarncs, qui après leur départ de ce' inonde ne savent pas se rendre compte de suite de leur situation exacte, se croient encore vivants ; ils demeurent dans leur famille, retournent à leurs anciennes occupations, jouissent de votre musique terrestre, s'ils sont artistes, reviennent dans vos fêtes, s'ils ont été mondains, et ne reconnaissent leur erreur que lorsque le jour revient .

« Ces êtres attardés, jusqu*à Theure de leur véritable réveil, n'ont d'autres satisfactions que celles que peut encore leur procurer la terre. Ils se retrouvent, de Tautre côté de la vie, dans un état relativement semblable à celui où ils se trouvaient avant leur désincarnation, à ce point qu'ils sont encore soumis à certains besoins matériels, tels que celui de la faim par exemple ; aussi entourent-ils vos tables dont ils hument les mets, ne pouvant en savourer que le parfum, n'ayant plus de corps assez dense pour s'en nourrir comme autrefois. C'est ainsi que la vie extra-terrestre n'est pour nombre de désincarnés que la pâle image de la vôtre. »

(L'Oriental.)

Déconvenue des dévots désincarnés, — « Les désincarnés qui pendant leur vie terrestre ne se sont nourris que de iictions dogmatiques, les désincarnés dévots en particulier sont fort à plaindre. Pour gagner une place dans la « béatitude éternelle », ils se sont traînés, leur vie durant, sur les dalles des temples, le front courbé, l'ame noyée dans leur sprières, et, une fois désincarnés, ils ne retrouvent ni le paradis espéré, ni l'enfer redouté, ni même le purgatoire. Pour être introduits dans « l'assemblée céleste » de leur rêve, ils appellent les saints

à leur secours, mais nul ne leutt répond. Au lieu de se sentir « pousser des ailes », ils rampent dans les bas-fonds terrestres. Ils courent affolés dans les habitations, dans les campagnes, y font parfois entendre de douloureux gémissements, parce qu'ils ne trouvent nulle part ce paradis qu'ils avaient cru pouvoir acheter à l'église.

« Ce» pauvres dévots désemparés sont en nombre incalculable. C'est parfois pendant des siècles qu'ils tournent désespérément dans le même cercle et ils ne sortent de leur aveuglement que lorsque, après de nombreuses désincarnations, ils comprennent enfin combien la Force- Amour qui fait vivre l'univers a été travestie, défigurée par leurs religions mensongères. »

(L'Oriental.)

Les bohèmes de V espace, — « H y a des êtres qui, aussitôt sortis de l'état qu'on pourrait appeler « chrysalidaire » et qu'amène toujours la mort, partent en véritables « nomades ». Ces bohèmes de l'espace vont et viennent au gré de leurs caprices. C'est tantôt aux profondeurs de la terre qu'ils descendent, tantôt aux abîmes océaniques qu'ils plongent. Ils y revoient les existences vécues. Et c'est ainsi pendant un nombre incalculable d'années ou de siècles, jusqu'à ce que l'amour enfin, l'éternelle et suprême loi de la vie, les arrache à leur curiosité insatiable et mette un terme aux péripéties de leur stérile voyage scientifique, car la science ne peut devenir sagesse que lorsqu'elle s'allie à l'amour.

« Les âmes sont des lyres, or les nomades qu'absorbe le spectacle des merveilles de l'univers n'ont eu le temps ni de compléter, ni d'accorder leur lyre, et pour qu'elle puisse se mêler au concert universel , il faut que ses cordes,

:]'rî UNE ÉCHAPPÉE Sfll L'i:»iFlM

autrement dii que les facultés acquisespar l'Esprit, soient « harmoniséos »> par l'amour. »

(L'Oriental.)

Le mnl. — <« Le mal tel que l'entendent vos déistes et qu'ils ont fini par incarner dans le diable est un enfantillapre et un non-sens.

« Le mal, c'est la souffrance de l'avancement, la difficulté qu't'prouve le vieil homme à se dépouiller de l'animalité, la rançon du progrès, le creuset oii s'eft'ectue 1 évoliiiiou. Le rachat d'une faute n'est pas imposé à l'àinc, c'est lùme elle-même qui spontanément l'eftectue par une expiation volontaire. »

{Un ancien grand prêtre de l'Inde.)

. I mes i^ivum^ fanes èpo\(ses, — « Tout se lie, tout s'enchaîne. Si une certaine sympathie vous attire les uns vers les autres, cette sympathie a ses origines dans le passe. Si tels amis sont pour vous plus que des parents et vous t(Mîioii^nent une atleclion qui vous remue le cœur, celle alleclion n'est pas née spontanément, elle a ses aiiaches dans vos vies antérieures. Les fluides s'attirent et vous rapprochent sans niéiiie que vous vous y prêtiez; le hasard n'a rien à voir là-dc^dans, car il n'y a pas de hasard... Uien d autre ici que des miracles d'amour que font les anies sceurs et les âmes épouses. »

Liherfc, (ujalilè, frnfornlté. — « Les principes d'égalité et de fraternité ont éK' supprimés par l'orgueil des lionimes. Vous n'avez jamais compris la signification des mots que vous- inscrivez au fronton de vos monuments, au nom d'une république quelconque.

CHOSES I^ITRASGES 34ï

• La vérîtableëgalité. la véritablefraternité, la véritable liberté n'émanent que des progrès réalisés par chaque âme.

« Oui, égalité par les réincarnations qui appauvrissent )es riches et humilient les orgueilleux.

• Oui, liberté par le progrès accompli en raison directe duquel progresse celte lilierté.

" Oui, fraternité par le perfectionnement des iinies en qui se manifestent l'amour et la justice, les plus hautes vertus que puisse atteindre la perfectibilité humaine. «

(L'Oriental.)

Les moissons célestes. — « Les mondes sont des champs que Dieu cultive pour en tirer la récolte des iïmes. Les mondes se forment, les mondes disparaissent j mais vous, êtres perfectibles qui empruntez aux feux des soleils voire quintessence vitale, vous demeure/, éternellement, sans cesse renouvelés, toujours plus aimants, toujours plus aimés. »

(llakya Mouni.)

Rajeunissement des mondes. — » Les planètes de votre système et votre soleil lui-m»*me s'éteindront successivement. Alors qu'ils .seront allés puiser une nouvelle vie dans les grands foyers d'où ils ont émergé autrefois, ils en sortiront refondus, perfectionnés et rien né prouve que ces mondes ainsi transformés ne redeviennent le séjour des êtres qui les auront vus mourir et qui reviendront y vivre, mais dans un état proportionnel à la transfiguration de ces mondes.

• Toutes les variétés se trouvent dans l'univers sidé-

H44 LNK ÉCHAPPÉK SUR l'iNFINI,

rai. Il y a des systèmes planétaires qu'éclairent des soleils de couleurs différentes, rouges, bleus, jaunes et combien d'autres. Que Ton imagine les colorations extraordinaires que donnent ces diverses vibrations lumineuses aux fleurs, aux animaux, aux hommes eux-mêmes, quels spectacles inimaginés surgissent du milieu de ces prodigieuses combinaisons !

« Et ce n'est pas seulement par ces colorations étranges que seront modifiés ces mondes, ils pourroal l'être encore par leur degré de matérialité. 11 y a des mondes presque fluidiques sur lesquels peuvent habiter* seuls, les Esprits les plus élevés. Mondes irrêvés don^ rien ne peut exprimer la splendeur inouïe. »

(L'Oriental.)

Infériorité de notre terre. — Votre planète terrestre est une des dernières nées, c'est ce qui explique son infériorité. La planète aînée de la vôtre (Mars) a une coloration rouge. C'est celle dans laquelle la vie a le plus d'analogie avec la vôtre; mais combien plus élevés que vous ne l'êtes sont les hommes qui l'habitent. La guerre leur est inconnue, et ce que vous appelez le c régime gouvernemental » y est véritablement basé sur les principes de la liberté, de l'égalité et de la fraternité qui pour vous ne sont que des mots. Là, tous les hommes travaillent en vue de la mutualité. Le mobile de leur activité n'est pas l'amour du gain, mais l'amour du prochain. Us connaissent véritablement la science^ tandis que l'emploi de ce mot chez vous n'a d'autre but que de cacher votre incapacité. Aussi appellent-ils votre globe qu'ils connaissent fort bien la terre des ignorants,

€ Ces hommes connaissent aussi la douleur, mais non

CHOSES ÉTItANGES 345

la douleur physique, ot les connaissances qu'ils ont acquises leur en allègent le fardeau.

« Quant à Jupiter, il est tout différent de votre terre. Ses habitants ont des corps semi-fluidiques que la maladie ne saurait atteindre. Développés par de nombreuses incarnations, ils cultivent les sciences, les arts, et se préoccupent fort peu de leur nourriture matérielle qui, toute prête à être consommée pousse, pour ainsi dire à leurs pieds. »

(Le Fakir.)

Téléphonie universelle. — « Le fluide universel ou lumière astrale établit entre les êtres une communication constante. Ce fluide est le véhicule de transmission de la pensée comme sur votre terre l'air est le véhicule du son. C'est une sorte de « téléphonie » universelle qui relie les mondes et permet aux habitants de l'espace de correspondre avec ces mondes. Le fluide de chacun de vous est une modification du fluide universel. »

(Swedenborg.)

« .Votre monde est vivant ; il crée de lui-même. L'esprit est une quintessence des fluides qui doit absorber

la matière. »

(Çakya Mouni.)

Philosophies stériles. — « De toutes les philosophies religieuses auxquelles les hommes se sont attachés quelle est celle qui ne s'est pas efifondrée ? Où est celle qui a affranchi l'humanité, qui a rendu l'homme vraiment libre et responsable devant sa conscience ? Elle n'existe tiulle part.

;ji() im: kchai>iȎk sur x'infim

.. Les philosopittii sont perplexes ; ils ont vécu de discussions stériles, car le principe de vie qui est dans l'homme leur a toujours échappé.

« Oii donc est la vérité ? Vous la verrez apparaître. Elle grandira par la science au milieu des dogmes écroulés. »)

(Socrate.)

« Aimez, mais n'adore/ pas. 11 n'est aucun dieu que vous deviez adorer. Aimer tout, c'est aimer Dieu qui est dans tous les règnes, qui remplit l'univers entier, qui est en vous-mêmes puisque vous êtes formés de son essence et c'est dans la nature et dans vous-mêmes que vous devez l'aimer. »

^ (Çakya Mouni.)

Orighic des cttltes, — « La pure croyance persista longtemps cIkv. les peuples ariens. Mais plus lard les ins|)irés, devenus prêtres, exploitèrent leurs inspirations. Le culte s'établit, et alors commença la suprématie de ceux qui, prétendant parler au nom de Dieu, s'arrogèrent le droit de se placer entre Lui et l'Hookme. Du premier pontife au dernier paria, des Hgnes de démarcation forent établies. Dieu fut subdivisé en plusieurs puissances. On fabriffua une trinilê et le Dieu anthropomorphe fut im{)osé à la foi des croyants. L'Ame universelle fut adorée par les hommes... sous la figure d'un homme !

« Ooyants de nos jours, n'étes-vous pas effirayés à la pensée que les anciens âges ne vaus ont légué que ta superstition des prêtres et que toute cette dogn^atique mensongère vous est venue par le judaïsme qui est d*ori-

gine assyrienne etégyplienneen même temps que par le christianisme lui-même, mais si tôt défiguré!

« SiTerreurvous est venue deTInde, c'est aussi l'tnde — celle des premiers jours de clarté — qui vient aujourd'hui vous révéler la science retrouvée, établissant entre Tlnde des temps védiques et les animistes des temps modernes une fraternité dont nous sommes heureux nous, les Esprits de l'espace.

« Oui, tout vous est venu de l'Inde et les prêtres bouddhistes en montrant leurs parchemins pourraient dire aux missionnaires chrétiens : Ce que vous venez prêcher ici y a été enseigné il y a trente mille années. Vous nous parlez du Christ, nous vous parlerons de Christna et nous pouvons vous déclarer de plus que l'incarnalion du Christ n'est autre chose que la réincarnation de Christna. C'est la même âme qui les anima tous deux. C'est la même philosophie et la même morale qui ont été professées par Christna et par Jésus.

w Pour aller à Dieu, pour marcher à la conquête de son amour et de sa science, il faut être libres, et celte liberté, c'est Dieu lui-même qui vous l'a donnée. Vous n'avez à compter qu'avec votre conscience, n'écouter que les inspirations de votre cœur. Vous n'avez qu'à aimer pour être bons, pour être justes, vous n'avez qu'à aimer pour vous déifier. >^

(L'Oriental.)

Les sacrifices. — « Pour se rendre agréables à leurs divinités, les hommes immolèrent tout d'abord des animaux, puis des enfaats, puis des vierges. Ces hommes^ barbares qui se nourrissaient de chair et de sang étant semblables aux bêtes féroces qu'ils combattaient se figu-

:U8 r.NE ÉCHAPPÉE SLR l'iNFINI

rèrent que des sacrifices sanglants pouvaient seuls plaire à la divinité mystérieuse et terrible qui ne se révélait que par les roulements de sa foudre.

« Époque de barbarie eflroyable qui pendant des siècles se prolongea, s*aggrava.

« Au Pérou, chez les Incas, au Yucalan, à Carthage, à Home, chez les druides, comme chez les sauvages, il y eut d'innombrables victimes sacriGées aux dieux sanguinaires. Les foules prosternées, féroces, abêties, regardaient couler le sang, sans qu'aucun sentiment de pitié ne se maniiestâtjamais.Lescris des victimes étaient étouffés par les chants sacrés, les flots de sang disparaissaient sous les monceaux de fleurs qu'on jetait sur l'autel.

<« Kt pourquoi toutes ces victimes ? Le sang qui coule, c'est la vie qui palpite, la sainte vie qu'on prodigue inutilement. S'accoutumer aux gémissements d'agonie, c'est étoufi'er toutes les protestations du cœur. L'enfant habitué à voir verser le sang de la hôte versera plus tard sans pitié le sang de ses semblables. Du sang de la victime, la buée maudite s'épaississ'ait autour des hommes, leur donnait le féroce appétit du crime.

« Le progrès, toutefois, est venu lentement. A la-place de la cruauté que provoquent et surexcitent les appétits immondes, ont fleuri la charité, l'indulgence, la pitié, la bonté. L'homme n'adore plus le serpent qui représentait à ses yeux les contorsions de l'éclair redouté. Il est devenu le dieu des éléments, et les forces indomptées de la nature obéissent à sa volonté.

u Plus de sang, plus de sang ! Plus d'homme aux plaies béantes cloué sur un gibet I...

« Il y a dix-neuf siècles que parut un homme en qui

se m aoi restaient des harmonies supérieures. Il pré pardoD des offenses, l'amour, l'art d'être bienfaisE les prêtres d'autrefois le massacrèrent, ei depui d'autres prêtres en ont fait une divinité, mais une itilé qu'on oITre toujours en holocauste sur les a qu'on immole incessamment à un Dieu inexorabi rien n'apaise ni ne désarme... Et cela chaque sans repos ni trêve et dans toutes les parties de la Toujours l'éternel sacrifice du juste — comme faute était inexpiable — du juste immolé à Dieu père et le père des hommes t . . . spectacle impie, écŒ et lamentable.

" Et toi, ô Jésus-Amour, lu pardonnes. Tu pardo sans te lasser jamais, aux barbares qui l'évoquent nellement dans l'horreur de Ion supplice, qui loii fouillent ton flanc de leur lance et te font de ta coui d'épines un diadème sanglant. >■

(L'Oriental

« L'a-t-on assez lâchement insulté, le Nazarée grand tribun, ce grand philosophe, ce grand hui taire, cet homme immense dont ta voix a retenti bout du monde à l'autre.

« El ce n'était point assez. Toujours on l'évoque sur le bois de son supplice. Il leur faut éterniser le lyre de la victime. Quel sentiment d'horreur cela in à ceux qui ont vu dans Jésus l'apôtre de la pitié, ■ charité, de la liberté.

« El pour comble d'ignominie, ils prétendent prélres barbares, boire son sang et manger sa cha comme les anthropophages mangent les hommes ils appellent cela l'adorer/

« Évoquez Jésus-Aoïour, le grand égalitaire, Jésus. Liberlé et Justice. Honorez-le, aimez-le — mais ne Vadf>-

rez pas !. . . » ( Robespierre . )

Fm messe. — « Dans la messe, je rois d'anciennes cérémonies païennes : évocations, passes magnétiques, libations, couleurs symboliques, victime expiatoire — praiicjues usitées en magie. »

(^Liana, ancien grand prêtre de l'Inde.)

Jésus homme. — « Pour ceux qui le méconnaissent, Jésus ressent de la pilié ; pour ceux qui le coroprenneat mieux, il (^sl amour ; pour les autres, il n'est nen. Pour ceux-là, il est frère ; pour ceux-ci, il voudrait l'être ; mais comme il n'est pas Dieu, si l'on prononce ce blasphème, il souIVre et s'éloigne de ceux qu'il voudrait garder sur son ('(eur; il s'éloigne, parce qu'il se sent méconnu et repoussé. »

(Çakya Mouni.)

CaUiolicisjne et animisme. — « L'Église se meurt, le catholicisme est mort ; il ne vil plus que parson écorce, l'arbre n'a plus de sève. A sa naissance, le christianisme éiait grand. C éiait la fraternité, l'amour humanitaire. Mais bientôt parut roligarchie catholique. Les inspirés disparurent. Les papes et les conciles instituèrent les dogmes et les sacrements. Ils firent argent de tout ; ils vendirent leurs bénédictions, firent payer aux époox k droit de s'unir, vendirent l'eau bénite aux cadavres et arrivèrent même à vendre par les indulgences les mérites du crucifié. Et les peuples abêtis leur obéissent depuis vingt siècles . C'est eflrayant !

u Lepeuple oublia ses médiums, autrefois si nombreux,

il oublia la manière d'obtenir les phénomènes et il alla dans les temples pour y voir des expériences. Les médiums, devenus prêtres, cachèrent jalousement leurs secrets. C'est ainsi que la vérité se voila, puis disparut. Les grandes intelligences de l'espace se détournèrent des prêtres, qui, voyant qu'ils n'obtenaient plus de communications réelles, en donnèrent de fausses... et le peuple allait toujours aux temples et crut aux phénomènes faux, parce que ses ancêtres en avaient vu de vrais.

« Maintenant, il n'en faut plus de ces religions mensongères. Répandez la vérité. Il faut que les hommes apprennent d'où ils viennent et où ils vont. La survie démontrée et prouvée transformera la société et quelle magnifique ère nouvelle s'ouvrira désormais. Chaque maison sera un temple, chaque famille appellera le concours de ses chers disparus.

« L'atmosphère saturée de fluides favorables permettra aux extra-terriens de se manifester de cent manières différentes. Alors toutes les nations, toutes les races ne formeront plus qu'un peuple. Les hommes se respecteront, s'aimeront entre eux. Ce sera l'âge d'or ; ce sera la récompense de cette humanité qui a tant lutté et qui devra lutter encore avant de disparaître de ce monde. »

(Paul-Louis Courier.)

Plus de mort, plus d'en fe7\ — « La mort, le jugement» le paradis, l'enfer, autant de mots vides de sens, mais autant d'abominables erreurs qui ont retenu le peuple dans l'ignorance .

« La mort — c'est la renaissance.

« Le jugement — c'est la réminiscence des existences passées que chacun de nous aura à juger lui-même.

352 INK ÉCHAPPÉE SLR L INFIiNf

« Le paradis — c'est le bonheur intime que procure le souvenir du bien que Ton a fait, c'est le séjour dans un milieu plus harmonique que notre terre, avec la certitude d*un. avenir meilleur.

f L'enfer — c'est le doute torturant, le découragement désespéré de tous ceux qui ont cru à un Dieu anthropomorphe, impitoyable, sanguinaire et vengeur.

€ Prêter à Dieu l'intention de faire brûler ses enfants pendant l'éternité pour des péchés imaginaires, inventés à plaisir, est une odieuse calomnie, un crime de lèse- Divinité. »

Réponds^ pape infaillible. — « Il y a plus de dixhuit siècles qu'apparut en Palestine le 'fils du charpentier. 11 avait reçu pour mission de réformer la loi rabbinique et d'enseigner aux hommes la fraternité, le pardon et l'amour.

« Les prêtres le clouèrent sur une croix. Puis d'autres prêtres leur succédèrent, qui depuis des siècles ont pour chef celui qui trône au Vatican.

« Descends de ce trône d'or, ô pape, et réponds à l'humanité qui t'interroge.

« Es-tu vraiment le successeur de saint Pierre ?

<£ Tu prêches l'humilité et tu es la personnification de l'orgueil.

« Tu prêches la pauvreté et tes caisses regorgent des trésors que tu extorques aux peuples.

« Qu'as-tu fait des âmes et des consciences humaines?

c Réponds, Infaillibilité !

f En emprisonnant, en torturant ceux qui affirmaient que la terre tourne, l'as-tu empêchée de tourner ?

CHOSES ÉTRAiNGES 353

« Ce n'est pas en couvrant tes acolytes de robes noires, couleur symbolique des dogmes sombres, que ta étoufferas la vérité. Le temps est passé, tu le sais, où tu m'aurais fait brûler en même temps que mon livre.

« Brûle celui-ci, si tu n'oses le lire. Mais je te défie bien d'éteindre la lumière qui jaillira de cette œuvre de vérité. »

(Vollaire.)

Canonisation de Jeanne d'Arc, — « Qu'êles-vous devenus, prêtres qui pour plaire à l'Anglais qui vous payait m'avez poursuivie de votre haine ?

« Église, qu'es-tu aujourd'hui? Ont-ils grandi, tes papes ?

« Que me veut-il ce pontife romain ; qu'ai-je besoin de sa bienveillance ? En quoi ai-je mérité l'encens que ses prêtres veulent brûler pour moi, moi, la sorcière, la relapse, la maudited'autrefois?—Jeanned'Arc,unesainte, Jeanne d'Arc appartenant à l'Église qui Ta persécutée, déshonorée, brûlée et qui, sur l'effroyable bûcher, n'a trouvé rien d'autre chose à faire que de lui mettre sur la tête le bonnet d'ignominie ! >

(Jeanne d'Arc.)

Invocation à Dieu, — « Vérité des vérités 1 Summum de la vie universelle I Être dont la personnification est amour et progrès, les battements de ton cœur sont les effluves qui font palpiter les mondes. Tu verses ton amour avec la lumière. Majesté des majestés, soleil dont les mondes sont enfantés et par qui les soleils enfantent la vie... que l'atome monte, perdu dans l'espace, et qu'il

354 t^E ÉCHAPPÉE SUR L INFIM

comprenne la grandeur, sachant qu'il est formé d'une étincelle Dieu.

« Père, je t'adore par mon amour. Je comprends que je ne suis rien, car je n'ai de force qu'en t'aimant. »

(Jésus.)

Nous terminerons la série de ces extraits par quelques communications d'un tour philosophique qui nous viennent d'une amie, d'une dame, médium délicatement réceptif, et pour Taulhenticité desquelles nous avons la double garantie d'une haute intelligence et d'une nature que caractérisent essentiellement le sérieux et la dignité.

La nature est la forme que prend le fluide universel pour donner aux âmes une habitation digne d'elles. Les merveilles de cette nature dans les différents mondes sont en raison de l'élévation de ses habitants. »

« L'immortalité de l'ame est son propre ouvrage par la volonté de Dieu. Le libre arbitre laissé à l'homme constitue la vraie grandeur de sa destinée; aussi c'est la bonne éducation de celte volonté libre qui fait accomplir le plus de progrès dans une existence. »

« Ne pleure/ pas, vous qui perdez la croyance aux traditions vieillies des dogmes officiels, ce n'était pas la vraie foi. Celle-ci se dégagera de ses cendres pure el rayonnante. Le Tout-Puissant a voulu pour toute chose une résurrection transcendante. »

« Le Dieu de vérité se révélera de plus en plus à

mesure que riiumaaitë sera pJus en élat de le comprendre . C'est pourquoi il ne peut y avoir de religion statlonnaire. »

a Les pensées se forment de diverses manières. D'abord par le travail personnel de l'esprit. Mais il en est d'autres qui nous viennent du dehors. Le cerveau, qui est un instrument enregistreur et réflecteur reçoit, des impressions fournies par une influence étrangère, ce sont les pensées suggérées. Une étude plus approfondie de l'êlre vivant et survivant vous fera discerner facilement les idées qui sont vôtres et celles qui viennent d'une autre intelligence, et c'est de l'association de vos idées personnelles à celles que vous suggèrent des êtres supérieurs que naissent des créations plus claires, plus fortes et de nature exceptionnelle. »

« Le matérialiste, au delà du passage sombre, se réveille dans un cauchemar qui le hante longtemps, parce qu'il ne distingue pas la réalité des fantasmagories de son rêve pénible.

« Le dégagement du spiritualiste est tout autre, s'étant eft'ectué déjà avant l'heure dernière. Son àme se réveille doucement dans les bras de ses bien-aimés qui remportent bien vite au-dessus de la lourde atmosphère terrestre et des cauchemars angoissants. »

« Lorsque nous vous montrons un point de vue trop élevé pour vous, dites-vous qu'il faut pour l'atteindre des siècles et encore des siècles ; mais dites-vous aussi que, pour marcher vers l'idéal dont on a une vague no-

356 UNE ÉCHAPPÉE SUR l'iNFIISI

tion et qu on cherche à comprendre, il a également fallu des siècles et des siècles encore. »

Nous avons raconté jusqu'ici bien des choses étranges ; en voici d*autres encore qui tout au moins égalent, si elles ne les dépassent pas, celles qui viennent d'être énumérées.

Nous avons déjà parlé de corps pesants qui, sans nulle intervention de force apparente, s'élèvent et se soutiennent dans l'espace.

Nous avons fait de rapides allusions à d'autres phénomènes découverts ou retrouvés parle colonel de Hochas.

Les uns et les autres sont dus à cette mystérieuse force qui^ sous des noms jdivers : éthérique, neurique, électrique ou psychique, constitue Tun des problèmes les plus insolubles, en apparence, dont notre génération cherche la solution insaisissable et décevante.

Citons quelques exemples de ces phénomènes étranges qui, malgré leurs diversités complexes, peuvent être classés sous les dénominations générales de phénomènes de lévitation et de phénomènes d'extériorisation de la sensibilité.

Phénomènes de lévitation (1).

Le D' Cyriax, de Berlin, raconte dans une brochure publiée, il y a quelques années, sous le titre : Comment je suis devenu spiritua liste, une aventure qui lui arriva à Baltimore où il habitait en 1853.

(1) Tiré du mot latin levitas, légèreté.

« Une centaine de personnes se trouvaient un soir réunies dans le vaste atelier du peintre Lanning, pour entendre un discours de M"° French (en état de transe médianimique) lorsqu'elle fut tout à coup enlevée de Testrade où elle se trouvait et portée vers le fond de la salle dont elle fit complètement le tour en planant à une hauteur de deux pieds environ du plancher.

<i La vue de ce phénomène constaté par mes yeux, comme il Tétait au même moment par une centaine de personnes, me donna le frisson. Je voyais devant moi, dans la plénitude de ma connaissance, une femme qui, sans remuer un membre, les bras croisés et les yeux fermés, planait au-dessus du plancher, puis qui revenant de la même manière, du fond de la salle jusque sur Teslrade, poursuivait son discours, comme s'il ne se fût rien passé d'extraordinaire.

« Quelle était donc la force qui avait été mise en jeu ? Existait-il une force naturelle, aveugle, qui pût réajiser un pareil résultat? Cette hypothèse étant inadmissible, je fus contraint de conclure que les lois de la pesanteur avaient été momentanément supprimées et qu'il fallait admettre l'intervention d'une volonté intelligente émanant d'une personnaUlé étrangère.

Les lévitations de Home.

Ces lévitations ont été constatées par un très grand nombre de témoins, et notamment par M. W. Crookesqui donne à leur sujet les détails suivants dans ses Bêcher^ ches sur le spiritualisme.

f Les cas d'enlèvements les plus frappants dont j'ai été témoin ont eu lieu avec M. Home. En trois circons-

3o8 UNE ÉCHAPPÉE SUR L INFIM

tances différentes, je l'ai vu s'élever complètement audessus du plancher de la chambre. La première fois, il était assis sur une chaise longue, la seconde il était à genoux sur la chaise et la troisième il était debout.

<(11 y a au moins cent cas bien constatés de l'enlèvement de M. Home qui se sont produits en présence de beaucoup de personnes différentes, et j'ai entendu de la bouche même de trois témoins, le comte de Dunraven, lord Lindsay et le capitaine Wyune, le récit des faits de ce genre les plus frappants et les plus circonstanciés .

u Rejeter l'évidence de ces manifestations, poursuit M. W. Crook(îs, équivaut à rejeter tout témoignage humain quel qu'il soit, car iln'estpasdefait dans l'histoire sacrée ou dans l'histoire profane qui s'appuie sur des preuves plus imposantes. L'accumulation des lémoij'iKii'es (|ui établissent les enlèvements de M. Home est énorme. »

Kn voici quelques autres :

M Home fut enlevé (le sa chaise et je lui pris les pieds tandis qu'il flottait au-dessus de nos têtes. »

: Lettre du comte Tolstoï à sa femme. 17 juin 186G.)

u Puis 31. Home amionce qu'il se sent lui-même soulevé. Son corps prend la position horizontale et il est transporté, les bras croisés sur la poitrine, jusqu'au milieu de la salle. Après y être resté quatre à cinq minutes, il est ramené à sa place, transporté delà même manière. »

(Procès- verbal rédigé par le D' Karpovîtch d'une séance tenue à Saint-Pétersbourg, chez la baronne Taoubi en présence de témoins.)

(1 Le même soir, Home sT'tant mis au piano commença

CHOSES ÉTPANGES 359

à jouer ; coiDme il nous avait engagés à nous approcher, j'allai me placer auprès de lui. J'avais une de mes mains sur sa chaise et l'autre sur le piano ; pendant qu'il jouait, sa chaise et le piano s'élevèrent à une hauteur de trois pouces^ puis se remirent en place. »

(Attestation de lord Lindsay.)

Autre récit détaillé d'une fantastique lévitation qui eut lieu à Londres, le ifi décembre 1868, rédigé par lord Lindsay pour la Société dialectique :

« Home, qui était en transe depuis un certain temps, après s'êlre promené dans la chambre, se dirigea vers la salle voisine. A ce moment, une communication vint m'etfraver.

« J'entends une voix murmurer à mon oreille: — Il va sortir par une fenêtre et rentrer par l'autre.

« Tout ahuri à la pensée d'une expérience aussi dan* gitîreuse, je fis part à mes amis de ce que je venais d'entendre, et ce fut avec une profonde anxiété que nous attendîmes son retour.

« Nous entendons alors la fenêtre de l'autre chambre se soulever et presque immédiatement nous voyons Home flotter en Vair^ en dehors de notre fenêtre. La lune donnait en plein dans la chambre, et comme je tournais le dos à la lumière, l'appui, de la fenêtre faisait ombre contre le mur qui me faisait feceet je vis les pieds de Home qui vinrent se projeter au-dessus. Après être resté dans cette position quelques secondes, il souleva la fenêtre, glissa dans la chambre, les pieds en avant, et vînt s'asseoir.

« Lord Adare passa alors dans Tautre pièce et, remar-

quant que la fenêtre par laquelle il était sorti ne présentait qu'une ouverture de dix-huit pouces environ, il exprima sa surprise de ce que Home eût pu passer par cette ouverture.

« Le médium toujours en transe répondit simplement: « Je vais vous montrer. » Tournant alors le dos à la fenêtre, il se pencha en arrière et fut projeté dehors la t(^te la première, le corps entièrement rigide... puis rentra et revint à sa place. »

Home, interrogé sur ces phénomènes prodigieux, attribuait les lévitations et la plupart des autres phénomènes qu'il produisait, à 1 intervention d'êtres intelligents et Invisibles qui s'emparaient de sa force nerveuse pour se manifester.

Telle était également Topinion du D' Hawksley :

« Après un sérieux examen, j'en suis venu à conclure que ces manifestations sont provoquées par un esprit intelligent qui s'empare du fluide du médium et peut le quitter momentanément, pour opérer à distance certains actes : jouer par exemple d'un instrument, soulever et projeter des corps matériels, lire dans la pensée ou répondre avec intelligence par des. coups frappés {raps, en anglais) aux questions qui lui sont posées.

« Les cas de possessions signalés par les Écritures nous autorisent à penser que les phénomènes actuels sont de tous points identiques à ceux qui avaient lieu aux temps de la primitive Église. »

Des cas de lévitations analogues furent observés e^ divers lieux et par l'intervention de médiums différents , tels que M. Stainton Moses, clergyman, professeur à

rUûiversité de Cambridge, le sculpteur C, médium cité par Donald Mac-Nab dans le Lotus rouge, dirigé par M . Gaboriau, le médium observé par M . B . , ancien élève xle rÉcole polytechnique, et combien d'autres encore.

'Vous nous bornerons ici à citer quelques cas de lévitations extraordinaires arrivés à la célèbre Ëusapia Paladino, médium de puissance hors ligne.

Eusapia est une femme de Naples âgée aujourd'hui d'une quarantaine d'années et dont les facultés médianimiques ont été étudiées par de nombreux savants à Naples, à Rome, à Milan, à Varsovie, à Cambridge et en France.

Lévitation à Naples en 1889. — Séance racontée par M. le chevalier Chiaia.

« Au bout de peu d'instants pendant lesquels on n'entendait que le grincement habituel des dents du médium qui était en léthargie, Ëusapia, au lieu de causer comme toujours en mauvais patois napoUtain, commença à parler en pur italien, en priant les personnes présentes de lui tenir les mains et les pieds. Puis, sans entendre le moindre frottement, sans remarquer la plus légère ondulation de la table autour de laquelle nous étions assis, MM. Otéro etTassi s'aperçurent d'une ascension inattendue, car ils se sentirent soulever tout doucement les bras et, ne voulant pas quitter les mains du médium, ils durent l'accompagner dans son ascension. Ce cas remarquable de lévitation est d'autant plus digne d'attention qu'il avait eu lieu sous la plus rigoureuse surveillance et avec une telle légèreté qu'on semblait soulever une plume.

.*]o2 UNE ÉCHAPPÉE SIR l'iNFLX!

€ Bien qu'élourdii. par un failsi extraordinaire, Tua de nous demanda à John (personnalité invisible dont Ëusapia se prétend possédée dans ses accès de transe) s*il lui serait possible de soulever le -médium de dessus la table les pieds joints de manière à nous permettre de constater encore mieux le soulèvement. John accéda de suitB à ce désir et Ëusapia fut soulevée de 10 à 15 centimètres, si bien que chacun de nous put librement passer la main sous les pieds de la « magicienne » suspendue en Pair ! «f Quand elle voulut descendre delà table, ce qu'elle fit sans notre aide avec une adresse non moins merveilleuse que celle qu'elle avait mise à monter, nous la trouvâmes étendue la tête et une petite partie du dos appuyées sur le rebord de la table, le reste du corps horizontal, raide comme une barre et sans aucim autre appui à sa partie inférieure.

« Du reste, j'ai eu l'occasion d'être témoin d'une chose plus extraordinaire encore. Un soir, je vis le médium V'tendu rigide, dans l'état le plus complet de catalepsie, se tenir dans la position horizontale, n'ayant que la tête îippuyée sur le rebord de la table, pendant cinq minutes, oi cela () la lumière du gaz, en présence de nombreux

professeurs, écrivains et autres personnages. >

Enlèvement du médium sur la table.

« Le soir du "2^ septembre, le médium, ayant ses deux mains tenues par MM. Richet et tombroso, se plaignit de mains qui le saisissaient sous le bras, puis, en état de transe, dit d'une voix toute changée (qui lui est ordinaire danscet état) : « Maintenant j'apporte mon médium sur là ■ table, » et au bout de deux ou trois secondes, en effet, la

chaise avec le médium qui y était assis fut soulevée et

déposée sur la table. Le médium annonça ensuite sa descente, ce qui fut fait avec sûreté et précision . Pendant sa descente, MM. Riche t et Finzi sentirent à plusieurs reprises une main qui les touchait légèrement sur la tête. »

Nous pourrions citer encore d'autres cas analogues de lévitations observées, surveillées et déterminées avec la même précision

Les unes furent effectuées à Varsovie, en 1893 et 189i, les autres à Agnélas, près de Voiron (Isère), en l89o, d'autres encore à Rome en 1893, où, avec l'intervention du médium Alberto Fontana, trois personnes furent soulevées d'un seul coup et portées sur une table... En tous pays, en toutes circonstances, ces faits se reproduisirent dans les mêmes conditions de prodigieuse étrangeté(i). N'insistons pas davantage.

(i) Tous ces faits de lévitatioa humaine, loules oes manifesUilions d'un phénomène incompiu^hensible sont racontés et décrils avec un luxe de documentation qu'on ne peut désirer plus complète, dans une brochure de M. Albert de Kochas ayant pour titre : Recueil de documents relatifs à la lémtation humaine ; Paris, 1897. . Dans ce curieux opuscule, Tauteur a groupé d'innombrables témoignages tirés de l'histoire des saiuts, comme de l'histoire profane.

Sans préjuger de l'authenticité des faits anciens, ui de la valeur des sources où ils ont été puisés, nous nous sommes bornés aux citations qui précèdent, parce que toutes ont pour garantie des attestatioDS de savants contemporains dont nul, à coup sur, ne saurait contester ni l'irrécusable compétence, ni la parfaite honorabilité.

364 rXK ÉCHAPPÉE SLR L INFINI

Passons niaiotenant aux phénomènes d'exlériorisaiîon de la sensibilité. Étrangelés plus prodigieuses encore.

Exiériorisation de la sensibilité, mieux encore transport de la sensibilité que Ton fait objective et dont on anime un corps inerte — phénomène inouï que M. le colonel de Kochasa découvert... ou retrouvé.

Oui, retrouvé, car on le connaissait aux âges ou la jeune humanité pressentait tant de choses. - - Disons plutôt qu'elle s'en souvenait. Au xv«» et au xvi* siècle, Florentins et Florentines, les Médicis en tête — qui nous l'ont apporté en France — en pratiquaient courammentles maléfices, dans leur patrie superstitieuse, terre aux passions surchauffées et aux haines mortelles au service desquelles étaient mises toutes les armes : poignard, stylet, poisons, incantations diaboliques, tout le fiel corrosif que peut distiller le cœur de l'homme contre l'homme son ennemi, tous les fluides malfaisants, mystérieux et perfides qui frappent de loin, tuent dans l'ombre et ne laissent jamais de traces.

Ahî qu'elle est donc féroce la sanguinaire bête humaine et quel héritage redoutable nous ont transmis nos ancêtres de l'âge tertiaire I

Eh bien ! oui, ces «envoûtements» étaient une réalité monstrueuse. Réussissaient-ils toujours? Qu'importe? Ils voulaient faire le mal et ce mal était chose possible. Connaissant déjà — bien mieux que nous — toutes les propriétés redoutables de notre organisme invisible, les magiciens, les nécromanciens savaient qu'on peut transporter au dehors notre force psychique, répandre au loin notre fluide éthérique, disperser notre

sensibilité, extérioriser notre souffrance. Et c'est ainsi qu'opéraient les magnétiseurs d'autrefois.

ils modelaient grossièrement une figurine de cire à rimage de la victime, Timprégnaient, ranimaient de son fluide, puis d'une aiguille rougie au feu perçaient le cœur de la figurine, dans Tespoir et le désir meurtriers de percer l'autre cœur palpitant, de tarir à distance la source de la vie que Ton avait fait ruisseler au dehors.

Tuaient-ils ? Je ne sais ; mais, à coup sur^ ils pouvaient faire souffrir, rendre la victime malade, quand elle était particulièrement sensible et que les maléfices avaient été perpétrés avec une habileté suffisante... et la preuve, c'est qu'on peut le faire encore et qu'on le fait dans les séances d'expérimentations (1).

Voilà les faits; ces faits étranges dont nous avions promis la série. Nous croyons devoir la clore ici, car il faut se borner et nous pourrions en remplir des volumes (2).

Double vue, renaissances de l'âme, miracles du fakirisme oriental, suggestions de toute nature, communications d'outre-tombe, apparitions, hypnose, médium-

(1) M. Jules Bois^ne nous racontait-il pas, dans l'une de ses dernières conférences (sur renvoûtement et les suggestions), que Miïe Uni, le médium très sensible qui lui prête son concours dans ses expériences, s'est évanouie, l'autre jour, par suite de l'imprudence d'un spectateur qui, dans un brusque mouvement, avait brisé la lige d'une' rose que l'on avait sensibilisée, en la chargeant du fluide de la jeune femme ?

(2) Voir, pour en trouver d'autres exemples, les ouvrages d'Allan Kardec, d'Eugène Nus, de Gabriel Delanne, de Léon Denis, de L. d'Ervieu, de Paul Gibier, etc., etc.

36() l >K i:CHA!»l*KE SIR L INFIM

niUîS diverses, lévilalions, exiëriorisalions de la sensibilité, transmissions de pensées, prodigieuses et troublantes télépathies qui, d'un bout du monde à l'autre, relient les ftmes, font palpiter les cœurs, traversent l'espace et remplissent l'univers de leurs sillages, en si prodigieuse quantité, que, dans les comptes rendus de la Société des recherches psychiques de Londres publiés tous les six mois). Ton peut relever, à rb(»ure qu'il est, plus de dix-sept mille six cent cin- (juante-trois expériences de transmission de pensée !... {)\iv prouvent les manifestations de tous ces phénomènes, où so donu(Mit carrière toutes les forces psychiques, sinon que Vrs^trit nous déborde, nous submerge, que Taniniisme dirige désormais révolution de notre humanité moilorneetque c'est « un monde nouveau qui s'ouvre |)()iir nous ». suivant l'expression de M. Charles Hiirhel.

Depuis un denii-5?iè(*le, lentement, mais srirement, la science s'achemine de découverte en découverte vers la connaissance de la vie lluidique, de la vie invisible, que nous révèlent les niétiiums. En d'autres termes, c'est Psyché, notre Belle au bois dormant qui, depuis des siècles, sommeillait dans le château que lui avait élevé sur la montagne solitaire notre inconscience des vérités supérieures, c'est elle qui s'éveille ù la vie, aux premières lueurs de celte seconde aurore signalée dès le début de ce livre.

Le flot des forces psychiques nous soulève et nous (Mitraîne. Les horizons s'illuminent et reculent. Le cou- ^ ercle sous lequel nous étouffions ci*aque, se morcelle et nous ouvre des échappées au travers desquelles notre regard éperdu plonge en des profondeurs qui nous donnent le vertii^e.

Laissons-nous emporter par ce courant irrésistible. Regardons, étudions, ayons confiance ! Les faits sont là pressants, impériaux, dans leur inéluctable autorité. Or, les faits se rient des académies sceptiques. Niés, bafoués, aujourd'hui, par les arbitres diplômés du jour, ils reparaîtront demain, narquois et invincibles.

Tant pis pour les obstinés qui ont fermé les yeux, se sont bouché les oreilles. Ils seront renversés et roulés par le flot des croyants, aveuglés par le rayonnement de la vérité qui tôt ou tard triomphe... et c'est alors, mais trop tard, qu'ils se repentiront de n'avoir voulu rien comprendre et de ne pas s'être inclinés devant les nobles et fières paroles que l'illustre William Thompson prononçait dans son discours d'inauguration de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, dans sa session d'Edimbourg : « La science est tenue, par « l'éternelle loi de l'honneur, de regarder en face et sans « crainte tout problème qui résolument se présente « devant elle. »

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